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Essai Mazda MX-30 : première, et pourtant éternelle seconde

Soyons clairs, cela fait des mois que l’on essaye de programmer l’essai du nouveau Mazda MX-30 avec les équipes du parc presse. Mais les différents confinements et couvre-feu, les trajets à effectuer et la météo peu clémente ont toujours reculé l’essai. Pourquoi tant d’enthousiasme ? Il réutilise deux lettres mythiques de chez Mazda synonyme de conduite plaisir, deux portes antagonistes également marque de fabrique de la firme japonaise, et il sera le premier modèle récent à réintroduire le moteur rotatif depuis l’arrêt de la RX 8. Mais surtout, il est le coup d’essai de la marque dans le monde “bienveillant” de l’électrique. Ainsi, c’est lui qui marque le tournant de Mazda, marque qui est une des dernières à promouvoir des moteurs atmosphériques… Essai Mazda MX-30 : première, et pourtant éternelle seconde !

Mazda MX-30

Mazda MX-30 : petit tour extérieur

Vous le savez, on aime bien démarrer nos articles par quelques mots sur le design. Dans le cas du Mazda MX-30, il faut reconnaître que nous sommes partagés dans l’équipe. Globalement, il y a ceux qui aiment, et ceux qui n’aiment pas. Je fais partie de la première catégorie. Je trouve le design extérieur bien assumé et en parfaite adéquation avec le reste de la gamme. Par exemple, la face avant se montre incisive, presque agressive, tout en gardant un certain charme. Alors que de son côté, l’arrière se retrouve plus arrondi, plus apaisant. On retrouve ainsi la même patte que pour la Mazda 2, la Mazda 3 ou le CX-30.

Mazda MX-30

Le profil se veut ramassé. Je suis assez surpris du gabarit extérieur qui se veut visuellement assez court, avec ce long capot et cet habitacle compressé sur lui-même. Pourtant, la voiture mesure 4,40 m ! Les petites portes arrière contribuent beaucoup à cette sensation, puisque cassant les proportions habituelles que l’on peut avoir. La trappe à carburant, ou à recharge dans notre cas, est immense. Elle est d’ailleurs bien trop grande. C’est en me penchant sur le pourquoi de cette trappe immense que je me suis rendu compte… que le MX-30 existait en version thermique au Japon. Seul le bourrelet que l’on retrouvera sur le côté des barres de toit est étonnant. Il détone complètement sur l’ensemble de la voiture…

Mazda MX-30

Le Mazda MX-30 existe en de nombreuses finitions, qui pourraient vous faire longtemps hésiter. Notons tout de même que la voiture existe en configuration 3 tons, fort jolie. Notre modèle d’essai n’en est pas moins attrayant avec sa teinte unique Machine Grey. Celui lui donne une configuration assez classe, mais aussi assez passe partout ! Cependant, ce gris sombre se marie fort bien à l’intérieur.

Plongée dans l’ambiance de bord

Lorsque l’on entre dans le MX-30 et que l’on s’y installe, la première remarque concerne le confort. On est étonnamment bien installé, dans des sièges au confort d’assise remarquable. De plus, l’espace à bord se montre très satisfaisant autant à l’avant qu’à l’arrière. Nous y reviendrons. Les matériaux choisis sur cette finition Modern Vintage se montrent très classes. On retrouve du cuir marron et un tissu texturé fort sympathiques sur les sièges. Sur la console centrale et les portes gobelets, ainsi que derrière les poignées de portes, on retrouve une fine couche de liège, produit directement par et pour Mazda. Enfin, nous retrouvons un feutre gris clair sur la partie haute des portières avant. Si le choix s’avère étonnant au premier regard à cause des dégradations possibles liées aux intempéries, il s’agit en fait de feutre hydrophobe. Globalement, l’eau ne pénètre pas dans le matériau et stagne au-dessus. Astucieux.

Mazda MX-30

Concernant le cockpit, il est en partie issu de la Mazda 3. On retrouve le même volant ainsi que les même commandes. Ce volant offre une agréable prise en main. Le combiné d’instrumentation se montre presque en relief, avec la zone centrale légèrement plus enfoncée que les deux du côté. Sur le haut de planche, on retrouve un système d’affichage tête haute projeté directement sur pare-brise. Pour l’écran central, ce dernier se manipule via le désignateur à molette sur la console. Un troisième écran fait son apparition pour manipuler la climatisation et les sièges chauffants. Son placement devant le levier de commande de boîte et en bas de console ne le rend pas forcément fort pratique à utiliser. De plus, la moitié des commandes de l’écran sont dédoublés par des commandes physiques, autour de l’écran… Bref, en terme d’ergonomie, ce n’est pas véritablement fluide.

Style intérieur du Nouveau Mazda MX-30, voiture 100% électrique

Mazda MX-30 : une voiture à vivre

Bon, nous n’avons fait qu’évoquer ces fameuses portes antagonistes et j’aimerais m’attarder dessus. Elle font de ce petit SUV urbain au look de petit coupé une vraie cinq portes. Du coup, est-ce pratique ? Qu’est-ce que cela apporte ?

Mazda MX-30

Pour la première question, disons que cela rend la voiture plus pratique qu’une simple trois portes. On rentre facilement à l’arrière et l’espace dégagé pour entrer et s’installer s’avère suffisant, même pour mon gros gabarit. Cependant, il peut être frustrant, quand on oublie un manteau sur la plage arrière, de devoir rouvrir deux portes au lieu d’une seule. C’est le seul défaut que j’ai trouvé, à la manipulation. Pour ce que cela apporte, c’est avant tout d’ordre esthétique, mais aussi un peu pratique. Le SUV s’offre ainsi une ligne dynamique et fluide, avec une seule porte ‘apparente’. Une fois les deux portes ouvertes, on profite d’une large ouverture sur l’habitacle. Ce n’est pas sans rappeler l’Avantime, dont on a fait l’essai ici, qui offrait une immense ouverture sur l’habitacle.

Une fois assis à l’arrière, on est un peu compressé par toutes ces surfaces sombres et ces petites fenêtres. C’est la mode actuellement des ceintures de caisses hautes. Les DS 3 Crossback ou Toyota CH-R le confirment d’ailleurs. Pour autant, ce n’est pas parce que c’est la mode que c’est la voie à suivre. Les places arrière ne profitent pas du même traitement concernant les matériaux et l’ambiance au second rang est beaucoup plus austère. Le minuscule toit ouvrant apporte bien un peu de lumière, mais une fois fermé, il ne faut pas être claustrophobe.

Pour le reste, ce Mazda MX-30 se montre fort pratique et astucieux. Les rangements sont nombreux, modulables et répartis un peu partout. Une prise 220 V fait son apparition sous la console centrale. Concernant l’espace à bord, c’est suffisant. Les places avant ne manquent de rien, profitant d’un bel espace aux jambes et d’un confort, on l’a vu plus haut, fort satisfaisant. A l’arrière, l’assise est moins moelleuse mais l’espace aux jambes reste satisfaisant, même avec un grand conducteur à l’avant. Cependant, vous aurez plus de place dans un Peugeot 2008 par exemple, pourtant de même taille extérieure. Concernant le coffre, il fait 366 litres et offre largement de quoi combler vos attentes quotidiennes.

Mazda MX-30

Que vaut le petit SUV sur la route ?

C’est simple, c’est un SUV urbain au toucher de route remarquable. Vous direz probablement que j’exagère mais le simple fait d’avoir une direction et des suspensions qui remontent des informations de conduite, même à basse vitesse, me suffit à le dire. Il est rare de voir un SUV urbain si dynamique dans sa direction et si confortable à la fois. Le châssis est vraiment bon, notamment grâce au centre de gravité ultra bas. Merci le positionnement des batteries dans le plancher. Le volant remonte les infos, et on retrouve le plaisir de la Mazda 3 et ‘presque’ celui de la MX-5. On a un vrai plaisir à aller ‘faire un tour’ avec cette voiture. C’est, pour comparer avec d’autres électriques, à des années lumières d’une Mini Cooper SE ! Pas d’effet de couple à l’accélération, un comportement très sain et sécurisant, on est loin, très loin devant la citadine anglaise…

Mazda MX-30

Les 145 ch du Mazda MX-30 ne sont pas nombreux, mais bien présents. Cinq modes de conduites se retrouvent via les palettes derrière le volant. Sur celle de gauche, on récupère un freinage régénératif plus fort et une accélération plus faible. En appuyant sur celle de droite, on obtient moins de freinage régénératif, jusqu’à aller en roue libre. De même, le moteur est plus réactif à l’accélération. Cependant, il est dommage de ne pas pouvoir personnaliser les modes. J’aurais aimé créer un mode sur mesure alliant vivacité du moteur à l’accélération et freinage régénératif fort. Une sorte de mode sport en soit. De même, lorsque l’on enclenche le régulateur, la voiture revient en mode par défaut (central). Cela implique finalement de beaucoup jouer avec les palettes, ou de rester systématiquement en mode D (central donc).

Mazda MX-30

Pour ce qui est des aides à la conduite, le Mazda MX-30 est un peu à la traine. Il dispose d’un régulateur adaptatif et d’une alerte de franchissement de ligne. Cependant, la voiture ne lira pas les lignes pour être tout le temps au centre (comme une Peugeot e-208 par exemple). Elle attendra de ‘rebondir’ sur les lignes, pouvant vite créer un effet mal de mer. De même, la voiture distingue les panneaux et vous les affiche dans les compteurs et l’affichage tête haute. Cependant, elle n’adapte pas sa vitesse automatiquement aux limitations. Et elle n’anticipe pas ces mêmes limitations, pour optimiser l’autonomie de la batterie pas exemple.

Mazda MX-30

Enfin, dernier mot sur les aides à la conduite et le confort d’usage. L’affichage tête haute dispose d’une grande surface d’affichage. Le contenu affiché est bien lisible, et j’apprécie beaucoup d’avoir un avertisseur d’angles morts dans l’afficheur tête haute. Cela permet une meilleure lecture de ce qui nous entoure, le tout sans perdre la vue sur ce qui se passe devant.

Mazda MX-30 : les chiffres

Quand il s’agit de voitures électriques, il s’agit avant tout d’autonomie. On va commencer par là. Elle est annoncée à 200 km. C’est certain, elle rebutera les gros rouleurs. Nous n’avons pas repoussé le test par plaisir non plus.

Cependant, c’est l’argumentaire de Mazda Europe. Les européens roulent en moyenne 48 km par jour (et ce avant la crise sanitaire). Ne proposer une autonomie que de 200 km permet ainsi de réduire la taille de la batterie. Si la taille réduit, le poids aussi, et ainsi les consommations induites baissent également. Cependant, notre essai en hiver parmi les semaines les plus froides, avec sièges et volant chauffant, musique et phares en permanence, n’a jamais fait baisser l’autonomie annoncée de la voiture sous les 190km. Attention, certaines fonctions comme le dégivrage peuvent, elles, faire significativement baisser l’autonomie (environ 40 km), de même que de nombreux kilomètres sur autoroute (ce que nous n’avons pas fait). Plus de kilomètres semblent clairement atteignables en été.

Mazda MX-30

Notre consommation moyenne s’est établie entre 17 et 19 kWh pour 100 km. Avec une batterie de 35.5 kWh, nous recoupons bien avec les chiffres annoncés questions autonomie. Globalement la Mazda MX-30 n’ira pas aussi loin qu’une Renault Zoé, et pas non plus aussi loin que le trio e208 / e2008 / DS 3 e-Tense et le Hyundai Kona. Question temps de recharge, la voiture est annoncée pour 1h sur une réseau à 50 kW pour aller de 5 à 100 %. Une recharge de 20 à 80 % prendra 3 h sur une Wallbox, alors qu’une même recharge sur prise secteur classique prendra environ 12h. Le Mazda MX-30 s’offre à partir de 33.900 €, et notre modèle d’essai entièrement équipé Modern Vintage s’offre à partir de 37.800 €.

Mazda MX-30 : en conclusion

La voiture est étonnamment différente de ces concurrentes. Le confort à bord, ainsi que son look moins classique que ses concurrentes lui offre un véritable avantage. Cela faisait longtemps que je n’avais pas pris plaisir à rouler une électrique. Cependant, rouler en MX-30, c’est ne pas aller très loin. L’autonomie sera un vrai frein, qui cantonnera la voiture à être l’éternelle seconde. La seconde voiture, pour la ville. Celle qui ne part pas en week-end (ou alors pas loin), et celle que l’on n’emmène pas en vacances. Le réseau de recharge actuel, en France, hors réseau Tesla, ne permet pas à la MX-30 d’être une voiture de voyage. Le prix la rend cependant attractive. En effet, elle n’a pas à rougir de la concurrence qui, si elle rassure le client au quotidien, ne lui permet pas non plus de voyager beaucoup plus loin.

Mazda MX-30

Le Mazda MX-30 sera bientôt disponible avec un range extender. Ce moteur rotatif viendra tourner à vitesse constante pour recharger la batterie et ainsi augmenter l’autonomie, à la manière d’une BMW i3. Cependant, il est assez délicat de justifier l’intérêt écologique de telles solutions. Dernier point qu’il est difficile de justifier, le Mazda MX-30 est disponible au Japon entièrement en thermique. Cela signifie que le capot avant de notre version européenne est rempli de vide (hormis le petit moteur électrique). Rajouter quelques batteries pour augmenter l’autonomie aurait permis de satisfaire beaucoup de clients, tout en amputant quelque peu le comportement, il est vrai…

Retrouvez l’ensemble des photos réalisées lors de cet essai ci-dessous :

Texte et photos : Antoine
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