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Essai Fiat 500X Sport : en attendant une version Abarth ?


La Fiat 500X, vous connaissez : lancée à 2014 et restylée l’an dernier, elle s’est déjà écoulée à plus de 500.000 exemplaires. Proche cousine du Jeep Renegade, c’est une des rares autos de la catégorie à proposer des motorisations allant jusqu’à 170ch et surtout 4 roues motrices. Habituée du TOP10 des ventes en Europe, elle s’est vite faite remarquer par son style agréable rappelant évidement la 500 originelle, en tout cas bien plus qu’une 500L ! Nous vous emmenons aujourd’hui pour l’essai de ce 500X car oui, c’est encore un SUV à l’essai, mais quand Fiat nous a invité pour essayer une version Sport, nous n’avons pas hésité, sachant comment la marque est capable de nous surprendre.

Ciao Bella!

La 500X Sport, c’est un peu la 500 des familles en survêtement. Le style n’est pas transfiguré, mais la présentation se fait un peu plus sportive, avec de nouveaux pare-chocs aux entrée d’air et arrêtes plus marquées, des arches de roues et bas de caisse couleur carrosserie, une double sortie d’échappement chromée et évidement des badges SPORT sur les ailes avant. Quelques éléments Gris Titane soulignent le tout, comme les poignées de portes, les rétroviseurs, la poignée de coffre ou encore les entourages d’antibrouillard. Tout est élégant et assez réussi (même si ce point reste forcément subjectif). Deux nouvelles teintes font leur apparition : le Moda Grey, un gris anthracite mat et le Rosso Seduzione de notre véhicule d’essai qui est un rouge opaque lumineux et fait bien ressortir les éléments Titane. 

A l’intérieur, les modifications sont plus rares : une sellerie spécifique avec surpiqures rouges, un volant et une casquette de compteur en Alcantara (en option…), un bandeau de planche de bord de couleur Titane et…c’est tout.

Coté technique, c’est intéressant. Le moteur est le nouveau 4 cylindres 1.3 FireFly Turbo d’une puissance de 150ch (et 270 Nm de couple) associé à la boite double embrayage DCT à 6 rapports. Fiat nous promet un vrai travail du châssis et annonce 8% de grip en plus. Les sous-virage et survirages sont réduits de respectivement 26% et 17% alors que la direction annoncée beaucoup plus précise. Et quand on connaît les versions classiques, très… Fiat (saines mais sans grand dynamisme, très sur-assistées mais peu précises), ça ne peut qu’être bénéfique !

Les 4 amortisseurs reçoivent la technologie FSD (Frequency Selective Damping – amortissement à fréquence sélective) déjà vue sur les 500 Abarth. Une valve mécanique régule le flux d’huile à l’intérieur de l’amortisseur et pilote un circuit d’huile parallèle à celui d’origine, permettant de combiner les avantages d’une suspension pilotée sans embarquer d’électronique. Pour avoir essayé les deux configurations sur des 500 Abarth, il faut reconnaître que le résultat était surprenant, dans le bon sens du terme. Reste à voir si la technologie est toute aussi efficace sur une 500X plus lourde et plus familiale. Le tout est accompagné de pneumatiques haute performance : des Dunlop Sport Maxx en 225/40 R19 (oui, du 19 pouces sur un SUV du segment B !). On comprend mieux les chiffres annoncés…

Les jantes 19 pouces optionnelles

Sport, vraiment ?

Les premiers tours de roues se font dans la ville de Florence, lieu de départ des essais. On apprécie la douceur du moteur malgré un léger manque de progressivité. Les passages de la boite sont imperceptibles, la position de conduite est agréable, les sièges confortables et les suspensions absorbent bien les ralentisseurs.

Rapidement, nous arrivons sur une route de col et on hausse le rythme… ou en tout cas, on essaye. Le moteur semble complètement absent sous 2500 tr/min, même en appuyant fort sur l’accélérateur. La boite de vitesses met du temps avant de rétrograder et d’enclencher le bon rapport. Une fois au dessus de 2500 tr/min, par contre, le moteur envoie sa puissance sans s’essouffler jusqu’à plus de 5000 tours. L’exercice recommence à chaque virage serré, nous obligeant à passer en mode manuel. Les palettes (optionnelles) sont d’une grande aide mais restent malheureusement solidaires du volant (on aurait préféré des palettes fixes) et nous obligent à respecter la plage des 2500 tr – 5000 tr/min indispensables pour garder la pêche du moteur, faute de quoi vous vous retrouvez littéralement stoppés dans notre élan. A ce rythme par contre l’échappement donne une note rauque sympathique et les routes bosselées nous montrent un châssis réellement efficace et sympa à mener. Un véritable monde d’écart par rapport à une 500X classique ! La direction est précise et assez informative (même si on n’est pas encore au niveau d’une Giulia), la voiture absorbe les bosses sans broncher et garde le cap… Vraiment plaisant ! L’arrière est assez mobile et permet même de s’amuser, avant que le correcteur de trajectoire ne vous rappelle à l’ordre gentiment. La gestion de la boite de vitesses est d’autant plus frustrante que même en manuel, il y a un temps de réponse entre la pression de la palette et le passage effectif. Le passage en lui-même est par contre efficace même à rythme soutenu. Le freinage est bon, avec une attaque franche et aucun signe d’essoufflement malgré notre conduite pas franchement douce ! 

L’impression sur les sièges se confirme aussi en conduite sportive avec un maintien latéral correct tout en donnant un bon confort. L’essai touchant à sa fin, nous baissons le rythme pour profiter de la voiture en usage quotidien et nous constatons à quel point le volant possède de touches. Nous nous demandons également l’éclairage intérieur (plafonnier, boite à gant, coffre…) est à base d’ampoules classiques quand l’extérieur (phares, antibrouillard, feux de jour…) sont à LED. Ce n’est pas indispensable mais ça donnerait un coté moderne bienvenu ! Notre exemplaire était équipé d’une sono Beats peu qualitative, qui malgré des réglages, semble manquer de finesse et de basses. Les aides à la conduite sont plutôt efficaces, avec un avertisseur d’angles morts, une lecture des panneaux de signalisation ou un régulateur actif (mais seulement au dessus de 30 km/h). Nous ne parlerons pas de notre consommation moyenne, élevée sur cet essai et très peu représentative d’une conduite normale vu le rythme et le relief des routes empruntées. Cependant, on peut tabler sur une moyenne aux alentours de 8L/100 km, ce qui serait vraiment bien pour un SUV essence en boite automatique. En bonne familiale, le coffre et le rang 2 seront suffisants pour un usage quotidien et le temps d’un weekend en famille.

Dommage ?

En synthèse, nous sommes ressortis un peu déçus. D’un côté la recette s’est clairement améliorée sur certains points (châssis, trains roulants, directions, présentation…) mais de l’autre, l’association moteur/boite n’est pas au niveau. S’il vous plait messieurs dames les ingénieurs de FIAT, fignolez quelques réglages et vous tiendrez là un très bon mini SUV sportif ! A noter que cette version Sport est également disponible avec les autres moteurs mais sans les modifications du châssis. Pour répondre au titre de l’essai, nos interlocuteurs chez Fiat nous ont certifié que non, il n’y aurait malheureusement pas une vraie version Abarth. C’est vraiment dommage, parce qu’avec ce châssis, une version plus suggestive et démonstrative aurait clairement sa place tout en animant la marque Abarth !

Texte et photos : Romain