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Essai Alpine A110S : un S pour Sportive

Souvenez-vous, en novembre dernier, nous avions eu l’occasion d’essayer l’Alpine A110 Pure dans une belle livrée bleue. Son caractère bien trempé nous avait conquis mais depuis, Alpine propose une version encore plus sportive de sa Berlinette. Nommée A110S, c’est dans une livrée blanche que nous l’avons ce coup-ci essayée. Action !

Alpine A110S : Une évolution en douceur ?

Alpine A110S

De prime abord, il faut avouer qu’avec son coloris Blanc Irisé (1.800€), elle passe beaucoup plus inaperçue qu’en bleue ou en gris mat. Un choix raisonnable pour certains mais qui à mes yeux ne colle pas à la voiture. Pourquoi être si discret pour une sportive qui a toutes les raisons de ne pas se cacher. Pour reconnaître une Alpine A110S d’une A110 au premier coup d’œil, il faut regarder la couleur des logos ou des étriers. En effet, les logos Alpine sont noir mat quand les étriers Brembo prennent eux de l’orange. On retrouve cette même couleur sur les petits damiers latéraux (Bleu, Blanc, Rouge sur les versions classiques). En revanche, pas d’échappement spécifique, pas de boucliers propres à la série… L’évolution se fait en douceur. N’est-ce pas un peu dommage pour une voiture qui se veut comme la version qui coiffe la gamme Alpine ? On vous laissera juger.

Pour faire la différence, il y a également les jantes GT Race d’origine. Mais sur notre modèle d’essai, la voiture est équipée des jantes Fuchs (1008€) également disponibles sur d’autres modèles de la gamme… de quoi la rendre discrète une fois de plus. Fort heureusement, son gabarit réduit et très bas ainsi que son style néo rétro fort réussi lui confère un look inimitable. Pour finir l’extérieur, il est bon de noter que notre modèle possède le toit carbone brillant (2400€). Un plus pour le look avec une finition de très belle facture mais qui ajoute un billet important au prix déjà élevé de la voiture.

Petit tour intérieur

Alpine A110S

A l’intérieur, on retrouve les magnifiques sièges baquet siglés Sabelt, également présent dans l’A110 Pure. Mais ils sont ici sans l’effet matelassé. Pour coller avec le reste de la voiture, les surpiqûres de l’habitacle passent à l’orange. Le volant voit également son centreur changer de couleur et est partiellement revêtu de cuir retourné pour un effet plus sportif. Dommage cependant, pour une version sportive c’est encore et toujours le régulateur que l’on retrouve sur celui-ci. Le bouton de démarrage aurait eu toute sa place. Côté déception on notera aussi la présence de quelques commandes récupérées sur des modèles Renault ou le système multimédia lent et de très mauvaise facture, mais ceci n’est pas propre à la version S. Même si c’est ce qui rend la voiture rentable pour le constructeur, ça n’en reste pas moins frustrant.

La campagne, un terrain de jeu

Assez parlé du look. Ce qui change surtout sur l’Alpine A110S, c’est son moteur. De 252 ch sur la version de base, on passe ici à 292 ch. 40 ch supplémentaires quand la balance stagne aux alentours 1100 kg. Un poids plume pour la catégorie surtout que les équipements restent nombreux.

Alpine A110S

Pied sur le frein, on appui sur le bouton Start. Le moteur démarre et se fait entendre avec un grognement assez roque mais reste tout de même plus discret que la Mégane 4 R.S. Trophy. 3 modes de conduite sont proposés : Normal, Sport et Track. Pour sortir du parc presse et rentrer chez moi, j’ai tenté de rester en mode Normal mais l’appel du mode Sport ne se fait pas attendre. 5 km plus loin c’était déjà fini, le mode Sport est mon nouvel ami. Pas de changement profond dans le comportement de la voiture mais la ligne d’échappement est beaucoup plus sonore et livre des beaux retours au passage de rapport comme à la décélération.

Alpine A110S

Parlons maintenant du comportement.Alpine a su donner un réel tempérament sportif à l’A110S. Déjà très vive sur les versions classiques, la direction semble chirurgicale. Le châssis est plus aiguisé que jamais, les suspensions sont fermes mais gardent quand même un côté confort qui vous permettra de rejoindre les circuits par la route. Et oui vous l’avez compris, si l’Alpine A110 est utilisable au quotidien, ce n’est clairement pas la vocation de l’A110S. Voiture weekend, de balade mais surtout de piste, c’est sur des tracés sinueux qu’elle livrera l’intégralité de son potentiel.

Alpine A110S : Voiture de course ?

Alpine A110S

Voiture de course pour la route ou voiture de route pour la course ? Dur de faire le choix… On retiendra juste que l’Alpine A110S ne joue pas dans la dentelle. Pour reprendre l’expression d’un ami qui a pourtant l’habitude de rouler des voitures sportives “On joue plus dans la même catégorie“. Le comportement est joueur mais très sécuritaire. Il faut se méfier car on se prend vite au jeu et les virages passent de plus en plus rapidement. Notre cerveau trouvera sa limite de folie avant l’Alpine. En conduite sportive, on remarque une boîte optimisée qui permet de pousser la voiture jusqu’à ses derniers retranchements sans bride. En mode automatique comme en manuel avec les palettes, c’est un réel plaisir à conduire. Haut dans les tours, le moteur s’exprime pleinement avec un sifflement qui pourrait laisser croire à la présence d’un compresseur mais non, il s’agit toujours du 1.8 turbo 4 cylindres.

En mode Track, la voiture trouve encore un autre intérêt. L’ESP est déconnecté et l’arrière permet quelques glissades tout en suivant de manière impressionnante le train avant. Celui-ci qui est guidé de manière précise par un toucher de volant comme je n’en avais pas vu depuis la Mégane 3 RS. Sur ce mode Track, la boîte de vitesses est disponible uniquement en mode manuel et la conduite est agrémentée d’une shiftlight sonore pour passer les rapports au bon moment. Idéal pour la conduite sur piste, comme son nom l’indique.

Donnez-nous un R !

Alpine A110S

L’Alpine A110S est une belle découverte me concernant. Si par contre vous souhaitez une voiture idéale pour tous les jours, ce ne sera pas celle ci qu’il vous faudra. En effet, elle n’est pas raisonnable pour un usage journalier. L’Alpine A110 Légende GT se montrera probablement plus adaptée à un usage routier quotidien. L’A110S vient, elle, trouver ses limites tellement loin que seul un usage intensif sur circuit la justifiera. Et dans ce cas, une version encore plus dépouillée serait alors encore mieux !

Alpine A110S

Jamais content ? En fait, non. On l’adore l’A110S, mais on en veut juste toujours un peu plus. Quand on sait de quoi le groupe Renault est capable avec des voitures comme la Mégane R.S. Trophy-R, on se laisse à rêver d’une Alpine A110R. Une version radicale avec un équipement vraiment dépouillé et diverses améliorations châssis si c’est encore possible. Le souci d’une telle version ? Le prix sûrement. Quand on sait que notre modèle d’essai approche déjà des 75.000€ hors malus et carte grise, il faut avoir un budget conséquent pour une voiture plaisir… Mais c’est un tel plaisir qu’on lui pardonne.

On vous laisse en compagnie de la traditionnelle galerie photo complète de l’essai.

Texte et photos : Julien HUET pour Virages Auto
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