La marque Jaecoo est présente sur nos routes depuis quelques mois et on commence à croiser de nombreux Jaecoo 5 et 7. Il faut dire que la marque n’a pas fait les choses à moitié. Avec la marque soeur Omoda, le groupe a ouvert de nombreuses concessions dans la plupart des villes françaises, petites ou grandes. La marque s’est même offerte le luxe d’avoir Jean Reno comme égérie. Face à Omar Sy chez Citroën, le combat des icônes fait rage. Alors avec ce marketing extrêmement agressif, qu’en est il vraiment ? Pour découvrir la marque, nous prenons le volant du modèle d’entrée de gamme, le Jaecoo 5 en motorisation HEV. Belle révélation ou énième constructeur chinois proposant la même chose ? Essai Jaecoo 5 Hybride : le premium au prix du low-cost ?
Il vous Evoque quelque chose ?
Vous l’avez peut être déjà vu rouler, et vous l’avez même peut être confondu avec un Range Rover. Et c’est normal. Cela fut le message unanime du monde auto lorsque Jaecoo annonça le Jaecoo 5 fin 2024, puis lorsque la marque le présenta en grandes pompes au Goodwood Festival of Speed l’été suivant. Il faut dire que ce Jaecoo 5 mesure au centimètre près les mêmes dimensions que le Range Rover Evoque. Seule la largeur est différente au profit du Jaecoo 5, plus fin car moins typé sportif que le britannique.

Extérieurement, le Jaecoo 5 reprend bon nombre de codes appliqués aux SUV actuels : ceinture de caisse haute, calandre massive, barres de toit apparentes. Le Jaecoo 5 surprend par une impression de grosseur alors qu’il est dans la catégorie basse des SUV sur le marché. Avec 4,38 m de long, 1,86 m de large et 1,65 m de haut, il fait la même taille que l’Evoque évoqué précédemment, ou le Seat Ateca, qui paraissent tous deux plus petit à côté du chinois. Avec sa face avant très verticale ornée de sa calandre striée, le Jaecoo 5 donne le ton et impose sa présence. Les jantes de 18 pouces paraissent petites tant la ceinture de caisse est haute. Elle suit la ligne de capot pour remonter légèrement jusqu’aux feux arrières. La ligne de toit suit elle la pente inverse. C’est un peu le dessin basique d’un SUV coupé, mais c’est efficace. L’arrière est lui aussi très vertical, avec une petite lunette et l’habituel bandeau noir portant l’inscription de la marque.

Le bi ton Vert Alpin / toit noir de notre modèle d’essai (en option à 900 €) participe au côté chic du Jaecoo 5. Ici pas de prétention baroudeuse avec des arches de roues en plastique ou des pare-chocs marqués, mais une combinaison soignée de teintes pour s’associer au chrome de la calandre ou des barres de toit. Le Jaecoo 5 joue d’avantage la carte du SUV urbain que du SUV tout terrain.
Un habitacle froid mais sans fioritures pour le Jaecoo 5
A l’intérieur, le Jaecoo 5 fait dans la sobriété. On commence à avoir l’habitude avec les constructeurs chinois. Comme sur la Leapmotor B10 essayée récemment, le Jaecoo 5 offre un intérieur uni sans fioritures. Ce n’est en aucun cas chaleureux, mais ça a le mérite d’être homogène et sans artifice. On aime ou on n’aime pas. En revanche, le Jaecoo 5 n’offre qu’une finition intérieure noire là où la plupart des concurrents offrent à minima une autre teinte. Quoi qu’il en soit, l’intérieur parait spacieux et accueillant, et c’est ce qu’on nous allons vérifier.

En montant à bord, on est surpris par la sensation d’espace. Pourtant nous sommes dans un « petit » SUV. La planche de bord est très horizontale et n’est interrompue que par l’écran tactile positionné en vertical. Ce choix peu commun permet de gagner en surface d’affichage sans empiéter sur la planche de bord. Le Jaecoo 5 surprend par une position de conduite assez haute heureusement accompagnée par une grande surface vitrée. La finition Exclusive de notre modèle d’essai s’accompagne également d’un immense toit panoramique d’1,45 m².

Niveau confort de conduite, l’assise n’est pas la meilleure que l’on ait pu tester. Les sièges sont fermes et le cuir synthétique qui les recouvre semble assez fragile au toucher. On doute de la durée de vie d’un tel matériau. Mais les sièges avant sont chauffants de série, tout comme le volant, et ça c’est appréciable. En parlant du volant, il est plutôt agréable à prendre en main et se paie même le luxe d’une finition différente du reste, avec des stries rappelant la calandre derrière un noir laqué. Le noir laqué est d’ailleurs utilisé partout. Si la mode est passée chez les autres constructeurs, Jaecoo semble être resté bloqué quelques années en arrière. Il y en a sur le volant donc, sur la facade de planche de bord et sur la console centrale. De quoi se faire une joie de laisser des traces de doigts partout.

Une dotation digne des plus grands
Côté équipements, le Jaecoo 5 est plutôt généreux. La finition d’entrée de gamme Select offre un combiné d’instruments de 8,9 » et un écran central de 13,2 » avec Apple CarPlay & Android Auto sans fil, l’aide au stationnement avant et arrière et caméra de recul, la climatisation auto bi-zone, les sièges avant chauffants et le volant chauffant, les vitres avant acoustiques, un système audio 6HP et la plupart des aides à la conduite actuelles comme le régulateur adaptatif et le maintien dans la voie.

La finition haute Excellence ajoute pour 2000 € un système audio 8HP signé SONY, un chargeur à induction ventilé 50W, les caméras passent à 540° avec véhicule en transparence, un éclairage d’ambiance multicolore, les sièges conducteur & passager électriques et ventilés avec une sellerie en cuir synthétique, les rétroviseurs extérieurs chauffants et rabattables électriquement, le toit panoramique d’1,45 m² et le hayon électrique.

Les prestations sont donc haut de gamme, digne des premium du segment supérieur, de quoi emmener toute la famille dans le confort nécessaire. Les places arrière sont d’ailleurs plutôt spacieuses. On y loge sans problème deux adultes. Pour les bagages c’est en revanche un peu juste, car avec un coffre de seulement 410 litres, le Jaecoo 5 est dans la fourchette basse du marché. A titre de comparaison, le Seat Ateca évoqué plus haut offre 510 litres, soit 100 litres de plus. Le Jaecoo 5 est donc à voir comme un véhicule quotidien, urbain, plutôt qu’un transport de troupes avalant les kilomètres.


Essai Jaecoo 5 : un comportement en conduite à revoir
D’office le Jaecoo 5 est proposé en motorisation hybride sans recharge appelée SHS-H. Cette motorisation associe un moteur essence 1,5 L turbo 4 cylindres de 143 ch à une transmission automatique et surtout à un puissant moteur électrique de 150 kW / 204 ch. Le tout permet théoriquement d’offrir un certain confort de conduite avec une bonne partie en tout électrique lors de trajets urbains, une consommation réduite à seulement 5,3 L/100 km et également une grande autonomie annoncée à 980 km.

En conduite urbaine et extra urbaine, le Jaecoo 5 s’en sort globalement bien malgré quelques faiblesses qui se font vite ressentir. Le moteur essence, lorsqu’il n’est plus assisté par le moteur électrique, devient vite bruyant et se fait entendre dans tout l’habitacle. L’insonorisation est assez médiocre malgré les vitres avant soit disant acoustiques. Un manque d’étanchéité dans les garnitures d’habitacle en sont probablement la raison. Outre le bruit, les vibrations sont également de la partie. C’est dommage car la partie électrique est plutôt réussie. La transition entre essence et électrique et inversement se fait sans à coups. L’électrique semble beaucoup assister le moteur essence, avec autant de roulage 100 % électrique que possible. En tout électrique c’est beaucoup plus silencieux malgré quelques bruits d’air même à faible vitesse.

En terme de comportement routier, le Jaecoo 5 souffre des mêmes symptômes que beaucoup d’autres modèles chinois. La suspension est ferme et à tendance à rebondir. La direction est floue et manque de réactivité. L’accélération et le freinage sont en revanche bien calibrés. La réponse à la pédale est immédiate, que ce soit en accélération ou en freinage qui ne manque pas de mordant. En effet le Jaecoo ne pèse qu’à peine 1 600 kg. Ce poids maitrisé permet à la motorisation d’être plutôt réactive, et au freinage régénératif d’être efficace et d’optimiser la consommation. En ville et en conduisant de manière économe, on peut facilement flirter avec les 4 L/100 km, un bonheur par ces temps où l’essence est hors de prix (sans passer à l’électrique).

Sur autoroute, si on met de côté les bruits d’air et de moteur déjà évoqués, le Jaecoo 5 s’en sort un peu mieux que la Leapmotor B10. Les aides à la conduite semblent mieux au point et le comportement est un peu plus rassurant. Dans ces conditions, la consommation grimpe aux alentours des 6,5 L avec une moyenne mesurée à 6,2 L/100 km sur une centaine de kilomètres à 130 km/h uniquement.
Une concurrence qui fait rage
Le véritable atout de ce Jaecoo 5, c’est bien son prix. Disponible à partir de 26 990 € en finition Select et jusqu’à 28 990 € en finition Exclusive auxquels vous n’avez que 900 € à rajouter pour une peinture bi ton, le Jaecoo 5 frappe fort. Avec son tarif agressif et ses prestations premium, il s’attaque aux cadors du segment comme le Dacia Duster en Hybrid 155, le Peugeot 2008, le Citroën C3 Aircross ou les coréens Hyundai Kona et Kia Niro. Car la question n’est pas « Vais-je trouver d’autres SUV hybrides ? » mais plutôt « A ce prix là, qu’est ce que j’ai chez les concurrents ? ». Voici donc un petit aperçu du marché des SUV urbains hybrides (toutes tailles confondues) :
- Fiat Grande Panda LA PRIMA 1.2 Hybrid 110 ch – 23 300 €
- Citroën C3 Aircross YOU Hybride 110 ch – 23 390 €
- Toyota Yaris Cross Dynamic Hybride 1.5L 116 ch – 24 750 €
- Suzuki Vitara Style 1.4 Boosterjet Hybrid 110 ch – 26 390 €
- Opel Frontera GS Hybrid 110 ch – 26 661 €
- Jeep Avenger e-Hybrid Longitude 1.2 Hybrid 110 ch – 26 890 €
- Dacia Duster Expression full hybrid 155 ch – 26 900 €
- Jaecoo 5 Select Hybride SHS-H 224 ch – 26 990 €
- MG ZS Hybrid+ Luxury 197 ch – 27 490 €
- Opel Mokka GS Hybrid 145 ch – 28 323 €
- MG EHS Hybrid+ Comfort 224 ch – 28 490 €
- Jaecoo 5 Exclusive Hybride SHS-H 224 ch – 28 990 €
- Ford Puma Titanium 1.0 EcoBoost Hybrid 125 ch – 29 090 €
- Alfa Romeo Junior Ibrida 1.2 Hybrid 145 ch – 29 500 €
- Peugeot 2008 Style Hybrid 110 ch – 29 630 €
- Leapmotor B10 New e-Hybrid 218 ch – 29 900 €
- BYD Atto 2 Boost DMI-i – 29 990 €
- Renault Captur Evolution full hybrid E-Tech 160 ch – 30 500 €
- Nissan Juke Acenta Hybrid 143 ch – 31 050 €
- Mitsubishi Grandis Invite+ 1.8 MPI HEV 158 ch – 33 390 €
- Renault Symbioz Evolution full hybrid E-Tech 160 ch – 34 400 €
- Kia Niro Motion 1.6 GDi Hybride 138 ch – 34 950 €
- Geely Starray EM-i – 34 990 €
- Honda HR-V Executive e:HEV – 35 240 €
- Hyundai Kona Intuitive Hybrid 138 DCT-6 138 ch – 35 400 €
On le voit, ce n’est pas le choix qui manque. Le Jaecoo 5 se positionne clairement face à trois concurrents majeurs : le Dacia Duster et le duo Citroen C3Aircross / Opel Frontera. Tous les trois ont un prix d’appel inférieur à celui du Jaecoo 5. En revanche, lorsqu’il faut passer par la case options afin de s’aligner sur les équipements et prestations du Jaecoo, la facture devient plus élevée. Le Jaecoo gagne aussi le match de la motorisation avec une motorisation hybride plus puissante. L’habitabilité est aussi globalement meilleure chez le Jaecoo, sauf en ce qui concerne le coffre, supérieur dans le Dacia Duster et le duo Stellantis.



Notre avis sur le Jaecoo 5
On vient de le voir, le Jaecoo 5 est plutôt gagnant. Hormis le volume du coffre qui est en retrait, le Jaecoo bénéficie d’un rapport prix/équipements sans concurrence. S’il n’est pas parfait partout et qu’il manque encore d’optimisation, tant au niveau des trains roulant que de l’habitacle, le Jaecoo frappe un grand coup. Car à moins de 30 000 €, un SUV hybride avec sièges chauffants et ventilés, volant chauffant, toit panoramique, caméra de recul et grand écran tactile, ça ne court pas les rues. Nul doute que ce Jaecoo devienne rapidement une référence.

Retrouvez ci-dessous la galerie photo habituelle ainsi que le tableau récapitulatif des points marquants.
| Les + | Les – |
| Espace à bord généreux (hors coffre) | Insonorisation à revoir |
| Consommation raisonnable | Confort de conduite |
| Rapport prix/équipements imbattable | Qualité des matériaux / durabilité |








































Texte et photos : Anthony
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