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Aston Martin DB 7 Zagato et DB AR1 – Ciao beauties

Une voiture est, en général, bien plus qu’une carrosserie. C’est un assemblage de différentes prestations pour tenter de plaire au plus grand nombre et créer une alchimie plus ou moins réussie. Dans le cas des Aston Martin DB 7 Zagato et DB AR1, la situation est un peu différente. Avant de passer à la partie dynamique dans un article à venir, ces autos méritent un rappel de leur histoire. Et malgré de rares apparitions dans des films (Ocean Twelve) ou séries (Las Vegas), elles sont plutôt méconnues ! Venez avec nous pour découvrir l’histoire de ces deux œuvres d’art.

Origine de l’Aston Martin DB 7 Zagato

Tout commence par une coïncidence. Lors du concours d’Elegance de Pebble Beach de 2001, Andrea Zagato, petit fils du fondateur de la carrosserie Milanaise éponyme, fait partie des juges. À ses cotés, un certain Ulrich Bez, alors PDG d’Aston Martin. Très vite naît l’idée de célébrer les 40 ans de leur partenariat. En effet, ce dernier avait été inauguré avec l’une des Aston Martin les plus désirables de tous les temps : la sculpturale DB 4 Zagato.

Aston Martin, n’a, à cette époque, que 3 modèles. La DB 7 partage en effet la gamme avec la Vanquish, et les rarissimes dernières V8 Vantage. La vénérable DB 7 a sauvé la marque depuis 1992, mais elle est en fin de vie. Ainsi, Aston Martin y voit l’opportunité d‘écouler des châssis à prix d’or. Zagato, de son coté, y trouve une exposition bienvenue, l’âge d’or des carrossiers étant révolue depuis bien longtemps. 

Quelques mois plus tard, en Juillet 2002, 120 prospects sont invités à découvrir en avant-première un prototype de l’Aston Martin DB 7 Zagato. Cela se passe chez le célèbre tailleur Londonien Gieves and Hawkes, situé au 1 Savile Row. Une DB 4 Zagato garée devant la boutique annonce la couleur ! Quoi de mieux qu’un haut lieu du sur-mesure pour présenter l’incarnation automobile d’un gentleman anglais vêtu d’un costume italien ajusté ?

Beauty

Zagato a réussi à mêler habillement le conservatisme so British d’Aston Martin avec la signature unique de la maison. La voiture est basée sur un châssis de DB 7 Volante pour bénéficier des renforts de carrosserie et de la liberté d’expression liée à l’absence de pavillon.

Le recours à l’aluminium est massif. La quasi intégralité des éléments de carrosserie sont spécifiques à cette Zagato (à part, notamment, le pare-brise et les phares). La grande calandre, les feux ronds à l’arrière, l’incontournable “double bubble” sur le toit, les hanches voluptueuses et l’arrière tronqué donnent un style absolument remarquable. 

Et comme à l’époque de la DB 4 Zagato, le châssis est raccourci. Avec 21,1 cm en moins, les proportions deviennent clairement plus sportives.

Seulement 3 couleurs standard étaient proposées. Aqua Verde, issu de la DB 4, Zagato Nero et Mercury Grey, la teinte de présentation. Chaque voiture étant faite à la main (250 heures de production par voiture !) les clients pouvaient évidemment les personnaliser en option. Bien sûr, la plupart ont des peintures d’origine Aston Martin. Cependant il est plus surprenant de voir des teintes d’autres constructeurs. On peut noter notamment un peu de couleur venant de Ferrari (Grigio Titanium, Nero Daytona, Pozzi Blu, Azzuro Monaco), Honda (Long Beach Blue) ou encore Mercedes (Cubanite Silver, Designo Silver), Bertone (Jet Silver), Rolls (Garnet), BMW (Orient Blue) et Bentley (Peacock Blue). De quoi s’assurer une voiture unique.

Power

La sportivité n’est pas que visuelle. Les freins sont renforcés, les suspensions deviennent plus fermes, le différentiel à glissement limité reçoit de nouveaux réglages et le poids est en baisse de 60 kg ! La motorisation est celle des DB 7 GT : V12 6.0 435 ch avec boite manuelle à 6 rapports. 

Entre la présentation et les livraisons, les jantes passeront à 5 branches et 19”. Quelques autres détails évoluent légèrement : l’aspect des feux arrière, les échappements, les monogrammes… Fort heureusement, l’essentiel du style est préservé.

Soul

A l’intérieur, l’esprit GT de la DB 7 est intact. La sellerie en cuir aniline frappée du Z (non, pas Zorro…) est spécifique et l’Alcantara embossé sur le ciel de toit ajoutent une belle dose d’exclusivité. La chute de toit ne permet plus d’avoir les (petites) places arrière. Un espace de rangement recouvert de cuir capitonné avec des sangles de retenue prend la place. On a envie d’être une valise et d’y voyager !

Aston Martin DB 7 Zagato

DB AR1 – Divinement belle à regarder ?

Les 99 exemplaires du Coupé prévus (+1 pour l’usine) ont très vite trouvé leur place auprès des amateurs. Bien que le prix soit quasiment doublé par rapport à une DB 7, près de 200 clients ont manifesté leur intérêt ! Vous l’aurez compris, tous ne furent pas servis. De plus, un problème majeur se posait avec ce châssis raccourci : l’impossibilité de vendre aux Etats-Unis, la voiture n’étant plus homologuée. Il aurait fallu refaire de coûteux crash-tests, le jeu n’en valait pas la chandelle. Et Aston-Martin avait une autre idée en tête…

Pour combler la frustration des clients Américains, Aston Martin et Zagato présentent en 2003 le DB AR1. Totalement dédiée pour les Etats-Unis, il est présenté à Los Angeles et revendique son coté Américain jusqu’à délaisser les noms DB 7 et Zagato. Ainsi est né le DB AR1, pour American Roadster 1. 

Autant l’Aston Martin DB 7 Zagato était un hommage à la DB 4 Zagato, autant le roadster DB AR1 est plutôt un hommage à la DBR 1. Et cette fois-ci, pas question de toucher le châssis : on garde tel quel celui des DB 7 Volante.

Le magnifique “Balloon”

Incontournable, le double bosselage Zagato migre derrière les sièges dans la continuité des appuis tête et supprime aussi les places arrière. L’espace de rangement, toujours capitonné de cuir, est ici séparé par une arche peinte. Le “balloon”, nom de la partie bosselée sur le roadster, n’est fait que d’une seule et unique pièce d’aluminium !

En véritable Roadster, le DB AR1 n’a pas de toit souple, de toit amovible ou de couvre-pluie. Conçue pour le climat tempéré de la côte ouest, le DB AR1 ne propose qu’une vulgaire bâche de protection, inutilisable en roulant.

Pour palier cette absence de toit et ainsi donner une plus grande polyvalence, Zagato a profité de la présentation de la V12 Zagato en 2012 (soit 10 ans après !) pour commercialiser le Zagato Shelter. Il s’agit d’un toit souple motorisé qui prend place derrière les sièges. L’arche s’ouvre, les sièges basculent et le toit se plie ou se déplie, devenant quasi invisible une fois plié et épousant les formes bosselées une fois en place. Limité à 19 exemplaires, le Zagato Shelter coûtait la modique somme de 80.000 €. L’histoire ne dit pas si Zagato a vendu les 19 ou non.

Le roadster aussi beau que le coupé ?

Toujours est-il que l’absence du couvre-capote et des places arrières des DB 7 Volante, ainsi que la présence du bosselage, allongent visuellement la voiture. C’est tout simplement superbe. Rien ne dépasse, c’est fluide, tendu… On est dans le meilleur des deux mondes : élégance intemporelle d’Aston Martin et exclusivité de Zagato.

Les jantes seront au final celles du coupé, et c’est tant mieux. En effet, celles de présentation n’étant pas des plus réussies… Coté moteur, le V12 6.0 est toujours de la partie. La nouveauté par rapport au coupé étant la possibilité d’opter pour une boite automatique, marché US oblige. 

Et là aussi, Aston Martin et Zagato produiront 99 exemplaires numérotés, tous destinés pour les Etats-Unis. Cependant, une dizaine d’exemplaires aura malgré tout rejoint l’Europe.

Aston Martin DB 7 Zagato et AR1 : dignes de leurs blasons

Ces Zagato auront marqué leur temps. Connues et reconnues des passionnés mais réservées aux connaisseurs, elles souffrent malgré tout d’une certaine méconnaissance ou d’un oubli injustifié. Exclusives, rares et totalement inédites, elles marquent la fin d’une ère entre Aston Martin et Zagato.

En effet, ces deux réalisations terminent un ère d’exclusivité. La DB4 Zagato avait été suivi des V8 Vantage Zagato dans les années 80. Elles offraient d’ailleurs plus de puissance, en plus d’un look inédit. Puis il y a eu ces deux autres Aston Martin DB7 Zagato et DB AR1. Un dernier modèle exclusif a été fait, la Vanquish Roadster. Modèle unique, incroyablement méconnu, et absolument magnifique.

Certes, la V12 Zagato de 2012 était exclusive mais également très décriée. Par son style notamment, elle manquait cruellement d’élégance (l’aileron n’aidait pas). Elle fut également très loin de ses prévisions de ventes. D’abord annoncée à 150 exemplaires, puis 101, certaines rumeurs parlent de moins de 30 exemplaires vendus au final. Un richissime client a même fait carrossé 5 V8 Vantage en plus, histoire d’écouler un peu de carrosseries… A tel point que 10 ans après, R Reforged propose d’écouler les châssis avec un Speedster et un coupé sans aileron ! On leur souhaite plus de succès, le style étant particulièrement réussi.

En revanche aujourd’hui, l’appellation semble galvaudée et leur partenariat poussé à l’abus. Chaque nouveau modèle de la gamme Aston Martin ou presque ayant sa, voire ses, déclinaison(s) Zagato. Finalement, il suffit d’attendre un peu pour avoir la version Zagato un peu exclusive. On perd le charme d’attendre 20 ans entre chaque modèles…et on a l’impression d’avoir un recyclage permanent d’un style revu et usé.

Mais avec aussi peu d’exemplaires pour les DB 7 Zagato et les DB AR1, on fait comment pour avoir un ressenti dynamique ? Et bien on a essayé les deux lors de quelques moments magiques, et l’article est à retrouver ici : Essai Aston Martin DB 7 Zagato & DB AR1 : conduire un style.

Aston Martin DB 7 Zagato

Texte : Romain
Photos : Archives Zagato et Romain
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