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Essai Toyota RAV4 de sixième génération : toujours en route pour le succès ?

Le Toyota RAV4 attaque sa sixième génération. Comme à l’accoutumée, le SUV évoque en douceur tout en se révolutionnant sur le style. Nous prenons à l’essai une version hybride « simple » non rechargeable. Est-ce que le véhicule le plus vendu du monde a les cartes en main pour garder la tête du classement ? C’est ce que nous avons voulu savoir avec cet essai d’une semaine. Essai Toyota RAV4 : toujours en route pour le succès ?

Un style modernisé

Ne tournons pas autour du pot, le style du RAV4 s’est bien modernisé. Le SUV succombe à la mode des SUV « boxy » avec un capot plutôt long, des arrêtes bien marquées et des volumes généreux. L’ensemble du Toyota RAV4 devient plus moderne et un peu plus agressif.

La face avant reprend les motifs en « nids d’abeille » des dernières créations Toyota. Les projecteurs prennent une légère forme de C et se rejoignent via un bandeau noir brillant. Deux fausses prises d’air sont présentes sous le phare. Elles élargissent le SUV visuellement et créent des lignes bien droites. Le capot très horizontal et sculpté complète le tout.

Sur les côtés, le Toyota RAV4 se montre là encore sculpté à la serpe. Les portes sont très verticales tout en étant taillées comme un concept car sur la partie basse. Les poignées simples, presque trop, offrent un fonctionnement basique mais très fonctionnel. Le bruit qu’effectue la poignée sur la tôle semble être le même depuis 3 ou 4 générations ! L’aspect bi-ton allègue un petit peu l’ensemble, tout en le modernisant. Les surfaces vitrées généreuses et les grands rétroviseurs semblent sortir d’un autre monde tellement Toyota nous avait habitué à l’inverse récemment (comme sur le CH-R ou la Prius).

Les jantes en 20 pouces semblent un peu petites mais le confort devrait être préservé. A l’arrière, les feux sont plutôt très élégants. Ils contrastent avec le « sabot » arrière de couleur « effet aluminium » et du pare chocs noir grainé. « RAV4 » est écrit en toutes lettres, et Toyota ne succombe pas à la mode de mettre son propre nom en toutes lettres.

Un intérieur pratique

Une fois à bord du Toyota RAV4, nous ne pouvons pas dire que nous sommes dépaysés. Le cockpit se montre à la fois connu et tout nouveau. On remarque dès l’ouverture plusieurs grandes pièces en plastique. Le ton est donné, la praticité gagnera sur le choix des matières. Tout le RAV4 sera suivra le même principe et on ne lui en veut pas tant c’est cohérent. On retrouve un peu de (faux) cuir sur les sièges. Ces derniers sont plutôt agréables au niveau de l’assise mais cela manque un peu de maintien latéral. Les sièges sont à réglages électriques, chauffants et ventilés sur notre modèle d’essai.

La pièce maitresse du cockpit est à coup-sûr ce grand écran central. Mesurant 12.9 pouces de diagonale, il propose une belle qualité d’image mais se montre un peu lent. La navigation à travers le contenu est assez compliquée et peu intuitive. Les menus sont très (trop) complets et il n’est pas toujours évident de s’y retrouver. Par exemple, pour couper le « bip » qui a lieu à chaque pression sur l’écran ne se coupe dans le menu « écran » ni même dans le menu « son ». Non, cette fonction se coupe via le menu « accessibilité ». Autant vous dire que j’ai pesté un moment avant de trouver comment le couper.

Le volant est agréable à prendre en main. Il offre une jante plutôt fine avec des commandes bien identifiées. Le Toyota RAV4 a été pensé comme une voiture à vivre. L’accent a été mis sur les rangements. On en retrouve beaucoup sur la console centrale comme dans les porte gobelets, la dépose à deux niveaux pour les téléphones ou dans l’accoudoir central. On retrouve un rangement type utilitaire devant le passager, plutôt pratique là encore. Avec de quoi déposer 4 téléphones dans la console centrale sans aucun soucis, nous sommes surpris de n’avoir qu’une seule dalle de charge. Dalle de charge très peu efficace de surcroit. Plusieurs boutons sont mis en avant comme les modes de conduite ou la conduite en mode 100% électrique. On aurait aimé que Toyota pousse l’aspect « raccourcis physiques » plus loin en utilisant les emplacements « morts » sous les prises USB-C.

A l’arrière, les passagers profitent de l’espace à bord plutôt généreux. L’espace aux jambes et aux épaule important permet de voyager confortablement à quatre adultes. En effet, la place centrale restera plutôt moyenne question confort, bien que supérieure à la moyenne. Deux prises USB-C permettront d’occuper les passagers, mais ce sera bien là la seule source d’activité…

Concernant le coffre, ce dernier dispose de 514 L en configuration 5 places. Une fois les sièges rabattus, ce sera 1.705 L qui seront disponibles. Nous sommes donc sur de beaux volumes ! Le volet de coffre est électrique sur notre version. Jusque là rien d’anormal mais nous devons admettre que nous n’avons pas compris la logique permettant de déclencher l’ouverture de coffre. La commande n’a jamais fonctionné deux fois de suite de la même façon. Parfois la voiture devait être déverrouillée, parfois non, parfois avec une porte ouverte, parfois non, l’ouverture a du se faire via la clefs quelques fois car impossible autrement. Si l’on a toujours fini par trouver une configuration nous permettant d’ouvrir le coffre, il faut reconnaître que l’on a pesté régulièrement.

Toyota RAV4, de bonnes prestations routières

Fidèle à ses prédécesseurs, le Toyota RAV4 continue d’utiliser un moteur thermique atmosphérique fiable de grosse cylindrée, accouplé à une boite de vitesses CVT et un moteur éléctrique puisant son énergie dans une petite batterie de 1.09 kWh. Ainsi, le moteur thermique cube 2.5 L et développe 143 ch et 221 Nm de couple. Le moteur électrique apporte de son côté 136 ch et 270 Nm de couple. L’ensemble de 185 ch et 270 Nm de couple est promis pour une consommation de seulement 4.9 L / 100 km.  La consommation relevée sur notre essai se positionne pile poil sur la consommation homologuée. Promesse tenue.

Dans les faits, le RAV4 se met en mouvement via le moteur électrique si les conditions de la batterie le permettent. Cela permet de minimiser le bruit au démarrage. La mise en route du moteur thermique est toujours aussi remarquée (certains diront qu’elle est brutale). La boite CVT lisse les montées en régime du moteur mais les fait durer dans le temps. Enfin avant que le moteur thermique ne se recoupe et que la voiture reparte en mode électrique. Contrairement au Jaecoo 5 ou au Dacia Duster / Bigster, ici les phases de roulage en électriques sont plutôt courtes et il est assez difficile de les faire durer.

Globalement, le Toyota RAV4 se montre plutôt agréable lorsque l’on ne demande pas trop au moteur. En effleurant la pédale d’accélérateur et en anticipant bien comme il faut les ralentissements, le SUV se montre très agréable. Il offre une direction douce et précise. Mais il n’aime pas être brusqué, tant à l’accélération qu’au freinage ou dans les virages. En effet, si accélérer pied au plancher fera rugir le moteur sans faire monter le tachymètre (donc inutile au possible), freiner trop fort ou tourner de façon trop dynamique ne donnera aucune satisfaction. Les mouvements de caisses seront trop marqués, tant en longitudinal qu’en latéral. Cependant en y allant « modérément », le RAV4 offre un bel amortissement mais un soupçon de roulis trop prononcé dans les ronds-points.

Et si le paragraphe précédent est largement basé sur un ressenti personnel une fois au volant, la suite de ce paragraphe est un retour unanime. POURQUOI AUTANT DE BIPS partout ? C’est absolument insupportable. Il y a les bips après la lecture automatique des panneaux, ceux qui détectent un changement de vitesse, ceux qui disent que vous allez trop vite, ceux qui surveillent les angles morts, ceux qui vous surveillent vous (et qui n’acceptent pas que vous regardiez l’écran central, vos rétroviseurs extérieurs ou vos angles morts). Et tous ces petits bips ne se désactivent soit pat du tout, soit pas facilement. Et ajoutez à cet orchestre cacophonique les bips « inconnus » et vous aurez un mal de crâne assuré à chaque trajet…. C’est véritablement dommage parce que cela entâche fortement l’expérience très positive au quotidien.

Toyota RAV4, cher face à la concurrence

Le Toyota RAV4 de sixième génération se confronte à un marché toujours plus fort. D’un côté, on retrouve le Dacia Bigster qui jouent également sur le côté baroudeur. De l’autre, on retrouve tous les SUV qui n’essayent plus d’être baroudeurs : Renault Austral E-Tech, Citroën C5 Aircross, Jaecoo 7, Hyundai Tucson, VW Tiguan, Skoda Kamiq/Elroq… Offrant des performances similaires, des équipements parfois plus modernes et des motorisations aussi diverses, le marché des SUV est un peu saturé et le Toyota RAV4 a avant tout un gros atout, sa renommée planétaire !

Le Toyota RAV4 démarre à 45.950 €. En finition Graphic et avec sa seule option disponible la peinture, notre modèle d’essai reviendra à 49.850 €. En face, un Dacia Bigster équivalent offrira 35 ch mais il tourne au GPL avec la motorisation tribrid 150. Un Renault Austral partagera presque le même gabarit (-9 cm) mais jouera sur un confort de conduite tout autre. Le Citroën C5 Aircross n’offrira que 145 ch via une hybridation légère mhev. Une puissance largement en retrait mais le Citroën jouera avant tout la carte du confort ! Le Jaecoo 7 frappe fort avec un prix d’attaque assez bas et un équipement très complet. Lui aussi mesure 10 cm de moins que le Toyota (4.5 m).

Le Volkswagen Tiguan joue la carte du haut de gamme et réduit ses attributs en dehors des routes mais rassurera peut être plus par son blason chez certains clients. Le Skoda Kodiaq offrira 10 cm de plus que le Toyota RAV4 mais sera le seul SUV hybride mhev du constructeur tchèque.

  • Jaecoo 7 Hybride Exclusive 224 ch – 32.890 €
  • Dacia Bigster Extreme tribrid 150 ch – 35.350 €
  • Citroën C5 Aircross PLUS 145 ch – 40.070 €
  • Renault Austral Techno full hybrid E-Tech 200 ch – 46.350 €
  • Toyota RAV4 Graphic 185 ch – 49.850 €
  • Skoda Kodiaq Plus 150 ch – 56.800 €
  • Volkswagen Tiguan Style 204 ch – 62.650 €

Notre avis sur le Toyota RAV4 de sixième génération

Le SUV japonais confirme son côté de leader avec cette proposition cohérente et compatible du monde entier. Le RAV4 amène à la fois de la modernité par son style et un côté rassurant par sa motorisation connue. Le Toyota ne se révolutionne pas mais se modernise en douceur, sans aller brusquer des clients acquis de longue date. La consommation est maitrisée, le confort de conduite devient vraiment bon. Une nouvelle fois, la conduite dynamique ne sera pas son fort mais ce n’est pas le but. La recette semble être conservée pour transformer le Toyota RAV4 de sixième génération en succès commercial, encore une fois. Restera évidemment la question du prix. En effet, le Toyota arrive presque en haut du panier, et la concurrence chinoise n’a jamais été aussi bien armée pour le contrer.

Les +Les –
Le style moderniséLa gestion de la boite CVT
Le ConfortLe prix
Les consommations maitriséesL’équipement technologiques un peu à la traine

Texte et photos : Antoine
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