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Essai Kia Stinger GT : déficit d’image ?

“Sympa ta voiture ! C’est quoi ?”. C’est à cette question que j’ai répondu à plusieurs reprises pendant l’essai de la Kia Stinger GT. Berline familiale au gros cœur, elle souffre aujourd’hui d’une méconnaissance du public. Pourtant sur le papier, elle ne manque pas de qualités. Alors, chez Virages Auto, on va essayer, au travers de cet article, de raviver la flamme. Kia Stinger GT : déficit d’image ?

Kia Stinger GT : une auto méconnue

Kia Stinger GT

Depuis sa commercialisation en 2017, il faut avouer que la Kia Stinger ne court pas les routes en France. Pourtant, la marque a pourtant plusieurs modèles à succès dans sa gamme. Elle dispose d’ailleurs d’un argumentaire solide pour la vente, notamment avec la garantie 7 ans. Mais il faut croire que pour mettre un pas dans le premium, cela ne suffit pas. Cette voiture se classe dans la catégorie des coupés 4 portes. Elle se place en direct concurrence des Audi A5 Sportback, Volkwagen Arteon, BMW Série 4 Gran Coupé ou encore Mercedes-Benz CLS pour le côté Allemand. Mais on peut aussi la placer face à une Peugeot 508, légèrement plus petite, ou une Renault Talisman dans ses motorisations plus faibles cependant.

Kia Stinger GT

Forte d’un V6 3,3 Turbo de 366 ch, la Stinger GT se place en haut de la gamme. Pour plus de polyvalence, elle est également proposée avec un 2,2 diesel de 200 ch et un 2,0 essence de 245 ch. Selon les motorisations, elle sera disponible en propulsion ou en 4 roues motrices. Dans tous les cas, elle sera toujours accompagnée d’une boite automatique à 8 rapports. Ce n’est pas un problème en soit, comme vous le verrez plus tard. Malgré cette gamme bien complète, les ventes restent confidentielles sur le marché Européen (3 600 voitures en 2019). La situation aux Etats Unis est un peu mieux avec 14 000 exemplaires écoulés.

Pâlir face à la concurrence ? Jamais !

Après une brève présentation du modèle dans la gamme, parlons un peu de la voiture dans sa globalité. Il s’agit de la découvrir avant d’en prendre le volant. Esthétiquement, elle en jette ! Voilà, c’est dit. Le style extérieur est sportif. La Kia Stinger GT est bien campée sur ses jantes de 19’’ qui cachent de gros étriers de frein Brembo. La couleur rouge Performance (750 €) renforce le tout. On remarquera également les ouïes sur le capot, fictives, ou encore les 4 sorties d’échappement à l’arrière. Cela permet de nous donner la puce à l’oreille sur le fait qu’il ne s’agit pas d’une berline classique.

Kia Stinger GT

A l’intérieur, l’ambiance est très germanique et les rappels à l’univers Mercedes-Benz sont nombreux. On notera en particulier les aérateurs et le traitement des grilles de haut-parleurs. Nous ne sommes pas loin du plagiat. Les commandes sont placées de manière harmonieuses et sont intuitives. On regrettera juste la taille de l’écran, un peu petite, pour une voiture de cette gamme de prix. Il faut espérer que le restylage prévu à l’été 2020 fasse évoluer ce point.

Pour renforcer le côté luxueux, l’intérieur est en cuir nappa pleine fleur rouge du plus bel effet. Le combo rouge intérieur /extérieur ne plaira pas à tout le monde par contre. Le tout se finit avec un ciel de toit en Alcantara noir, les codes du luxe sont respectés avec brio. On appréciera également la console centrale en véritable aluminium. C’est froid au toucher mais cela apporte un réel gain de qualité perçue.

Démarrage en douceur…

Kia Stinger GT

Il est temps de passer à nos impressions sur route. Si de l’extérieur, le moteur V6 offre un son agréable, il est totalement feutré dans l’habitacle. Un échappement sport est bien disponible en option mais uniquement en Allemagne, c’est dommage. Pour le coté son, puisque le moteur est silencieux, c’est via le bon système HiFi Harman-Kardon à 15 hauts parleurs qu’il faudra profiter de votre musique. Le tout sans être importuné par le moteur ou les bruits d’air, après tout ça reste une routière.

Kia Stinger GT

C’est bien installé dans les confortables sièges électriques à mémoire, chauffants et ventilés que j’ai commencé mes premiers tours de roues. Le V6 se montre coupleux et très agréable à conduire. Mais on se rend vite compte que le passage à la pompe arrivera plus tôt que prévu. En conduite très, très calme, comptez un 10,5 l/100 km ! A l’inverse de nombreuses voitures modernes, la Stinger GT n’est pas un exemple de surenchère sur les aides à la conduite. Régulateur de vitesse auto adaptatif, aide au maintien dans la voie, détecteur d’angle mort, le nécessaire est là mais vous ne comptez pas avoir les dernières technologies de pointe. On retrouvera la majeure partie de ces informations sans quitter la route des yeux via la vision tête haute.

Kia Stinger GT

Après quelques kilomètres à bord de ce gros gabarit (4,83 m de long pour 1,87 m de large), je suis étonné par la facilité de conduite. Sur ce type de voiture, la maniabilité est souvent un point faible. Mais pour autant, même avec une transmission à 4 roues motrices, celle-ci se faufile aussi bien en ville qu’elle navigue sur l’autoroute. La boite automatique est d’une grande douceur. Il y a fort à parier qu’une version mécanique dénoterait dans la Stinger tant la boite automatique fait bien son travail. Petite précision pour la ville, la caméra 360° vous sera d’une grande aide lors de vos manœuvres. En effet, la visibilité arrière est très restreinte. Bref, confort et grandes qualités routières, la Kia Stinger GT marque des points !

… puis action !

Kia Stinger GT

Si la Stinger GT est une superbe voiture pour la conduite calme en mode père de famille, il ne faut quand même pas oublier que sous le capot se cache un V6 de 366 ch ! Je vous parlais dans le paragraphe précédent de la consommation. Sachez qu’en conduite soutenue, ces chiffres monteront sans soucis à plus de 20 l/100 km !

Mode Sport activé, le son du moteur ne change toujours pas. C’est un peu une déception. Cependant, on sent la suspension pilotée se raidir ainsi que la direction se durcir. La boite de vitesses automatique à 8 rapports en profite également pour aller chercher la puissance un peu plus haut dans les tours. Développée au Nürburgring et dans ses alentours, la Stinger GT n’est pas en reste quand on cherche à jouer avec elle. Elle montre d’ailleurs de belles qualités dynamiques. Le travail des quatre roues motrices est excellent et la voiture est rivée au sol dans les passages en courbes. C’est d’autant plus surprenant que la voiture voiture pèse 1858 kg à vide et qu’elle est, à l’heure de l’essai, équipée en pneus hiver !

Kia Stinger GT

Route de campagne, ville, autoroute, tout lui va ! Elle sait se plaire sur chaque terrain et s’adapter à votre mode de conduite sans broncher. A son volant, le plaisir est réel grâce à une direction qui transmet bien les informations de la route ainsi qu’un châssis ayant été travaillé de manière à oublier le poids et le gabarit de l’auto. Ça en devient même déconcertant par moment ! Chose importante à souligner, malgré le poids de l’auto, le freinage vous accompagnera tout au long de votre trajet sans être à la peine en conduite soutenue. Amies bavaroises, bonjour.

Kia Stinger GT : ne la négligez pas !

Avec un tarif de 60.900€ et aucune option à rajouter hormis la peinture métallisée, la Stinger GT n’a clairement pas à se cacher face à la concurrence qui demandera souvent des tarifs bien supérieurs à motorisation équivalente. Si vous souhaitez rouler différent, c’est une option à prendre en compte. Vous pourrez vous démarquer et profiter d’un probable futur collector.

Kia Stinger GT

Malheureusement, les gros efforts de Kia pour cette première GT sportive n’ont pas suffit à attirer le public visé. Probablement par manque d’image car les qualités sont bien présentes. On espère que la marque ne lâchera pas la bataille de si tôt et continuera d’innover pour proposer des produits qui se démarquent de la concurrence par un style original et un tarif avantageux. Le malus écologique 2020 n’aidant pas, ces belles paroles ne suffiront surement pas… mais l’espoir fait vivre non ?

Pour profiter pleinement de cette auto, on vous laisse en compagnie de la traditionnelle galerie photo complète de l’essai.

Texte et photos : Julien HUET pour Virages Auto
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