Nous avions essayé le Renault Austral à sa sortie il y a quelques années. Trois années plus tard seulement, le SUV qui devait détrôner le 3008 passe par la case restylage (tout comme son grand frère l’Espace) pour se rapprocher un peu plus du dernier né côté grand SUV, le Rafale. Il faut dire que le style Renault a bien évolué ces derniers mois, passant de plutôt rondouillet à très acéré. Nous partons ainsi à la découverte du Renault Austral restylé, pour (re)découvrir un des SUV généraliste les plus aboutis de la production actuelle. Essai Renault Austral 2025 : vent de renouveau.

Renault Austral : modernisation extérieure
Si le gabarit général n’a pas changé, le Renault Austral s’est assurément modernisé. Les designers de chez Renault ont modifié les faces avant et arrière pour les aligner avec les nouveautés de la gamme classique : Rafale, Captur et Symbioz en tête. On en profite pour supprimer les anciens codes stylistiques de la gamme précédente. Ainsi, les phares s’affinent et gagnent en dynamisme. Notre exemplaire disposant de l’option Matrix LED, on retrouve un très beau bandeau aluminium dans les phares, constellé de dizaines de petits logo Renault.

Le capot ne recouvre plus la calandre et les optiques pour des raisons d’homologation et de sécurité. Il est issu du Rafale directement. La pièce de couleur carrosserie qui recouvre la calandre et les phares ne dispose plus d’une encoche pour le logo. Ce dernier migre intégralement dans la calandre et se fait plus discret (et plus moderne). Moins discrète par contre, la calandre et ses dizaines de logo Renault qui en impose. On retrouve également de nouveaux feux de jours LED, qui rappellent une nouvelle fois le logo de la marque.

Le profil ne change pas ou peu, et reste identique à la phase 1. Notons tout de même les jantes de notre modèle d’essai en finition Esprit Alpine, nommées Altitude. Également présents mais moins visibles, les plastiques anti gravillonnage sous les bas de caisse. A l’arrière, les changements sont moins nombreux qu’à l’avant mais pas moins visibles. Les feux redessinés offrent de la modernité à l’Austral, tout comme le logo « flat design ». Le Renault Austral perd son « E » du lettrage « Austral E » tech pour un simple Austral. Enfin, comment ne pas aborder la nouvelle couleur « Bleu Outre-mer » qui n’est pas sans rappeler la couleur « Bleu Obsession » du Peugeot 3008.

Un intérieur toujours tiré à quatre épingles
A l’intérieur, les changements sont moins marqués. Ce n’est pas un mal puisque les dernières créations de la marque au losange reprennent toujours le même style de planche et d’implantation du système multimédia. La sensation de voiture bien finie est toujours présente, mélangeant dans notre finition Esprit Alpine les matériaux pour un résultat très réussi. On retrouve de la suédine, du cuir, du simili cuir et des tissus chinés pour un résultat très cohérent. On n’a pas la modernité d’un Peugeot 3008, mais tout ce qui doit être accessible l’est, et se retrouve facilement manipulable. Notons également la présence de sièges avants repensés et plus ergonomiques. Ils offrent à la fois un meilleur confort et un meilleur maintien.

Ces sièges disposent de surpiqures Bleu Blanc Rouge sur notre finition Esprit Alpine. Le A de la marque Alpine est brodé en bleu sur le siège. C’est un peu dommage que le siège ne proviennent pas du Rafale qui disposait d’un A à la couleur changeante selon l’éclairage d’ambiance choisi. Enfin, les ceintures de sécurités disposent de deux liserés bleus permettant de se démarque du sempiternel noir.

Côté système multimédia, on retrouve le double écran en forme de L, reprenant un écran 12″ pour le combiné d’instrumentation et un seconde écran de 12″ orienté vers le conducteur pour l’écran central (9.3″ pour la finition entrée de gamme). Toujours propulsé par Android Automotive, ce système Open R Link se montre toujours aussi réactif et intuitif. Il est dommage cependant que la connexion Android Auto sans fil ne se fasse de façon automatique que moteur coupé. Si vous démarrez le moteur avant d’allumer votre Bluetooth, la connexion ne se fera ni automatiquement, ni en roulant…. Très agaçant à l’usage, surtout pour quelque chose qui sait être automatique, donc sans distraction pour le conducteur…

Parlant de distraction pour le conducteur, abordons cette caméra dans le montant de pare-brise côté conducteur. Vendue par Renault comme caméra de reconnaissance faciale pour faciliter les réglages (ce qui n’a pas fonctionné chez nous), c’est avant tout une nouvelle caméra de surveillance du conducteur. Elle n’est au choix d’aucun constructeur puisque réglementaire pour les véhicules neufs vendus en Europe.

A l’arrière, les passagers profitons d’une place largement suffisante, même à la place centrale. La banquette coulissante (1/3 2/3) sur 16 cm et inclinable est de série sur notre finition Esprit Alpine. Ce sera en option sur la finition Techno et n’existera pas sur la finition Evolution. Deux ports USB-C et une prise 12V seront proposés aux passagers (comme à l’avant d’ailleurs). Le toit vitré ne profite pas de la technologie Solar Bay des Scenic et Rafale, dommage. Le coffre plafonne à 527 L, soit dans la moyenne de la catégorie. Cela monte à 1.736 L une fois la banquette rabattue. Une partie du rangement sous le plancher est largement amputée par le caisson de basse de la sono Harman Kardon (en option à 1.000 €).

Renault Austral phase 2 : moins dynamique mais plus confortable ?
Si vous commandez un Renault Austral en cette fin 2025, une seule motorisation vous sera proposée. Il s’agit du 1.2 L turbo E-Tech 200 ch. Ce bloc motopropulseur se compose d’un moteur thermique et de deux moteurs électriques. Le moteur thermique développe seul 130 ch et 205 Nm alors que le moteur électrique principal développe 70 ch et 205 Nm de couple. Le second moteur électrique de 25 ch sert d’alterno démarreur pour démarrer le thermique ou pour recharger la batterie lorsque le moteur thermique tourne à régime stabilisé. La batterie dispose de 2 kWh d’énergie, et se remplit petit à petit à chaque décélération.

Les 200 ch combinés passent aux roues avant via la complexe boîte de vitesses. Cette boîte à crabots dispose de 4 rapports pour le moteur thermique, 2 pour le moteur électrique et 2 ‘neutres’ permettant de jouer entre les différentes combinaisons. Il en résulte 15 combinaisons différentes. Renault annonce avoir travaillé sur le lissage des rapports pour limiter les à-coups de la phase 1, typiques des boîtes à crabots. Les performances annoncées sont plutôt très correctes avec un 0 à 100 km/h effectué en 8.4 secondes. Concernant la vitesse maximale, il faudra compter sur 180 km/h. Les rejets de C02 sont maitrisés avec seulement 110 gr/km. Un très beau score qui permet à l’Austral de se passer de malus écologique, nous y reviendrons.

Côté châssis, le passage de la phase 1 à la phase 2 s’accompagne de quelques modifications. L’amortissement est repensé pour plus de confort mais le passage aux jantes en 20″ contrebalance un peu les bénéfices. Tant qu’on est sur un billard, c’est mieux, mais chaque changement d’aspérité se fera ressentir par les jantes et les pneus à flancs moins hauts. Il en résulte une auto qui semble plus molle (prise de roulis notamment), tout en étant plus violente dans les changement d’aspérité (raccords, dos d’âne, chaussée dégradée, etc). C’est assez contradictoire….

Cependant le confort s’améliore également via la boîte de vitesses et l’insonorisation. On en parlait juste au-dessus, les ingénieurs et metteurs au point de chez Renault ont lissé quelque peu les passages des rapports. Cela se traduit par un peu plus de douceur. Malgré tout, quelques à-coups subsistent, notamment au freinage nous revenons dessus juste après. L’insonorisation s’améliore également grâce à l’apparition de vitrage feuilleté et de nouveaux joints de vitres, plus efficients. L’insonorisation a été également été revue sous le capot avec un nouvel isolant et des supports moteurs revus.
Le résultat est certes en progrès, mais pourrait être mieux lorsque le moteur thermique démarre en ville alors qu’il est froid. Il passe alors en mode « cold start » et tourne plus haut dans les tours. Rien d’anormal me direz-vous ? Oui, mais le moteur se coupe au bout de quelques secondes pour revenir en mode électrique. La voiture continue silencieusement et le prochain démarrage se refait en mode « cold start ». Et ainsi de suite jusqu’à ce que le moteur se retrouve enfin à température. C’est assez bruyant et vraiment peu agréable, surtout que ce petit jeu peut durer longtemps en ville. Par contre, rien à dire sur les phases de roulage en électrique qui sont très agréables, et de bonne durée.

Sur autoroute ou au-delà de 70 km/h, il devient difficile de déterminer sur le moteur thermique tourne ou pas. Les transitions sont quasi imperceptibles tant à la pédale qu’à l’oreille. La consommation sur un trajet mixte en Ile de France se traduire par un beau 4.8 L/100 km (4.7 L homologué). Sur la totalité de l’essai (600 km), nous avons consommé en moyenne 5.8 L/100 km, dont 380 km d’autoroute.

Enfin, abordons pour moi les deux points bloquants dans cette voiture : le ressenti à la pédale de frein et dans les pneumatiques. Le freinage tout d’abord, le ressenti de la pédale est absolument abjecte ! La pédale vibre, tressaute, donne des à-coups selon que la voiture freine avec les disques et plaquettes ou le moteur électrique. Selon que la boîte de vitesses se trouve dans l’une ou l’autre de ses 15 configurations, vous n’avez pas le même ressenti. Et si elle change au milieu pendant un freinage (comme à l’approche d’un rond-point), c’est encore pire. Concernant les pneumatiques à faible résistance, ils sont plutôt agréables sur le sec, mais les premiers ronds-points humides ont tendance à mettre en avant leur défaut principal : ils n’ont pas vraiment d’adhérence latérale… Vous pouvez sous virer à moins de 30 km/h.
Renault Austral face à la concurrence
Le grand SUV de Renault démarre à 41.800 € en finition Evolution. La finition Techno démarrera à 43.000€ alors que notre finition Esprit Alpine s’échangera à partir de 45.900€. Ajoutez à cela les quelques options de notre modèle d’essai comme la sono Harman Kardon (1.000 €), le toit panoramique (1.000 €) le 4Control Advanced (1.500 €), le Pack parking 360 (800 €), les phares LED matrix vision (1.000 €) ou encore la peinture bicolore Bleu Outre-mer et noir (1.400 €). Enfin, ajoutez 130 € de malus au poids (1.612 kg avec le 4Control), et vous aurez un grand total de 52.730 €.

En face, la concurrence est forte avec plusieurs ténors du marché. On retrouve naturellement le Peugeot 3008 ainsi que les cousins Opel Grandland et Citroën C5 Aircross. Tous plus récents, ils partagent le même moteur 3 cylindres mildhybrid 145 ch. Côté coréen, le Hyundai Tucson et le Kia Sportage écrasent le marché européen. Ils sont disponibles avec une motorisation hybride 1.6 turbo 210 et 215ch. Enfin, un autre duo est présent sur le marché avec le Volkswagen Tiguan et son grand cousin Skoda Kodiaq. Tous les deux utilisent le moteur hybride 150ch.







Côté tarification à équipements au plus proche et tous malus 2025 inclus, nous retrouvons le classement suivant :
- Citroën C5 Aircross MAX, 145ch : 44.980 €
- Opel GrandLand GS, 145 ch : 46.204 €
- Peugeot 3008 GT, 145 ch : 46.980 €
- KIA Sportage GT-Line, 210 ch : 50.290 €
- Hyundai Tucson N-Executive, 215 ch : 51.798 €
- Renault Austral E-Tech Esprit Alpine, 200 ch : 52.730 €
- Skoda Kodiaq Plus Suite, 150 ch : 59.529 €
- Volkswagen Tiguan R-Line, 150 ch : 66.131 €
Notre avis après quelques jours à bord

Le Renault Austral Phase 2 soigne sa présentation pour devenir encore plus convaincant. Le style beaucoup plus moderne lui donne une seconde jeunesse, sans tomber dans la surenchère de lignes en tout genre. Les quelques défauts de la première version ont été globalement corrigés. D’autant que ce restylage ne s’accompagne pas d’une hausse de prix. Nous sommes à -6.000 € par rapport au modèle très similaire de notre premier essai… Cependant, on ne peut se demander ce que donnerait cette auto sans toutes les réglementations et ces normes. On aimerait voir cet Austral avec une meilleure monte pneumatique, moins orientée économie et plus axée sur l’adhérence. Cependant, l’élève a dépassé le maitre : le Renault Austral phase 2 offre une meilleure synthèse globale que le Peugeot 3008 III.
| Les + | Les – |
| Le vent de fraicheur sur le style | Le feeling de la pédale de frein |
| La présentation intérieure | Le choix de pneumatiques |
| Les consommations maitrisées | Le prix plutôt salé |




































Texte et photos : Antoine
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