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Essai Abarth 695 Biposto : la maxi 500

Il y a des essais qui marquent. Des essais qui semblent improbables. Ce fut le cas de mon essai de l’Abarth 695 Biposto, en 2017 pour un autre média aujourd’hui disparu. La Biposto, c’est un peu la version course de la version énervée de la version sportive de la version de monsieur madame tout le monde de la Fiat 500. L’essai fut véritablement une révélation, et une grosse déception. Je vous raconte pourquoi tout de suite. Essai Abarth 695 Biposto : la maxi 500.

Abarth 695 Biposto

La Biposto, c’est quoi ?

L’Abarth 695 Biposto est apparue en 2014 et développait 190 ch. C’est une voiture qui se veut être une version encore plus radicale de la 595 Abarth de 160 ch, qui elle même est la version sportive de la 595 Abarth de 140 ch. Vous suivez ? Alors on continue. Une fois tout cela mis sur la table, il est temps de regarder ce qui change vraiment. Nota, ces chiffres ont évolués avec le temps puisque la 500 Abarth a changé de nom et de puissance très fréquemment en 11 ans. Par exemple, on retrouve des versions supplémentaires comme la EsseEsse essayée récemment.

La voiture se part d’une teinte mat nommée “gris performance mat”. Extérieurement, on retrouve un bouclier plus nerveux et deux grosses canules d’échappement Akrapovic. La voiture dispose également d’un fond plat et d’un diffuseur. Les jantes de 18 pouces pouces sont elles-aussi spécifiques. Notre modèle d’essai était initialement doté des vitres en Lexan à ouverture en glissière, comme les voitures de courses. Cependant, elles ont été remplacées par des vitres conventionnelles suite aux premiers essais. A priori, ce n’était pas véritablement utilisable. On s’en est contenté, pas de soucis, en plus c’est (vraiment) plus pratique. Extérieurement, on est donc sur quelque chose de bien sympa, qui montre véritablement son caractère énervé. Mais il y en a suffisamment “peu” pour passer inaperçu auprès de quelqu’un qui ne saurait pas. Oui, il y en a encore…

Intérieur dépouillé !

A l’intérieur, oubliez ce que vous connaissez de la Fiat 500. Mis à part le point de fixation, très haut, des baquets Sabelt, la Biposto fait vraiment différente. Les panneaux de portes sont remplacés par un panneau plat en carbone. La poignée de porte se transforme en une petite sangle rouge. L’afficheur numérique central passe d’une dalle TFT à un afficheur de course. La climatisation a disparu, le poste de radio également. Il en va de même pour les prises 12V allume cigare, les accoudoirs, … Le carbone s’est répandu dans l’habitacle comme les mauvaises herbes dans un jardin. Il est disséminé un peu partout mais ce n’est pas forcément ordonné !

La Biposto, comme son nom l’indique (en italien), veut dire deux places. Il n’y a donc que deux baquets, positionnés un peu haut, comme toutes les 500. Entre les deux baquets trône la magnifique et sculpturale commande de boîte de vitesses à crabots (je reviens dessus plus tard). A l’arrière, la banquette a disparu, tout comme les isolants et les protections rendant une voiture “agréable” à vivre. A la place, c’est un arceau de sécurité qui a été installé, ainsi que des harnais 5 points. Le fond de coffre est constitué d’une simple plaque en plastique.

Abarth 695 Biposto

Anecdote assez sympathique d’ailleurs sur cette plaque, elle a un peu bougé lors d’un enchaînement de virages un peu….musclé. Quelques kilomètres plus loin, je trouvais que la voiture faisait un peu plus de bruit encore qu’à l’accoutumé. Inquiet d’avoir abîmé quelque chose, je me suis arrêté à la recherche de tout ce qui pourrait avoir autant augmenter le volume sonore… Ce n’est qu’après de longues minutes stressantes que je me suis aperçu que l’on voyait la route depuis le coffre. La plaque en plastique est donc posée un peu comme ça, à l’arrache, sans nécessairement un bout de plancher en dessous. Quand je vous dit que c’est une version radicale de la version sportive…

Abarth 695 Biposto : le monstre

J’ai déjà conduit pas mal de choses un peu étranges, mais rarement une voiture si surprenante. En effet, avec la Biposto, on ne se rend pas compte au premier abord que la voiture est spéciale. Il faut s’asseoir dedans pour commencer à ressentir l’aspect “spécial” de la voiture. Nous ne sommes pas dans une voiture qui crie sa radicalité comme les Harper. Cependant, l’ouverture de la porte affiche les ambitions de la voiture, la légèreté. L’Abarth 695 Biposto ne pèse en effet que 997 kg. C’est beaucoup pour un pot de yaourt, mais c’est peu par rapport aux standards actuels.

Abarth 695 Biposto

Le démarrage permet de profiter d’un cold start au son rauque et puissant. Le turbo du 1,4 litre siffle et la voiture demande à bouger. Pied sur la pédale d’embrayage, première, et grand CLAC ! La boîte de vitesses est un peu différente, elle est à crabots (une option qui coûtait 10.000 €). Ainsi, lorsque l’on enclenche un rapport, la boîte verrouille de la même façon qu’une moto. Je relève la pédale d’embrayage et c’est parti. Une fois en mouvement, il n’est plus nécessaire de débrayer. Il suffit de monter dans les tours et de passer les rapports à la volée en gardant les gaz. L’Abarth 695 Biposto tremble à chaque passage de rapport. Ça craque, ça pétarade dans l’échappement, et ça repart brutalement ! Si la manœuvre est aisée à la montée des rapports, c’est plus délicat au rétrogradage. Personnellement, je débrayerai à chaque fois, avec un talon pointe cependant.

Voiture de course homologuée route !

Mon trajet m’emmène en Normandie, une fois de plus. On est samedi, il est 7h du matin et j’ai clairement la flemme de prendre les petites routes. Du coup, j’estime que prendre l’autoroute A13 depuis Paris sera une bonne idée. Si j’ai apprécié la sortie de Paris, avec ses tunnels et les nombreuses accélérations accompagnées du son puissant du 4 cylindres, il n’en va pas de même pour la partie autoroute. En bonne voiture radicalisée, l’Abarth 695 Biposto ne dispose pas de régulateur de vitesse, et ses amortisseurs sont, je pense, théoriques, tant on sent absolument toute la route !

Abarth 695 Biposto

Donc vous l’aurez compris, l’autoroute, si il y n’y a pas de tunnels, c’est pas trop son truc. Non, son truc à elle c’est plutôt les petites routes. Ces mêmes petites routes qui servent aux rallyes le week end. Sur ces axes, la Biposto se montre efficace et hargneuse. Elle accroche à la route, elle suit d’ailleurs un peu trop l’asphalte à pleine charge. La direction est néanmoins précise et on peut mettre la voiture où l’on souhaite. L’amortissement qui paraissait si dur sur autoroute se révèle bien plus agréable. La voiture ne bouge pas, ne chavire pas, et ne tangue pas. Les vitesses atteintes entre deux virages sont vite inavouables…

En bonne Abarth, attention au freinage tout de même. La puissance des freins est bien présente mais l’empattement court aide beaucoup pour faire pivoter l’arrière, même quand on ne le veut pas. Ainsi, le freinage, c’est en ligne droite ! La conduite avec la boîte à crabots devient vraiment plaisante dans ces conditions et on a envie que cela dure, encore et encore. Je n’ai pas eu l’occasion de l’amener sur circuit. J’aurais vraiment aimé voir ses capacités à 100% sur une piste.

Abarth 695 Biposto : la meilleure des 500 ?

Il n’y a pas à dire, la 695 Biposto est vraiment différente. Ce n’est pas qu’une simple Fiat 500 sous stéroïdes, c’est une vraie transformation. Le moteur de 190 ch déborde de puissance, les trains roulants sont excellents et la voiture est joueuse au possible. L’esprit compétition est bien présent, et permet à l’Abarth 695 Biposto de se démarquer de façon spectaculaire de la concurrence. Une Toyota Yaris GRMN ne tombant pas dans autant d’excès (mais se rapprochant niveau plaisir de conduire). Cependant, il y a un “mais” : le prix. Avec 40.500€ en prix de départ, et un total de 68.500 € pour notre version, la petite Abarth faisait payer cher sa rareté et son esprit compétition. Elle en est devenue encore plus rare. C’est le seul point de déception de cet essai : aussi attachante soit elle, l’Abarth 695 Biposto n’a pas connu le succès. Cependant, si elle vous plait, sachez qu’on en trouve encore des neuves dans certaines petites annonces…

Retrouvez l’ensemble des photos de Julien pendant l’essai ci-dessous :

Texte : Antoine – Photos : Julien HUET pour Virages Auto
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