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Bugatti Veyron : la meilleure voiture du monde ?

Lorsque le groupe Volkswagen a racheté la célèbre marque de Molsheim en 1998, l’ambition du groupe allemand était de redonner toute sa grandeur à Bugatti. Evidemment, le but était également d’en faire une vitrine technologique. Mais avant toute chose, il fallait concevoir une voiture à la hauteur de l’ambition, aussi bien par le dessin, les performances que les technologies embarquées. Nous revenons aujourd’hui sur l’emblème d’une époque. Bugatti Veyron, la meilleure voiture du monde ?

Veyron

Renaissance de Bugatti, sous quelle forme ?

Rien n’est trop beau, rien n’est trop cher, telle fut la devise d’Ettore Bugatti. Lorsqu’il créa ses premières voitures au début du siècle dernier (en 1900, donc vraiment le début), ce fut avant tout de petites voiturettes pour le compte du baron De Dietrich. Passionné par la course, Bugatti développa un modèle parmi les plus emblématiques et les plus couronnés de succès : la Type 35. Par-dessus ces véhicules très spartiates, la marque de Molsheim s’affaire à fabriquer des limousines de luxe toutes plus belles et ostentatoires les unes que les autres. Le paroxysme de ces limousines de luxe est la Bugatti Royale (Type 41). Produite à 6 exemplaires seulement, elles étaient à l’époque surpuissantes et ultra luxueuses, avaient des dimensions et des caractéristiques hors normes, et surtout, elles coûtaient cher. Très cher. Trop cher même.

Ainsi, lorsque le groupe Volkswagen rachète la marque en 1998, comment rendre hommage à ce patrimoine est la principale question ? La direction est vite trouvée avec les premiers concept car, dès 1999. C’est ainsi que nait le concept Chiron, présenté au salon de Francfort. Il s’agit d’une sportive dessinée en collaboration avec le studio ItalDesign. Equipée par un moteur W18 de 6.3 litres, le concept car bleu profite de 555 ch et d’une boite de vitesse à double embrayage à 7 rapports.

Bugatti Veyron, la folie des grandeurs

Suite au concept car Chiron, le groupe Volkswagen présentera son propre concept 2 mois plus tard seulement, au salon de Tokyo 1999 : la Bugatti 18/3 Veyron. Le nom de Veyron intervient pour la première fois, sans que l’on sache à l’époque que ce serait le nom final de la voiture. Le concept car embarque une nouvelle fois le W18 de 555 ch mais le cache sous une dessin plus proche de la Veyron que nous connaissons aujourd’hui. La carrosserie bicolore, typique des automobiles Bugatti des années 30, fait son retour.

Sans en modifier trop le dessin, un nouveau concept car arrive en 2001 : la 16.4 Veyron. Si le nom et le dessin ne change guère, le moteur lui, se transforme. Exit le glouton W18, place au très glouton W16. Issu de l’accouplement de deux V8, ce bloc développe 1001 ch grâce à 4 turbocompresseurs. Mais le plus incroyable de ce concept car est la promesse de Volkswagen de produire la voiture d’ici deux ans, en 2003 donc.

Bugatti Veyron 16.4

En 2003, rien ne se passe. Il faudra en effet attendre 2005 pour voir la Veyron commercialisée. Avec des chiffres à en faire pâlir un mathématicien, la Bugatti en impose, et l’ensemble donne le tournis. Imaginez : moteur W16 de 8.0 litres, 1001 ch, 1250 Nm de couple, 2 200 kg, 4 turbos, 4 roues motrices, 407 km/h, un 0 à 100 en 2,5 secondes, et surtout… 1 000 000 € hors taxes ! L’ensemble de la voiture est composé d’aluminium, de titane et de fibre de carbone. Le groupe motopropulseur seul pèse plus de 500 kg !

Bugatti Veyron, emblème internationale

A l’époque, une Ferrari Enzo ne coûte « que » 675 000 euros, pour 660 ch. Une Porsche Carrera GT ne dépasse pas les 500 000 € pour 612 ch. Là où les supercars de l’époque parlent de 330 à 340 km/h en vitesse maximale, la Bugatti parle de 400 km/h. Sa version la plus ultime atteindra d’ailleurs 431 km/h ! La Veyron a tout simplement assommé tout le monde avec ses performances et ses exploits. Elle était la voiture de tous les superlatifs.

La Veyron est connue de tout le monde. Beaucoup n’en ont jamais vu, certains ne savent même pas à quoi elle ressemble mais pour autant, si vous demandez la voiture la plus rapide du monde, la plus chère, ou tout autre question liée à la Veyron, la réponse sera connue. C’est une voiture qui a marqué les esprits. La barre psychologique des 1000 ch et des 400 km/h y est probablement pour beaucoup. Le fait que la marque perdait plusieurs millions à la vente de chaque modèle est également un fait qui attirera l’attention. Le groupe Volkswagen s’est d’ailleurs servi de la Veyron comme vitrine technologique et en a profité pour promouvoir ses boites de vitesses DKG à double embrayage, notamment montées sur les Golf puis sur l’ensemble des véhicules de la marque.

Cependant, le plus marquant, pour tout amateur d’automobiles, fut de voir à quel point la Veyron était la référence ! Une véritable cible à abattre pour tous les constructeurs et tous les préparateurs! La Bugatti a banalisé les voitures de plus de 1000 ch, elle a rendu accessible la barre des 400 km/h , ella a rendu la puissance accessible à tous (en terme d’usage, pas de prix) et elle est probablement toujours dans le benchmark de plusieurs constructeurs… Une véritable icône, défiant toute concurrence, et s’affirmant comme la meilleure voiture du monde, tout simplement.

15 ans plus tard, qu’en est-il ?

15 ans plus tard, la Veyron est-elle toujours une légende ? Est-elle toujours une référence et une cible à abattre ? Certains vous diront que oui, d’autres que non. Toujours est-il que personne, isolé du monde automobile, ne saurait vous citer celles qui l’ont détrônée, ni celles qu’elle a détrônées. Elle jouit toujours d’une aura indémodable, en attente d’une descendante aussi aboutie, dont le saut technologique sera tellement immense qu’elle marquera les esprits pour une vingtaine d’années au moins, tout comme elle.

450 exemplaires ont vu le jour au total, après plus de 10 ans de production. Quatre versions principales ont existé : la Veyron 16.4 (coupé), la 16.4 Grand Sport (cabriolet), la SuperSport de 1200 ch (Coupé) et la Vitesse (SuperSport cabriolet). Si beaucoup ont été utilisées quotidiennement à leur production, aujourd’hui, les Veyron ont pour la plupart été enfermées dans des garages ou des musées, à attendre de meilleurs jours. Les coûts d’entretiens ont eu raison des plus téméraires des utilisateurs et très peu s’en servent encore fréquemment.  Par exemple, un changement des quatre pneumatiques se chiffre au-dessus des 30 000 €, et il faut changer les jantes toutes les quatre changements de pneumatiques mais ce même changement intervient tous les 4 000 km…

Véritable légende automobile, la Veyron a redonné à Bugatti l’image qui lui revenait. Rien n’est trop beau, rien n’est trop cher pour la Veyron. Iconique et indémodable, la GT de Molsheim a fait rêver, et continue de faire rêver. 20 ans après le premier prototype, le dessin semble toujours d’actualité (aux feux près). Il y a aujourd’hui plus rapide, plus utilisable, plus écologique, plus bruyant, plus tout, mais aucune des autos ayant suivi ne semble capable d’être un meilleur compromis. Il y a bien la Chiron, mais elle rappelle immédiatement la Veyron… Qu’il est difficile de succéder à une légende. Nous vous proposerons très prochainement un essai routier de la Bugatti Veyron, pour le plus grand bonheur de notre essayeur !

Bugatti Veyron

Texte : Antoine
Photos : Bugatti