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Essai Alpine A110 Pure : coup de cœur

L’Alpine A110 est le résultat d’un long, très long processus de développement, et il est inutile de vous dire à quel point nous étions pressés de pouvoir l’essayer. Si le concept car DeZir de 2010 laissait flâner l’idée d’un possible retour de la berlinette, le concept Renault Alpine A110-50 a clairement annoncé la chose en 2012. Il faudra encore attendre 5 ans et quelques concepts supplémentaires avant de voir débarquer les premiers exemplaires. Alors ainsi, nous prenons enfin, 18 mois après sa sortie, son volant. Alpine A110 : le retour de la fille prodige !

Essai Alpine A110

Alpine A110 : l’emblème française

Elle ne le cachera pas, l’Alpine A110 de 2018 reprend tout ou presque de son aïeul en ce qui concerne le style extérieur. Dans un style néo-rétro somme toute agréable, sa frêle carrosserie reprend l’ensemble des petits détails permettant de la reconnaître au premier coup d’œil. Les quatre phares ronds à l’avant ? présents ! La nervure sur le capot ? Présente également. Les flancs sculptés ? Ils sont aussi présents. Les décochements sur les ailes arrières ? Ils n’ont pas été oubliés. Les feux arrière allongés, le lettrage Alpine, le volume général, la lunette arrière, le profil… Tout est là ! Même si j’habite dans les Yvelines et que je croise des berlinettes quotidiennement, il est très perturbant de voir à quelle point la voiture attire les regards. Elle plait, elle hypnotise, au point de devoir se méfier des écarts potentiels des autres usagers une fois leurs yeux rivés sur la voiture. L’A110 de 62 a vraiment marqué son histoire et la nouvelle rappelle à tous son ancêtre. Tous ceux que j’ai croisé l’aiment, se renseignent, prennent des photos, demandent si les sensations sont là, etc. Evidemment, nous reviendrons sur les sensations un peu plus bas. Niveau look, c’est carton plein, et une belle réussite donc !

L’intérieur est assez dépouillé, bien que tout le nécessaire d’une voiture moderne soit là. En effet, on retrouve des commandes vitres électriques, un écran multimédia, une climatisation, des compteurs entièrement numériques, et il ne manque à première vue pas grand-chose aux standards actuels.  Il est cependant dommage que certains éléments sortant directement de la gamme Renault soient si visibles bien qu’en même temps, ce n’est pas non plus criant et cela permet d’avoir la berlinette que l’on a sous les yeux.

Essai Alpine A110

La console centrale est plutôt esthétique mais transpire la fragilité (elle bouge d’ailleurs de gauche à droite de manière assez prononcée). Les décorations en carbone sont relativement discrètes et classes à la fois, c’est plutôt harmonieux. Enfin, les deux baquets (en un bloc) de notre version Pure sont du plus bel effet, et étonnamment très confortables. Les petits logos tricolores sont bien visibles un peu partout dans l’habitacle et affirment les origines françaises ! Notons également la présence de deux petits coffres : le coffre avant nécessitera une bagagerie adaptée alors que celui de derrière nécessitera lui d’exclure les produits frais, se situant juste au-dessus de l’échappement.

Bon, elle a tout de même quelques défauts assez notables. La boite à gants tout d’abord car si une fausse découpe dans la planche laisse suggérer la présence d’une boite à gants, il n’en est rien. Elle se situe en fait entre les deux sièges et se présente sous forme d’une sacoche suspendue peu (si ce n’est PAS) accessible. L’écran central ensuite fait également défaut. Il sort du Suzuki Jimny et est aussi peu réactif et de faible définition. L’esprit dépouillé est agréable mais l’ensemble du cockpit manque de qualité perçue, donnant une impression de fragilité.

Prendre le volant de la berlinette

Première différence avec une voiture classique actuelle, la berlinette est basse. Très basse même. Une fois assis dedans, on se sent tout petit. Pourtant, à bord, la voiture semble immense, très large. Si les baquets ne sont pas réglables, ils sont, pour mon gabarit, parfaits au cran le plus bas. En effet, les Alpine A110 Pure sont livrées avec 3 niveaux de cales permettant de régler le siège à son niveau, et ensuite seul le réglage longitudinal sera permis.

Essai Alpine A110

En pressant le bouton de démarrage, le moteur émet une sonorité bruyante mais pas forcément agréable. On démarre, en mode normal, et on oublie très vite le moteur grâce à la boite de vitesse EDC qui fait un travail remarquable. Elle est discrète, rapide, et on se retrouve fort vite en 5eme à 40 km/h. Sur route départementale et autoroute, à régime stabilisé, le bruit du moteur se fait plus présent de nouveau et devient désagréable, alternant entre bourdonnement général et sifflement du turbo. Pour ce qui est d’une conduite que nous qualifierons de civilisée, cette voiture peut être donnée à tout le monde, à condition de prendre en compte le gabarit. En effet, la visibilité dans les coins, à l’avant, est assez mauvaise.

Passage en mode sport, et la voiture change de caractère. La direction se fait plus consistante et plus précise, la voiture réagit mieux, et l’échappement sonne également mieux, de façon plus remplie. L’Alpine A110 file de virages en virages sans broncher, sur ses trajectoires. Un trou sur la chaussée à éviter, et la voiture virevolte sans sourciller. La voiture pourrait encore paraître trop prévenante en sortie de certains virages ou ronds-points, coupant l’accélération au moment où la voiture semble commencer à glisser. Cela nous a amené à tout déconnecter pour “voir ce qu’il se passait”, et à passer en mode Race via un appui long sur le bouton sport du volant.

Rien. C’est ce qu’il reste des garde-fous électroniques quand on passe en mode Race. Pourtant, c’est le mode le plus agréable de la voiture. L’Alpine semble vivre, libre sur ces petites routes de campagne. Le rythme monte naturellement. En approchant de la zone rouge, la berlinette s’exprime plus que jamais ! Toutes les imperfections de la route sont retransmises à merveille et les baquets permettent de sentir ce que fait la voiture à chaque moment. Sur nos routes grasses de novembre, les sorties d’épingles et de virages se font souvent avec les roues braquées dans le sens contraire à la courbe. La voiture part à la demande, et se rattrape comme un karting. C’est impressionnant tant par la simplicité et le naturel du geste, que par le plaisir qui en résulte. On freine, on braque, et gaz à fond. Cela semble si facile que l’on se prend vite à être en spéciale de rallye, comme en 73…

Alpine A110 : coup de coeur !

Essai Alpine A110

« De toutes les voitures que j’ai essayées, c’est, de loin, celle avec laquelle j’ai pris le plus de plaisir ». Ce sont les mots que j’ai écrits directement dans mes notes en rendant la voiture. Quelques semaines plus tard, je ne peux que confirmer ces propos et vous faire part de ma recherche d’Alpine comme voiture pour tous les jours. Vous aurez peut-être remarqué que cet article sur l’Alpine ne comporte aucun chiffre, aucune donnée technique. Elle n’est pas la plus puissante, la plus légère ou la plus rapide mais l’ensemble est tellement bien fait qu’il se passe aisément de chiffres. Véritable icône, elle mêle histoire et modernité, simplicité et précision, au point d’en faire un classique de demain, assurément…

Retrouvez ci-dessous l’ensemble de nos photos réalisées pendant l’essai :

Texte et photos : Antoine