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Toyota GR Supra : le retour ?

Quelle ne fut pas notre surprise, en 2014, lorsque Toyota a annoncé le retour de la sulfureuse Supra. Quelle ne fut pas non plus notre surprise lorsque l’on apprit que Toyota annonçait un partenariat avec BMW, pour le développement conjoint Z4/Supra. Pour autant, il nous tardait d’essayer ce petit coupé. En effet, la recette est prometteuse grâce à un 6 cylindres, un coupé au poids contenu et deux roues arrière motrices. Nous nous sommes donc dévoués pour prendre en main ce nouveau coupé, tant sur circuit que sur les routes enneigées du mois de novembre. Toyota Supra : le retour !

Essai Toyota GR Supra

Un style bien affirmé

Je ne vais pas vous le cacher, lorsque j’ai récupéré la voiture d’essai, mes premiers mots à la vue de la ligne ont été “étrange cette auto”. En effet, la face avant est basse, avec ce long capot et le toit semble être posé dessus, sans cohérence. Pourtant, en prenant le temps de regarder plus en détail, je me suis retrouvé à vraiment apprécier la ligne. C’est quoi qu’il arrive un avis qu’il faudra vous faire. De grandes prises d’air habillent la face avant, amenant des lignes agressives.

Vue de l’arrière, la Supra est, à mes yeux, beaucoup plus harmonieuse. Les ailes sont galbées, le becquet ne fait pas dans la demie mesure et l’ensemble est plutôt cohérent. Les deux sorties d’échappement sont mises en avant autour du diffuseur, qui comporte d’ailleurs l’antibrouillard arrière façon Formule 1. Enfin, tout autour de la voiture, nous retrouvons des lames de bas de caisse très travaillées. Cela rend la voiture très agressive et assoit son style sur ses jolies jantes de 19 pouces. Bref, niveau look, elle ne fera pas l’unanimité mais elle assume son style.

A l’intérieur, la filiation avec BMW est évidente. Ecran central, climatisation, commande de radio, levier de vitesse, touch pad, etc. On pourrait le reprocher à la Toyota Supra mais il ne faut pas oublier que sans BMW, pas de Supra et sans Toyota, probablement pas de Z4 non plus. Donc on se fera à l’idée et on ira apprécier, selon son humeur, le cabriolet ou le coupé. L’intérieur de la Supra se pare de carbone, plutôt joli, et de plastiques plutôt décevant. Les sièges en cuir sont durs à l’assise mais une fois la position de conduite trouvée, ils se révèlent étonnement confortables. Le volant manque de relief et fait un peu cheap dans cet ensemble. La jante du volant parait grande et fine, il faudra voir à l’usage. Enfin, parlons un peu du coffre et de la philosophie de l’auto. En bonne GT, l’espace alloué au bagages, directement accessible depuis l’habitacle, est plutôt spacieux. Seul défaut, le coffre ne s’ouvre que via un petit bouton dans la porte, il n’est pas possible de l’ouvrir depuis l’extérieur via une simple poignée de porte…

Que vaut la Toyota Supra sur route ?

On est assis bas dans cette Toyota, et directement sur les roues arrière. Mis à part ça, la Supra se conduit tout à fait normalement. Le moteur et les commandes sont réactifs mais restent souples et rien ne semble compromettre un usage quotidien. Enfin rien, la visibilité autour de la voiture n’est pas parfaite. Le capot est immense, la vision latérale est tronquée par les arches de toit et il y a de beaux angles morts en vision trois quart arrière. La boîte automatiques ZF à 8 rapports est, comme sur les BMW, très agréable et très douce. En roulant en ville, on s’étonne de voir la boîte passer le 4ème à 25 et la 6ème à moins de 50 km/h sur un coupé sportif !

Essai Toyota GR Supra

Cependant, le petit coupé japonais a quelques défauts. L’amortissement est raide, mais alors très raide, pour une conduite quotidienne. La direction électrique est sur-assistée, surtout en phase de manœuvre, et elle fait un bruit horrible. Niveau bruit, parlons également de l’audio, qui est clairement décevant dans la Supra. Elle a toutefois toute mon admiration car, pris dans une tempête de neige sur mon retour, elle a surpassé tous les obstacles sans (trop de) difficultés.

Développant officiellement 340 ch et 500 Nm de couple, ce moteur semble pourtant pousser plus fort. En effet, malgré les 1500 kg de la voiture, l’accélération est vraiment brutale. Le 0 à 100 km/h ne prend que 4,3 secondes, et la vitesse maximale est bridée à 250 km/h. Si nous n’avons pas vérifié ces valeurs, nul doute qu’elles sont largement atteignables. Toutes les Supra ayant été passées sur banc de puissance ont fourni entre 360 et 400 ch. Vérification faite auprès de Toyota, celle-ci aurait été testée par des confrères et développerait “une puissance plus proche des 400 ch que des 350” !

Quand on passe en mode sport, la voiture devient plus directe, plus précise, mais aussi plus délicate. A l’accélération, le bloc six cylindres feule à mi-régime et vient hurler haut dans les tours. D’ailleurs, il y monte vite dans les tours. L’échappement devient beaucoup plus présent et effectue quelques retours bien audibles à la décélération. Niveau comportement, la voiture tressaute un peu plus sur ses roues à travers ce mode sport, mais devient encore plus précise dans sa direction, avec des pédales plus réactives. Par contre, il vous faudra faire attention tant l’arrière aura tendance à vouloir passer devant. Les freins sont efficaces mais manquent un peu de ressenti et de longévité…

Et sur circuit pour tout exploiter ?

Essai Toyota GR Supra

Comment exploiter un coupé sportif et joueur, de 340 ch, sur les routes humides de novembre ? Nous sommes allés sur les Circuits de la Ferté Gaucher pour tenter d’exploiter la totalité des performances de la voiture. Long de 3,6 km ce circuit, situé à 80 km à l’est de Paris, offre courbes rapides, virages lents, lignes droits et même un pif-paf, pour aller chercher, sur le papier, le meilleur (ou le pire) de notre voiture du jour. Toyota France avait d’ailleurs organisé ses journées presse sur ce circuit. Malheureusement pour nous, il s’est mis à neiger ce matin-là et lorsque nous arrivons sur le circuit, la piste, malgré le bitume à haute adhérence, est détrempée…

Je tente tout de même l’expérience et désactive l’ensemble des aides à la conduite. Il ne reste que la voiture, moi, et cette pist … patinoire. Lorsque l’on accélère, la voiture se dandine, en ligne droite, et se révèle un peu plus brutale encore qu’en mode sport. Le premier freinage se fait en douceur, alors que la première sortie se fera, déjà, en travers. La voiture se trémousse du train arrière sur la totalité de la piste de sorte que, bien vite, je comprends que le but de la séance sera plus de rester sur la piste et d’assurer les photos que de claquer un temps. En fin d’après-midi, la piste commence à s’assécher et le grip revient. Les sorties de virages se font de plus en plus rapides (et propres) et le 6 cylindres donne tout ce qu’il a, allant de virages en virages de façon spectaculaire ! Mais attention, au moindre excès, la Supra vous rappellera sa nature, et le fait que les travers, elle connait !

Conclusion

Essai Toyota GR Supra

Cette nouvelle Toyota GR Supra est une réussite. Le lien avec le roadster de Munich est, très clairement, à oublier. En effet, la voiture a sa propre personnalité stylistique et, une nouvelle fois, l’une ne pourrait pas exister sans l’autre. Le coupé s’offre à partir de 65 900 € auquel il faudra tout de même ajouter 4 890 € de malus en 2019 (10 980 € au 1er janvier 2020). La Supra est une voiture pour connaisseurs, aimant encore la conduite un peu à l’ancienne. Est-elle digne de l’aura que son nom implique ? L’avenir nous le dira, mais si vous cherchez un petit coupé à moteur avant rigolo, ne l’oubliez pas dans votre benchmark à côté des Alpine A110 , BMW M2 et autres Porsche 718 Cayman, ce serait passer à côté d’une voiture bien fun !

Retrouvez ci-dessous l’ensemble de nos photos réalisées pendant l’essai :

Texte : Antoine
Photos : Antoine et Julien HUET pour Virages Auto