La Polestar 2 est une des voitures que nous voulions essayer depuis bien longtemps. Cependant petit soucis, le constructeur Citroën a empêché la vente de Polestar en France pour cause de plagiat de logo. Spoiler alert, les Polestar sont finalement vendues en France et donc la guerre d’égo du constructeur français n’a servi strictement à rien. Cependant, cela amène au paradoxe de notre essai : nous prenons le volant de la Polestar 2 plus de 6 ans après sa sortie. Alors que vaut la grande berline chinoise aux apparences de coupé Volvo ? C’est la question à laquelle nous allons essayer de répondre. Essai Polestar 2 Dual Motor : la différence qui fait du bien !

Six ans, mais déjà la quatrième itération
La Polestar 2 est un véhicule un peu à part. Premier véhicule intégralement Polestar, elle tire ses racines dans l’univers Volvo. En effet, il ne fallait pas trop désemparer les clients plutôt conservateurs de la marque suédoise avec l’apparition de cette nouvelle griffe. Griffe qu’il est d’ailleurs difficile de positionner aujourd’hui avec le développement d’une vraie gamme. Aujourd’hui, Polestar se positionne comme une marque au design épuré, mettant en avant la qualité et l’origine de ses matériaux. Tiens, on dirait un peu Volvo dans le cahier des charges. Heureusement que la jeune marque y ajoute un soupçon de sportivité sur certaines motorisations !

La Polestar 2 sort en 2020. Son design signé Thomas Ingenlath remonte à 2016. Et si elle ressemble à une Volvo, c’est qu’elle a été dessinée pour être une Volvo. Les Polestar suivantes permettront de marquer la différence entre les deux marques. Ainsi les concepts 40.1 (devenu XC40 Recharge) et 40.2 (Polestar 2 en série) ont été conçus pour partager leur base technique et leur blason. En 2020, Polestar est née avec la mythique 1 et c’est tout naturellement que la 2 prend la suite.
La Polestar 2 démarre sa vie comme une traction de 230 ch avec une variante bi moteur de 420 ch. Dès 2022, les batteries sont remplacées par des modèles plus modernes et efficients, le module de charge est remplacé par un plus performant. En 2023, le modèle de base passe de traction à propulsion. En 2024, un restylage apparait. La calandre devient pleine et la gamme de motorisations évolue. On retrouve un moteur de 272 ch en position arrière pour l’entrée de gamme et toujours une variante bi moteur 4 roues motrices de 421 ch. Le Pack performance apporte quelques 55 ch de plus. Notre modèle d’essai du jour en est équipé. Vous l’aurez compris, Polestar a fait vivre sa berline 2 en l’améliorant continuellement.
Polestar 2 : 10 ans, mais pas une ride
La Polestar 2 propose des proportions assez intrigantes. Il est difficile de donner les dimensions du véhicule au premier coup d’œil. Un peu berline, un peu coupé, et un peu surélevée, elle camoufle bien ses 4,60 mètres. Les roues en 20 pouces et l’habitacle plutôt bas aident à lui donner un air très trapu et musclé. La face avant se compose d’une calandre pleine encadrée par les optiques à la signature lumineuse en T. Les éléments optiques et lumineux dans les phares se révèlent au fur et à mesure qu’on les regarde. Le polémique (pour Citroën) logo Polestar trône devant le capot. Fait intéressant, chaque logo est peint de la couleur de la voiture. Ici, notre exemplaire est peint en couleur « Snow » contre 1.300 €.

Le profil est marqué par cette ligne continue allant du capot aux portes, puis en direction de la malle arrière. Les poignées de porte sont doublement étonnantes. Elles ressortent telles de grosses poignées de pick-up et en même temps, elles sont étonnamment simples et élégantes. Les jantes diamantées bi-ton cachent d’énorme disques de frein. Le Pack Performance (5.000 €) de notre véhicule d’essai ajoute le système de freinage Brembo ventilé percé et les étriers de couleur Swedish Gold. Le profil de berline surélevée donne un sacré look à la Polestar 2. Les ailes sont assumées, les passages de roues élégamment marqués.

A l’arrière, les feux en forme de C qui se rejoignent sont la preuve, si il le fallait, qu’une signature lumineuse peut être autre chose qu’une bête ligne horizontale. Cependant, on sent que la technologie des feux a quelques années déjà. Le reste est à l’image de la voiture : simple, efficace et pas sur-dessiné. En 10 ans, la Polestar 2 n’a pas pris une ride. Elle se montre toujours très épurée, avec des ailes larges mais très bien amenées !

A bord, ambiance nordique
Je découvre seulement l’univers de la marque sur cet essai. A l’ouverture de la porte, il faut reconnaitre que l’intérieur fait très propre, très épuré et plutôt très soigné. Vous avez l’impression d’ouvrir la porte d’un magasin de meubles sur mesure nordique ? Il y a fort à parier que c’était la volonté du designer. La planche de bord moussée semble revêtue d’un tissu tant la pièce est bien réalisée. Pourtant, c’est du plastique moussé comme dans une voiture lambda.

Les sièges constituées de petits pads rectangulaires sont du plus bel effet. Cependant, le cuir synthétique utilisé fait plutôt lisse, voir fragile tant il semble fin. On retrouve des garnitures de portes très qualitatives avec des éléments gainés de faux cuir ou de tissu. D’ailleurs les hauts parleurs de l’excellent système son Bowers & Wilkins (en option à 2.000 €) se cachent directement sous ce tissu gris clair. La petite touche finale seront les ceintures « Swedish Gold » que vous adorerez ou que vous détesterez. De notre côté, on adore !

La console centrale se montre imposante. Elle se compose d’une partie haute avec l’ensemble des commandes et d’une partie basse avec deux petits rangements latéraux. C’est assez dommage que la partie basse soit en plastique assez basique et sonne si creux. Sur le haut de la console centrale, nous retrouvons le sélecteur de vitesses. Au démarrage, le logo Polestar apparait et illumine le sélecteur. La commande rotative pour le contrôle des médias (son et play/pause) se révèle très qualitative ! Le petit écran au centre apporte une petite touche de modernité et de simplicité. Nous nous devons d’évoquer l’accoudoir qui ne fait absolument aucun bruit lorsque l’on le manipule. Tout semble naturellement feutré à bord de la voiture.

La Polestar 2 possède deux écrans. Un premier écran central en position « portrait » de dimensions 11.2 pouces. A l’usage, il se révèle très réactif, propose des interactions claires et simplifiées. On navigue à travers l’écran comme sur notre téléphone, avec cependant moins d’applications accessibles pour un usage vraiment facile, même à la découverte. En même temps, ce système est conçu par Google, qui s’y connait un peu en téléphones. Le combiné d’instrumentation de 12.3 pouces se montre lui aussi très clair et propose une très belle qualité d’image. Nous pouvons regretter l’absence d’Android Auto et Apple CarPlay sans fil. Un chargeur à induction est idéalement situé mais cannibalise l’espace naturel de votre smartphone qui est branché (donc déjà en charge) pour les raisons évoquées juste au-dessus.

Les sièges sont plutôt très jolis, nous l’évoquions un peu plus haut. Ils sont à réglages électriques sur notre modèle d’essai et offrent une amplitude de réglage très appréciable. De plus, l’ensemble des mouvements se réalisent en silence, au contraire du Citroën C5 Aircross essayé juste avant. Les commandes de mémoires de position des sièges se trouvent dans la porte. Un endroit plutôt pratique et bien visible. Les sièges sont chauffants à l’avant comme à l’arrière. Le volant est également chauffant grâce au Pack Climate.
A l’arrière, les places latérales proposent un bon confort alors que la place centrale sera à réserver pour de courts trajets ou du dépannage. Si l’espace aux jambes est plutôt satisfaisant une fois à bord, nous sommes surpris du manque de praticité pour sortir du véhicule. L’accès à la poignée imposera de plier exagérément les bras. De la même façon, une fois la porte ouverte, le passage n’est pas immense, et s’extraire du siège engoncé entre les passages de roue ne sera pas toujours facile. Pour se rattraper et ajouter de l’espace à bord, il y a le grand toit panoramique qui offre la vue sur l’immensité extérieure. Un petit logo Polestar est projeté à l’avant du toit panoramique.

Enfin, la Polestar 2 propose deux coffres. Un Frunk à l’avant de 41 L s’ajoute à la soute arrière de 407 L. Cette principale zone de chargement se compartimente en deux parties via le double fond. Au global, la cino-suédoise propose un espace de chargement très correct par rapport à ses dimensions et son look de berline semi coupé. Si vous rabattez les sièges arrière, vous aurez jusque 1.100 L de capacité de chargement.




Polestar 2 : une vraie surprise sur la route !
Avant de se mettre en mouvement, il faut bien démarrer la voiture. Et la Polestar 2 vous rappelle que vous n’êtes pas dans n’importe quelle voiture. Il faut s’installer derrière le volant (impossible de démarrer sinon) et actionner le levier de commande de la boite de vitesses. Ce dernier se réveille, s’illumine du logo de la marque et enfin vous pouvez partir.
Alors même que nous n’avons fait que quelques mètres pour sortir de notre parking, le plus gros défaut de la voiture apparait. Son rayon de braquage semble limité et d’un tout autre temps. Pourtant avec 11,5 m, ce n’est pas non plus incroyablement grand. Mais la voiture est large visuellement et physiquement (1,86 m), il est difficile de déterminer avec exactitude où se trouvent le bout des ailes. Si comme moi vous vivez dans un immeuble avec une rampe d’accès tortueuse, piégeuse et étroite, frayeurs garanties.

Une fois en mouvement et sur la route (la vraie), la Polestar 2 se montre très vite agréable. L’insonorisation est maitrisée, les bruits de roulements quasiment inexistants. Le confort est présent bien que les petites imperfections des centre-ville se fassent bien ressentir. Mais ce petit confort « raide » sied parfaitement au caractère que l’on attend d’une auto d’une telle cavalerie (on y reviendra). On est un peu comme à bord d’une Giulia QV ou une Porsche Taycan Turbo. L’ensemble est un peu raide sur les premiers kilomètres et se révèle parfait sur la totalité de l’essai.
L’interface proposée dans les écrans est plutôt très simple, comme nous l’avons vu juste au-dessus. Quelques réglages de conduite vous sont proposés, tous sous « l’application » voiture. On retrouve un réglage de frein régénératif sur trois niveaux, de même que trois niveaux d’assistance de direction. Chacun est libre de choisir ce qu’il veut parmi les 9 combinaisons possible. Polestar propose en plus un mode sport, offrant encore plus de réactivité à l’accélération via une cartographie du pédalier. En mode sport, le frein régénératif est également un peu plus performant. Cependant, aucun changement dans le châssis, la direction ou les suspensions. Il y a un truc qui me chiffonne, le pédalier. Ce dernier génère de petites vibrations dont je ne comprends pas la signification. Ce n’est pas aussi désagréable que sur une Mégane V mais tout de même assez étonnant.

Une fois serait presque coutume, nous quittons l’Ile de France pour la campagne environnante et nous partons direction la Tourraine. Au fur et à mesure du trajet, le confort prend le dessus et le châssis se montre vraiment bien réglé. Réactif quand on le demande, confortable en toute circonstance, cela fait longtemps que je n’avais pas essayé une voiture aussi homogène. Les mouvement de caisses sont maitrisés tant en vertical qu’en latéral. Les suspensions ne pompent pas indéfiniment et inlassablement pour compenser le poids de l’engin. Le roulis est maitrisé dans les virages et la direction garde sa précision en toute circonstance. On ne ressent pas vraiment les 2.100 kg de la voiture.
En haussant le rythme, on peut enfin profiter de la puissance délivrée par les deux moteurs. Notre exemplaire dispose de l’option Pack Performance. Celui-ci ajoute 55 ch à la version Dual Motor classique pour arriver à 476 ch et 740 Nm de couple. Le Pack Performance amène également les jantes Performance en 20 pouces, le système de freinage renforcé, les amortisseurs Dual Flow Ölhins, le châssis revus par la division Polestar Engineered et les fameuses ceintures de couleur jaune.

Alimentés par une batterie de 82 kWh, les moteurs propulsent la Polestar 2 de 0 à 100 km/h en seulement 4,2 secondes. Ce sont d’excellents chiffres pour une GT. Et c’est d’ailleurs là toute la raison d’être de la Polestar 2. Elle va vite, mais pas trop vite, et ça n’en devient que plus agréable. Les pneumatiques font un super boulot et permettent de faire passer la puissance qu’importe l’angle dans le volant. Pour ceux qui voudraient un peu amuser leurs passagers, il existe un mode « Launch Control ». Celui-ci enregistre différentes valeurs entre 0 et 120 km/h. Parfait pour se rendre compte que la Polestar 2 peut effectuer l’exercice du 0 à 100 km/h encore plus vite qu’annoncé. On a pu réaliser 4,1 secondes par exemple.
Polestar 2 : un prix plus qu’attractif face à la concurrence !
De par son positionnement de « berline coupé surélevée », il est assez difficile de faire rentrer la Polestar 2 dans une case. La cino-suédoise démarre actuellement à 46.800 € en finition Standard Range et un seul moteur sur les roues arrière. Elle offre alors 272 ch, une batterie de 70 kWh et jusque 554 km d’autonomie. Une version Long Range existe avec avec 299 ch, 82 kWh de batterie et jusque 659 km d’autonomie. Elle démarre à partir de 49.800€. Enfin la version Long Range Dual Motor propose 421 ch, la grosse batterie de 82 kWh et jusque 596 km d’autonomie. Cette dernière démarre à 54.800 €. La version Standard Range charge à 180 kW en pic alors que les versions Long Range chargent jusqu’à 205 kW.
Notre exemplaire était équipé du Pack Performance (+5.000 €), montant la puissance à 476 ch. Le 0 à 100 km/h gagne alors 3 dixièmes pour passer à 4.2 secondes. La vitesse maximale reste limitée à 205 km/h mais l’autonomie annoncé passe de 596 à 568 km. On ajoutera l’excellente sono Bowers & Wilkins, la peinture, les phares LED Pixel et les différents packs (Plus, Climate et Pilot) pour un total de 68.500 €.

En face, nous pourrons comparer à BMW i4 M50 et les récentes Mercedes CLA. Et c’est à peu près tout. Il faudra attendra la sortie d’une Audi A4/A5 électrique pour continuer avec les constructeurs premiums. La BMW offre une large gamme de motorisations. Face à notre Polestar 2 d’essai, nous avons choisi la BMW i4 xDrive 40. Optionnée de façon similaire, la bavaroise plus longue de 18 cm s’échangera contre 85.160 €… Vous aurez alors accès à tout le savoir-faire de BMW en matière de châssis et de conduite. La très récemment présentée BMW i3 sera surement plus à même de concurrencer la Polestar.


Côté Mercedes CLA, la version 350 4MATIC est la plus proche avec ses 354 ch. Plus longue et plus basse que la Polestar, elle se veut plus efficiente sur la route. L’architecture en 800V permettra de plus des recharges expresses. Pour le prix, il faudra compter sur 79.100 € pour une configuration au plus proche. En attendant la version AMG qui viendra vraiment se positionner en face de la Polestar 2.
Notre avis sur la Polestar 2
Il m’arrive avant d’essayer une voiture pour Virages Auto d’en attendre beaucoup. Parfois c’est justifié et parfois cela biaise complètement mon jugement lorsque je suis déçu. Et il y a un tas de modèles où c’est plutôt l’inverse. Je n’en attends rien, et alors on aura affaire à une bonne surprise ou non. Et soyons honnête la Polestar 2 faisait partie de cette deuxième catégorie. J’attendais une auto confortable, sans plus, pas dynamique plus que ça mais bien finie. Au final, j’ai adoré la Polestar 2 (ainsi que toute la famille).

Le confort était plutôt dans le haut de la catégorie alors que le dynamisme était complètement insoupçonné. Le niveau de finition est vraiment à la hauteur de l’image Volvo mais on regrette les plastiques durs apparents et parfois beaucoup trop accessibles. Même si la concurrence ne fait pas beaucoup mieux de ce côté-là, c’est toujours un peu décevant de remarquer ces changements intempestifs de qualité perçue. Le système embarqué de la voiture se montre toujours au niveau (à l’exception du mirroring par câble uniquement). Preuve si en fallait encore que laisser les interfaces aux personnes qui savent faire est toujours bénéfique ! Et pour une automobile de six d’âge, elle se montre toujours sacrément à la pointe !
Finalement, la Polestar 2 se montre comme une alternative intéressante aux rares berlines du segment, tout en offrant également une alternative intéressante aux trop nombreux SUV. Vivement la découverte des autres produits Polestar, sur lesquels j’ai désormais beaucoup d’attente !
| Les + | Les – |
| Qualités routières | Accès au deuxieme rang |
| Rapport qualité prix | Absence mirroring sans fil |
| Simplicité d’usage | Puissance de charge « limitée » |




































































Texte et photos : Antoine
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