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Essai Mazda MX-5 ND : le roadster idéal ?

La Mazda MX-5 a fêté l’an dernier ses 30 ans. 30 ans de petits roadsters bien connus sur lesquels nous reviendrons prochainement. Mais la Mazda MX-5 n’est-elle pas la dernière représentante d’une génération d’autos comme on n’en fait plus ? Stricte deux places, petit moteur et tout petit format, la recette idéale ? C’est ce que nous sommes allés vérifier avec la MX-5 ND 30th Anniversary. Mazda MX-5 : le roadster idéal ?

Mazda MX5

Une ligne intemporelle

Oui, le titre est peut-être un peu trop flatteur mais il n’empêche. Premièrement, j’écris cet essai avec mon avis. Et deuxièmement, cette voiture est reconnaissable entre toutes. En effet, les rares personnes qui ne sont pas sûres de savoir ce qu’elles ont sous les yeux pensent voir une Jaguar ou une Ferrari. Elles sont donc à côté de la plaque, complètement. On ne leur en voudra pas. Le logo n’est pourtant pas si petit, au bout de l’immense capot. Peut-être que la couleur n’y est pas pour rien. Il faut dire que l’orange de notre version 30th n’est pas des plus discrets, et que ces couleurs pétantes sont souvent présentes sur les modèles des marques citées précédemment.

La MX-5 30th se base sur la MX-5 ND, la quatrième génération . Il est difficile de croire que la voiture a déjà 5 ans et qu’elle est sortie en 2015. En effet, les lignes sont toujours acérées et résolument modernes. Il faut dire que le petit roadster avait un peu fait l’effet d’un tsunami à sa sortie. La précédente génération (NC), très arrondie, avait été complètement vieillie en un rien de temps. Les phares en amande lui donnent un air perçant. En comparaison, l’arrière se rapproche un peu d’une F-Type, en plus menu. On y revient, donc…

Sur la ND, nous retrouvons un empattement relativement long par rapport à la taille de la voiture (2.31m pour 3.92m). Les porte-à-faux sont donc très courts, ce qui confère à la nippone une ligne bien dynamique. L’Abarth 124 qui partage son châssis avec la MX-5 est pour le coup beaucoup plus typée GT, en terme de style en tout cas, avec ses immenses porte-à-faux. La voiture donne une impression de largeur avec 1.74m pour à peine 1.22m de hauteur. Le capot, très long lui aussi, relègue les deux passagers sur le train arrière.

Mazda MX5

Mazda MX-5 30th anniversaire, ce qui change ?

Pour célébrer les 30 ans du petit roadster, Mazda en a créé une version limitée à 3000 exemplaires dans le monde (un peu plus de 200 en France). Tous ces exemplaires ont la particularité d’être de couleur orange, nommée Racing Orange. Il en existe 165 en Soft Top (à capote donc), et 65 en RF (toit en dur rétractable). L’ensemble des voitures se partageant les deux motorisations : 2.0L 184 ch et 1.5L 132 ch (au Japon uniquement). Notre exemplaire est donc équipé du plus gros moteur.

Les jantes sont spécifiques au modèle anniversaire. Ce sont des Rays RS30 forgées en 17 pouces et en aluminium. Elles sont gravées 30th Anniversary. On les retrouvera en 16 pouces, non gravées, sur la série limité Eunos, réservée à la France (l’exemplaire noir sur nos photos). Les étriers de freins sont également peints en racing orange. On retrouve des Brembo à 4 pistons à l’avant et des Nissin à l’arrière. Les voitures sont également équipées du pack sport, qui comprend des amortisseurs plus fermes, les semi baquets et le différentiel mécanique.

A l’intérieur, on retrouve évidemment la couleur orange, que ce soit sur le haut de porte ou les contours d’aérateurs. Les sièges Recaro sont évidemment au programme, pack sport oblige, et profitent d’une sellerie spécifique noire, avec les surpiqûres et les liserés orange. Chose à noter, le pommeau de vitesse et le volant héritent également des surpiqûres orange. C’est à noter car si vous choisissez un intérieur marron dans votre MX-5 ND classique, volant et pommeau arrivent avec des surpiqûres rouges…

La Mazda MX-5 sur la route

Mazda MX5

J’ai toujours entendu dire que qui conduisait une MX-5 voulait en acheter une. J’ai autour de moi une dizaine de personnes qui ont craqué. Autant vous dire que la pression était forte. Est-ce que la voiture est si bien que ça ? Comment font tous ces gens pour craquer sur une voiture aussi simple ? Et surtout, qu’est ce qui est si spécial en MX-5 ?

Bon, avec toutes ces questions, je démarre et quitte le siège de Mazda France. Je décapote d’un geste simple et me retrouve dans la circulation. Ah, le bonheur de rouler en cabriolet. Cela faisait un petit moment que ça ne m’était pas arrivé (depuis mon essai de Cobra 427 pour être exact). Au bout de quelques kilomètres, je me dis qu’il n’y a rien d’exceptionnel à rouler en MX-5, puisqu’elle se conduit comme une voiture lambda, en plus bas. Evidemment, en bonne voiture moderne, la ND dispose d’un avertisseur de franchissement de ligne, un régulateur, un écran tactile avec toute la connectivité actuelle (Bluetooth, USB, navigation GPS, et même Android Auto et CarPlay, enfin).

En conduite tout ce qu’il y a de plus normal, la MX-5 ND se montre donc docile. La voiture se conduit au couple, grâce au 2.0L SkyActiv-G et au poids plume : 1030 kg. C’est assez plaisant, ne donnant pas envie de pousser la voiture, et ne consommant presque rien. Je relèverai 7,5 l/ 100 km sur la totalité de mon essai (900 km) composé de beaucoup de courbes où la consommation n’est pas la priorité (voir plus bas). C’est donc tout à fait raisonnable. Rien ne semble perturber la petite sportive orange. Rien ? Aller, l’insonorisation, une fois la capote en place. Niveau bruit, c’est comme s’il n’y en avait pas, les cheveux dans le vent en moins.

Mazda MX5

Mazda MX-5 : mon péché, c’est plaisir !

Dès que les routes se vident et que les lignes droites disparaissent pour laisser place aux courbes, le petit roadster se transforme. Le 2.0L pousse jusqu’à 7500 tr/min pour délivrer ses 184 ch ! La sonorité s’améliore à mesure que l’on monte dans les tours même si la petite 1.5L fait mieux dans ce registre. En comparaison, le moteur SkyActiv-X de la Mazda 3, à puissance équivalente, marque clairement un creux à l’accélération. Niveau direction, elle est plutôt légère et j’observe un certain flou en son point milieu. Mais dans les courbes, le secret s’appelle différentiel. Géré de manière électronique sur la petite sœur en 1.5L, il est ici entièrement mécanique. La voiture va amorcer une légère glisse, qu’il faudra garder avec l’accélérateur. Ensuite, il suffit de mettre pied dedans, et la voiture sort de la courbe en un clin d’œil. En cas d’excès, pas de panique, c’est, après l’Alpine A110, la voiture que j’ai trouvée la plus simple à récupérer lorsqu’elle glisse.

Le gros point fort de la Mazda MX-5 de quatrième génération, c’est avant tout sa polyvalence. Si elle se révèle très plaisante en conduite soutenue, elle se montre également très agréable en conduite coulée. Il est dommage que notre essai se soit limité à 100 km autour de la région parisienne. En effet, nous aurions facilement été en bord de mer pour cruiser à la fraîche sur les routes normandes. La voiture accepte vraiment de rouler au pas, sans broncher, et je me surprends à profiter de la voiture en roulant largement sous les limitations. Je ne m’en était pas rendu compte, le plaisir était tout de même au rendez-vous.

Conclusion

N’est-il pas là, le plaisir ? Le plaisir de rouler cheveux au vent, quelque soit le moment de la journée et de l’année ? Une petite voiture simple, sans trop d’électronique, sans garde-fou. Le plaisir de conduire, qu’importe la vitesse, quel que soit l’endroit ? C’est ce qu’offre la MX-5 ND. Quelques défauts tout de même (insonorisation, soucis d’ergonomie à bord), mais rien de bien méchant. Surtout quand on compare le plaisir et le coût. En effet, pour seulement 35.500 € dans notre configuration anniversaire, la Mazda MX-5 ND est sans concurrence. En tout cas me concernant, c’est un grand oui ! J’ai vraiment accroché au concept, et je comprends tout à fait l’engouement qu’il y a autour de cette voiture. Le “rien d’exceptionnel” remarqué au début est en fait l’exceptionnel du projet, une voiture qui combine facilité et plaisir aussi simplement que un et un font deux. De là à dire que je cherche sur les sites de petites annonces, il n’y a qu’un pas…

Retrouvez ci-dessous l’ensemble des photos prises pendant l’essai :

Texte et photos : Antoine
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