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Essai Mercedes-Benz E300 Coupé : toujours au niveau ?

Il y a peu, je me faisais la réflexion sur le fait que la technologie avançait à une telle vitesse qu’une voiture était à peine sortie qu’elle devenait obsolète. Evidemment, au sein même de l’équipe, il y a eu quelques désaccords. J’ai donc proposé de prendre le volant d’une voiture haut de gamme déjà âgée de quelques années. Cela m’a permis de voir si l’ensemble des fonctions, aussi bien les aides à la conduites que le confort, se retrouvait déjà sur les modèles plus courant ou non. Evidemment, j’ai été surpris. Mercedes-Benz E300 Coupé : toujours au niveau ?

Mercedes-Benz E300 Coupe

Mercedes-Benz E300 Coupé : présentation

Elle fut présentée fin 2016, mais n’a été mise sur le marché qu’au printemps 2017. Elle profite d’un dessin qui, pour le coup, ne s’est pas démodé. En effet, il a été repris sur la gamme, notamment sur les classe C et un peu les CLA. Cependant, c’est dans les détails que l’âge se fait remarquer. Le dessin des optiques est moins incisif que les dernières nées de la marque (CLS en tête). Pas de soucis à se faire, le léger restylage présenté au mois de mars sur la berline et le break vient corriger ces tout petit “défauts”, le coupé devrait suivre.

Mercedes-Benz E300 Coupe

En grand coupé Mercedes, le capot est relativement long. Il surplombe le pare-chocs composé majoritairement d’une énorme calandre comprenant l’étoile, et des énormes écopes comprises dans notre finition AMG-Line. Cette finition comprend également les grosses jantes en 20 pouces. La ceinture de caisse est haute, et se construit grâce à une seule ligne. Cette dernière court de la roue avant au coffre, c’est vraiment très beau. D’ailleurs, lorsque l’on descend les vitres, il n’y a plus de montant sur le côté. Le coupé Classe E n’est pas un petit coupé, avec 4,83m en longueur et 1,86m en largeur. Il gagne d’ailleurs 11 cm en empattement sur la génération précédente, afin d’améliorer l’habitabilité arrière. Pourtant, son dessin très réussi le rend plutôt compact, sans lui donner un côté sportif pour autant. Tout en subtilité donc.

Tour intérieur

A l’intérieur, on navigue entre le baroque et le moderne. La console centrale en carbone (option à 3.300€) saute aux yeux à l’entrée dans le véhicule. Beaucoup de matériaux différents se côtoient, ce qui rend la lecture un peu surchargée. Le carbone se juxtapose au cuir, à l’aluminium, au plastique, et au tissu… Une fois cela mis de côté, puisque dépendant de notre finition, nous prenons place à bord.

Mercedes-Benz E300 Coupe

Les sièges Multicontours ventilés avec option massante (2.100€) sont d’un très bon confort. L’espace alloué aux passagers, même arrières, est amplement suffisant. L’accès à bord sera lui peu pratique. Les sièges de notre modèle d’essai sont recouverts de cuir Nappa réfléchissant noir du plus bel effet, une option à 2.850€. Notons l’excellente qualité sonore fournie par le système Burmester (compris dans le pack Premium Plus à 7.200 € !). Les finitions sont irréprochables, comme ce que l’on attend d’une telle voiture.Par contre, lorsque l’on roule de nuit, l’éclairage d’ambiance se reflète partout sur le pare-brise. J’ai été obligé de le couper.

Les deux écrans sont toujours aussi qualitatifs et leur définition est encore au delà des standards actuels. Ils se dirigent via le Touch Pad en bas de console ou de façon tactile. En revanche, l’affichage du GPS a véritablement pris un coup de vieux. L’affichage à vision tête haute se montre lui de très bonne qualité, avec un réglage automatique de la puissance d’éclairage en fonction des conditions climatiques. Enfin, le dessin des interfaces numériques est certes joli et pratique, mais un peu en retrait face à la nouvelle version du MBUX que l’on retrouve dans les Classe A. L’absence de l’assistant Mercedes avec commande par “Hey Mercedes” est le plus marquant en sortant d’une Classe A. La mise à jour devrait se faire avec le restylage cette année.

Que vaut-elle sur la route ?

Avec 258 ch issus de son 4 cylindres 2,0 litres, la Mercedes-Benz E300 Coupé n’est pas ce que l’on appellera un coupé sportif. Les performances sont tout à fait suffisante pour tous les jours, mais ne vous attendez pas à un TGV comme une E350 CDI ni à une grosse sportive comme les E63s. Par contre, la Mercedes-Benz E300 a une véritable consommation de sportive. En roulant calmement, la consommation dépasse 10 l/100 ! Une nouvelle fois, on espère que le restylage de cette année va corriger les choses avec l’apport d’une hybridation 48V.

En ville, la E300 coupé fait un peu pataude. Elle ne répond pas énormément aux sollicitations, du moins en ressenti. Le moteur semble n’avoir rien dans le ventre tant que le turbo ne se déclenche pas, malgré les 370 Nm de couple disponible dès 1400 tr/min. La boite à convertisseur de couple accentue sûrement cet effet. Cependant, cela la rend très douce en conduite coulée bien qu’elle se ressente tout de même. C’est un peu surprenant, et c’est quelque chose que l’on ne retrouvait pas sur la Giulia par exemple Pendant les premiers tours de roues, le silence se fait le plus surprenant. Cela faisait longtemps que je n’avais pas essayé une voiture aussi silencieuse.

Mercedes-Benz E300 Coupe

Sur route de campagne et autoroute, la suspension Air Body Control (option à 2.300€) se montre remarquable. Les aspérités et les défauts disparaissent et la voiture semble flotter au dessus de la route. Hormis la consommation, la voiture est vraiment faite pour avaler les kilomètres ! En conduite dynamique, c’est autre chose. La Classe E Coupé ne se tasse pas trop sur ses suspensions mais pour autant, on ressent vite que ce n’est pas sa tasse de thé. On retrouve un peu le même ressenti que dans la Lexus RC300h. Le point commun aux deux coupés ? Le poids, dépassant 1700 kg ! Notons la présence de palettes au volant complètement inutile dans cette voiture, tant la boite se débrouille bien.

Mercedes-Benz E300 Coupé : le coup d’avance

Le point fort de la E300 à sa sortie, c’était sa panoplie d’aides à la conduite. Est-ce toujours au top niveau aujourd’hui ? Cette voiture dispose du régulateur adaptatif avec maintien de voie, de la lecture et l’affichage des panneaux, des excellents feux de croisements dynamiques mais également de l’adaptation de la vitesse de façon prédictive en fonction de la route et des obstacles. Autant vous dire qu’on ne retrouve pas tout cet attirail dans des autos bien plus récentes. Même le régulateur adaptatif a un coup d’avance avec bien des marques actuelles. Il n’y a pas d’à-coups lors de la détection d’obstacle ou lorsque vous approchez d’un véhicule plus lent sur autoroute. De plus, la lecture des panneaux et l’adaptation de la vitesse est exceptionnelle. Peu d’erreurs dans la gestion des vitesses quelques soient les situations : autoroute, campagne ou ville.

Je n’en ai relevé qu’une seule, sur l’autoroute A4. Sur une longue portion à trois voies limitée à 110 km/h, la voiture a décrété qu’il était temps de repartir à 130 km/h. Peut-on vraiment, dans ce cas, lui en vouloir, d’avoir cru qu’en France, on pouvait rouler à 130 sur une portion d’autoroute déserte à trois voies ? L’ensemble du système est vraiment impressionnant. La voiture ralentit seule à l’approche d’un rond point par exemple. Elle ralentit également seule avant d’arriver dans un village, pour passer au panneau d’entrée du village à la vitesse autorisée. J’ai également tenté quelques séries de virages en vallée de Chevreuse. Régulateur réglé sur 80 km/h, la E300 coupé a ralenti pour prendre un ensemble de virages en épingles de façon exceptionnelle, à la vitesse parfaite à chaque fois. J’ai testé de façon manuelle, je n’ai pas réussi à faire aussi bien. Bref, j’ai été bluffé.

Mercedes-Benz E300 Coupe

Conclusion : Sur des rails

La Mercedes-Benz E300 Coupé s’avère être une voiture technologiquement à jour, 3 ans après sa sortie. Seul l’infotainement mériterait vraiment une mise à jour pour aller avec le reste de la gamme actuelle. Mais comparée à la pseudo concurrence, la Classe E est toujours dans le coup. Cela a un cout à l’achat avec un prix de départ à 63.850€ en AMG-Line. Cela grimpe à 89.350€ dans notre cas avec les options. C’est le budget qu’il vous faudra pour un grand coupé sans concurrence. Les rivaux BMW et Audi ont abandonné ce marché. Les Série 4 et A5 Coupé se confrontent en effet à la Mercedes-Benz Classe C Coupé alors que la Série 6 n’est plus commercialisée que dans une variante à 4 portes.

Si vous cherchez une voiture aux lignes sympathiques, technologiquement encore en avance, et au confort à toute épreuve, cette voiture est faite pour vous ! Il ne faudra pas y voir une sportive de part son aspect trois portes mais bel et bien un beau coupé pour voyager. C’est une philosophie un peu décalée en ces temps de SUV et de coupés 5 portes, mais c’est une philosophie à laquelle nous avons adhéré.

Retrouvez l’ensemble des photos réalisées pendant l’essai ci-dessous :

Texte et photos : Antoine
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