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Essai KIA EV4 GT Line : la meilleur compacte électrique ?

Nous prenons le volant de la récente KIA EV4. Cette compacte arrive sur un segment qui est un peu à l’abandon quand on parle d’électrique. Il y a bien quelques tentatives classiques comme les Peugeot 308 ou DS N°4, pas toujours réussies techniquement. De l’autre côté il y a les propositions un peu étrange en terme de dimensions et proportions comme les Volkswagen ID.3, CUPRA Born ou Renault Mégane V mais sur des plateformes dédiées aux électriques. KIA tente donc l’entre deux : des dimensions plus classiques (bien que) sur une architecture conçue pour l’électrique. Nous partons pour une semaine à bord de l’EV4 pour un essai en conditions réelles. Essai KIA EV4 GT Line : la meilleure compacte électrique ?

KIA EV4 : un style atypique

La KIA EV4 ne passe pas inaperçue, c’est chose sûr. Sa silhouette est atypique avec un capot plongeant assez court, un profil plutôt haut, tout en conservant les codes des compactes, l’arrière assez court. Et de ce fait, la coréenne parait bien plus grande qu’il n’y parait. Avec 4.43 m de long, 1.86 m de large et 1.48 m de haut, c’est un gros bébé. Cependant elle parait encore plus grande. On sent que KIA a voulu tirer parti des bénéfices d’une plateforme électrique pour rendre son EV4 différente. Une démarche que l’on retrouve chez tous les constructeurs ayant décidé de développer une plateforme dédié à l’électrique : Renault avec la Mégane, Volkswagen avec la famille des ID, ou encore récemment BMW avec le iX3.

Les phares matriciels positionnés à la verticale sont plutôt surprenants. Ils élargissent la voiture tout en proposant quelque chose de nouveau, et loin du sempiternel bandeau lumineux horizontal. Nous retrouvons tout de même un bandeau, mais noir laqué. Ce dernier fait la jonction entre le capot et le pare-chocs, et intègre la caméra de stationnement. Une deuxième bande noire crée une moustache autour de la calandre.

De profil, on découvre l’amour pour le noir laqué (encore) des équipes de design KIA. Les élargisseurs d’ailes, le bas des portes, le montant de pare-brise, les rétroviseurs, le spoiler, et même un bandeau vertical ceinturant la voiture derrière les vitres arrière. Cela fait autant d’éléments mis en avant alors que la trappe de recharge se faisait discrète à l’avant droit, et les poignées de portes intégrées dans la carrosserie encore plus discrètes. Les roues en 19 pouces semblent presque petites sur cette vue de profil, mais les pneus à flanc haut devraient amener du confort en roulage. A l’arrière, la KIA EV4 assume une nouvelle fois sa largeur avec des feux en L venant ceinturer le coffre.

Au global, la KIA EV4 optimise son empreinte au sol grâce à des proportions un peu spécifiques permettant de jouer sur l’aérodynamisme, important pour ces véhicules, et on l’espère l’espace à bord. Les lignes sont marquées, la largeur assumée, sans pour autant tomber dans les travers des arrêtes inutiles.

Faites place nette !

Une fois à bord de la KIA EV4 GT Line, nous découvrons un intérieur bicolore. Le noir et le beige se côtoient. Un grand volant à jante fine prédomine. Doté de nombreuses commandes, il faudra prendre le temps de l’appréhender. Neuf commandes à droite, dix commandes à gauche, des commodos bien chargés, un sélecteur de mode de conduite sous l’airbag seront l’ensemble des commandes accessibles à ce niveau. Ajoutez y encore le sélecteur de boite de vitesse et le bouton start en « commodo » additionnel et cette fois le tableau est rempli. Cette commande de boite n’est d’ailleurs pas la plus intuitive à l’usage de par son positionnement assez bas. Cependant au moins on ne confond pas avec les essuies glace comme dans le groupe Renault (R5, R4, Rafale, Espace, etc).

La planche de bord accueille trois écrans réunis sous un seul objet. On retrouve un combiné de 12.3 pouces, un écran central de 12.3 pouces également et un petit écran additionnel de 5 pouces pour les réglages de climatisation entre ces deux grands écrans. L’ensemble est plutôt très réactif mais assez chargé au niveau du contenu. Il faudra là encore un peu de temps pour s’y retrouver assez facilement. La jante du volant cache environ la moitié de l’écran dédié à la climatisation. Cela se montre fort peu pratique mais on sent que KIA avait prévu le coup : on retrouve des commandes physiques sur la planche en complément. Une barre de commande « tactile » est également présente sous l’écran central. Elle propose une série de raccourci dont un mode favoris à paramétrer (différent du favoris des commandes au volant).

L’habitacle donne une impression de grandeur. Il y a vraiment beaucoup d’espace, tant réel que perçu. Et cela vient principalement des équipes de style. Les contre portes sont en négatif (donc libèrent de l’espace) et la console centrale avant est basse. Le toit presque panoramique ouvrant apporte encore plus de lumière à cet habitacle, ce qui permet de le percevoir encore plus grand. Pour finir à l’avant, les prises USB sont assumées et mises en avant en bas de la planche de bord. On retrouve la prise 12V, deux prises USB C et un schéma expliquant quel port utiliser en fonction des besoins. La console centrale basse permet de ranger tout un tas de petites choses du quotidien. L’ensemble propose à la fois de l’espace, des zones séparées et un bon maintien des objets mis dedans. Niveau vie à bord, la KIA EV4 a mis le paquet !

De façon assez surprenante les sièges semblent constituer d’un ensemble de petits bourrelets. Cela fait bien longtemps que je n’avais pas vu de sièges vraiment différents et cela fait plaisir. De plus, ils s’avèrent confortables sur le long terme avec une assise un peu ferme à l’approche. Les appuis têtes font aussi dans la différence, avec un tissu qui permet de voir à travers. Cet appui tête apporte un confort bienvenu pour la tête, qui n’est pas sans rappeler le coussin des Mercedes Classe S. Les sièges sont réglables électriquement avec des commandes situées sur la portière. Ils sont également chauffants avec trois niveaux de puissance. Si les commandes dans les portes se montrent plutôt pratiques et visibles, leur intégration et les lignes de jeux sont assez grossières….

A l’arrière, le premier constat est le même. Que d’espace à bord ! On est quand même à des années lumières d’une DS 4 ne mesurant que 3 cm de moins … Les places arrières reçoivent le même traitement que les places avant, tant sur le style que le confort. Enfin les places de gauche et de droite. La place central sera très pratique pour dépanner ou pour déployer l’accoudoir central. Les sièges latéraux sont chauffants, également avec trois niveaux de puissance, du presque jamais vu sur ce segment. Une prise 230V est à disposition sous la place centrale alors que deux sorties USB C sont proposées sur les dossier des sièges avant. Le revers de la médaille revient au coffre qui semble un peu juste en comparaison du reste. Cependant avec 435 L, c’est dans le haut de la catégorie. Comme quoi, tout est une histoire de proportions.

KIA EV4, une nouvelle approche de conduite ?

Une pression sur le bouton de démarrage, une rotation sur la commande de boite et l’EV4 est prête. Dès la voiture démarrée, le bruiteur légal se met en route afin de prévenir usagers vulnérables (piétons, cyclistes, etc). Si le bruit de navette spatiale est sympa sur une Zoé, ici c’est à la fois trop fort et saoulant. Heureusement, ce bruiteur s’éteint passé une grosse vingtaine de km/h. Comme souvent sur les électriques, la voiture est ferme à basse vitesse. Il faut compenser le poids (1910 kg) et malheureusement les règles de la physique n’ont pas changé récemment. La direction par contre se montre plutôt très confortable, douce et remontant suffisamment d’information.

L’affichage des angles morts dans le combiné d’instrumentation lorsque les clignotants sont activés est toujours aussi pratique pour positionner la voiture au bon endroit lors des manœuvres. C’est d’autant plus pratique que les dimensions extérieures ne sont pas évidentes à appréhender du fait des dimensions généreuses et optimisés de l’habitacle. Tout semble vraiment plus loin que ça ne l’est. Enfin, notons l’efficacité du système de détection et prévention du trafic arrière lors de l’ouverture des portes.

Une fois la vitesse augmentée (environ 50 km/h), le confort reprend le dessus. Les suspensions se montrent bien meilleures. La KIA EV4 évite le phénomène de rebond sur les bosses et cela met en avant le travail des ingénieurs. L’insonorisation se révèle satisfaisante et seuls quelques bruits de roulements persistent selon l’état de la chaussée. Le système audio offre un son satisfaisant sans être révolutionnaire.

Cinq différents modes de conduite sont disponibles : Eco, Normal, Sport, MyDrive et Snow. Ces différents modes de conduite s’activent via le bouton situé sous l’airbag sur le volant. Chaque action sur ce bouton permettra de cycler entre les modes de conduite et s’accompagnera d’un effet sabre laser sur la planche de bord via l’éclairage d’ambiance. Les modes de conduites influent sur la cartographie des pédales, la puissance du frein régénératif et la puissance de la climatisation. En haussant le rythme et malgré le mode sport, le roulis se rappellera à vous. KIA semble avoir, comme beaucoup de constructeurs, privilégié le confort au dynamisme. Cela faisait pourtant partie du charme de la marque.

A ces cinq modes de conduite s’ajoutent cinq niveaux de freinage régénératif. On retrouve les modes 0, 1, 2 et 3, ainsi que le mode Auto. Les 4 premiers vont du mode roue libre (0) au plus fort (3). Le mode Auto régule le frein régénératif de façon autonome. En fonction du trafic, du profil de la route, des obstacles et des limitations de vitesse, le frein régénératif s’adapte.

Ainsi, vous roulez à 90 km/h sur une 2×2 voies, vous lâchez les gaz à l’approche d’un rond-point. La KIA EV4 commencera en roue libre puis freinera de plus en plus fort en s’approchant du rond-point et arrivera pile à la bonne vitesse au rond-point. Si jamais une voiture s’intercale devant vous ou que vous la rattrapez, la puissance du freinage augmentera pour garder les distances de sécurité. Cela change toute l’expérience de la conduite mono pédale. C’est assez bluffant. Une nouvelle fois, cela oriente plus vers une conduite relaxée et zen que couteau entre les dents.

Les chiffres de la KIA EV4

Notre KIA EV4 d’essai s’équipe de la batterie 81.4 kWh. Le moteur électrique délivre 204 ch et 283 Nm de couple permanent. La voiture demande 7.4 s pour l’exercice du 0 à 100 km/h et revendique 170 km/h en vitesse maximale. L’autonomie annoncée de notre modèle d’essai s’établit à 594 km pour une consommation théorique de 14.6 kWh / 100 km. La KIA EV4 propose une puissance de charge maximale de 135 kW et promet 30 min pour charger de 10 à 80 %.

Dans les faits, nous avons réalisé un peu plus de 500 km pendant notre essai.  Dans l’ensemble, après 566 km, nous n’avions consommé que 71% de notre batterie. Un score très honorable, mais qui a été effectué sans emprunter trop d’axes à 130 km/h. Cela représente plus de 750 km d’autonomie dans nos conditions du quotidien, en Ile de France.

La KIA EV4 face à la concurrence

La KIA EV4 démarre en finition AIR, avec la batterie de 58.3 kWh à 38.290 €. Notre exemplaire d’essai en finition GT Line et avec sa batterie de 81.4 kWh démarre à 46.990 €. Une fois les quelques options choisies, le montant final s’établit à 52.740 €. En face, la concurrence se compose des Renault Mégane EV, Volkswagen ID.3, CUPRA Born, DS N°4 et Peugeot 308.

La Renault Mégane E-Tech Esprit Alpine s’échangera contre 40.970 € dans une configuration équivalente. Elle offrira cependant une batterie de seulement 60 kW, mais 220 ch. La finition sera un peu plus qualitative que l’EV4 et la navigation dans les écrans sera également plus intuitive. La Peugeot E-308 demandera 45.885 € pour une configuration au plus proche. Le moteur ne délivrera que 156 ch et la batterie aura une capacité maximale de 58.3 kWh. La jumelle DS N°4 reprendra les mêmes caractéristiques mais offrira une finition plus qualitative. Elle sera à vous contre 52.400 € en finition Etoile Alcantara. La version Etoile Cuir Nappa n’ayant pas accès à la motorisation électrique.

Enfin, les Volkswagen ID.3 et Cupra Born partageront là aussi leur base technique. L’Allemande s’échangera contre 52.530 € dans une configuration au plus proche « Pro S Life Max ». Elle embarque une batterie de 79 kWh et un moteur électrique de 204 ch. La Cupra Born avec la même batterie mais un moteur revu à 230 ch vous demandera 51.720 €

Notre avis après une semaine à bord

Après 566 km, la KIA EV4 m’a conquis. La marque coréenne a poussé tous les curseurs au maximum ou presque pour une voiture du quotidien. L’espace à bord est remarquable, les technologies embarquées au niveau et les prestations sont de premier ordre. On aurait apprécier une interaction avec l’écran un peu plus simplifiée malgré tout. Si la puissance de charge nous paraissait un peu limite avant de prendre le volant, finalement notre essai nous a prouvé qu’une semaine complète et remplie de déplacements s’envisageait sereinement. Alors certes l’expérience sur autoroute ne sera pas la plus rapide, mais pour qui n’est pas commercial ou très gros rouleur, ce ne sera pas un frein. Son placement tarifaire la place au niveau des premiums. Si sur le papier cela fait « cher », il faut reconnaitre qu’elle est largement au niveau de ses concurrentes, et même meilleure sur bien des points.

Les +Les –
Espace et vie à bord !Trop de roulis
Le frein régénératif automatiqueInteraction dans les écrans compliquée
Les consommationsConfort en ville

Texte et photos : Antoine
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