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Essai Renault 5 Evolution : moins iconic, mais pas moins bien !

Six mois après avoir découvert la Renault 5 dans sa finition Iconic avec le moteur de 150 ch et la grosse batterie de 52 kWh, nous avons décidé d’essayer l’ultime opposé, la Renault 5 Evolution. Il s’agit de la version entrée de gamme en attendant l’arrivée de la Renault Five. Avec 30 ch de moins et une batterie de « seulement » 40 kWh par rapport à sa sœur Iconic, elle semble se destiner encore plus à la ville. Elle promet un prix d’achat moins élevé et des prestations toujours à la hauteur. Nous en prenons le volant pour une semaine d’utilisation urbaine / péri-urbaine pour en découvrir toutes les facettes. Essai Renault 5 Evolution : moins iconic, mais pas moins bien !

Moins clinquante, mais toujours aussi mignonne

Dans les grandes lignes, nous ne découvrons pas de nouvelle voiture avec cet essai de la finition Evolution. Pourtant, cette nouvelle version se différencie beaucoup dans les détails, de la version Iconic que nous avions essayée en janvier. Les plastiques de couleur noir brillant sont remplacés par des plastiques grainés. Tant mieux, ils se rayeront moins à l’usage. Ainsi les élargisseurs d’ailes, les jupes latérales, le jonc qui fait le tour du toit, la « lame » avant, le bandeau arrière, tout cela passe dans une couleur et une matière plus « mat » et moins fragiles. Seuls les rétroviseurs restent peint en noir brillant.

D’autres éléments visant à réduire les coûts se révèlent plus ou moins bien réussis et intégrés. Dans les plutôt bien réussi, nous notons les optiques avant et le remplacement de l’indicateur de charge sur le capot. Les phares passent d’un design d’optique et de forme de LED très travaillé à quelque chose de plus simple, utilisant ce que l’on appelle les EcoLED. Globalement vous avez une « ampoule » LED au lieu d’un faisceau de LED. C’est discret et bien intégré mais rend la 5 un peu moins technologique. Normal, il y a la finition Techno et Iconic pour ça. L’indicateur de charge sur le capot laisse place à une pièce décorative reprenant le même design. L’esprit reste là et ça ne dénature pas le style.

Les enjoliveurs en 18 pouces sont très réussis. Pour une fois qu’une entrée de gamme ne se cantonne pas à des enjoliveurs minuscules ou des jantes « tôle » nues. Cela change absolument tout. Je trouve cependant dommage l’usage de jante en tôle qui ne se cachent pas sous l’enjoliveur comme c’était le cas sur les Clio IV et Clio V. Le dernier élément différenciant la Renault 5 Evolution des Renault 5 Techno ou Iconic sera l’antenne. D’un antenne cachée sous une petite dérive « requin », on passe à une antenne tout flasque en plastique. L’intégration et la qualité perçue sont tout bonnement indignes du reste de la voiture.

Renault 5 Evolution : l’intérieur est le même, mais en différent

Lorsque vous ouvrez la porte, vous n’êtes pas perdus si vous connaissez déjà la Renault 5 ou bien même l’univers Renault. La présentation générale est identique, mais comme à l’extérieur, les économies sont en partie passer par ici. Par exemple, la console centrale disparait au profit d’un bac de rangement. Le pied de planche de bord reprend la forme d’une grille de musique (non sans rappeler la Super 5) et cache haut-parleur ou micro pour le téléphone et la commande vocale. 

Les sièges en tissu sont très agréables à l’œil et plutôt confortables. L’assise est ferme mais rien d’insurmontable. A l’avant, les sièges sont à réglages manuels et même chauffants (en option à 400 €). Le volant passe du cuir au plastique mais conserve ses commandes en noir brillant. Concernant les sièges arrières, on retrouve les même défauts que sur toutes les R5 : il y a peu d’accessibilité et la place aux jambes n’était pas la priorité…

Les poignées de portes troquent le plastique noir brillant pour du plastique grainé plus traditionnel. Les contre portes et la planche de bord passent également au plastique, mais ce n’est pas un mal. On retrouve un plastique texturé blanc moucheté, en matière recyclée. Et c’est plutôt réussi car la forme de ces éléments restent la même qu’importe la finition. On n’a pas l’impression de descendre en gamme, mais juste d’avoir une proposition de couleurs et matériaux différente. La R5 Iconic était un peu sombre malgré les siège couleur moutarde, ici le blanc et le gris modernisent l’intérieur.

Côté connectivité et écran, on retrouve le double écran. Le combiné d’instrumentation mesure 7 pouces de large (contre 10 dans la version Iconic) alors que l’écran central mesure lui 10.1 pouces. L’interface n’utilise plus Android Automotive, mais le système « Renault / Dacia« . C’est simple et elle semble reprise « telle quelle » de chez Dacia. A moins que ce ne soit l’inverse. L’ensemble fonctionne bien, mais il est dommage que le smartphone ne puisse se reconnecter tout seul en connexion Android Auto / Apple Car Play sans fil. A chaque fois, il faut demander à la voiture de se reconnecter, mais ne surtout pas être en mouvement… On retrouvera également deux prises USB C et une prise 12V.

Renault 5 Evolution Autonomie Urbain : les caractéristiques

Notre modèle du jour est propulsé par un moteur électrique de 120 ch et 225 Nm de couple, associé à une batterie de 40 kWh. Cette batterie peut se recharger à une puissance maximale de 80 kW. Renault fait ici le choix d’une charge rapide « plus lente » que la moyenne. Ce choix permettra au client de baisser sa facture d’achat tout en permettant une recharge décente pour les longs trajets. Ainsi, la grosse citadine peut récupérer 70 % de sa batterie en seulement 30 min. L’autonomie annoncée est de 312 km. Bien que cela paraisse peu, nous avons réussi à faire mieux comme nous vous l’expliquons plus tard. Le 0 à 100 km/h est réalisé en 9 secondes, et la vitesse maximale est limitée à 150 km/h pour préserver une autonomie « décente ».

On retrouve donc sur cette version Evolution le pack batterie qui équipera la version Five, avec le moteur de la Techno. Une alternative plutôt intéressante compte tenu des performances suffisantes et du gain de poids induit par la batterie. On compte environ 100 kg d’écart, de quoi voir une vraie différence à l’usage.

Le dynamisme reste de rigueur sur la route

Notre exemplaire d’essai disposant d’une batterie que Renault qualifie « d’urbaine », nous sommes donc restés pour une fois en Ile de France. Comme grand nombre de franciliens, nous n’avons pas de quoi recharger dans notre appartement. Ainsi, ce sera nous, la Renault 5 Evolution, et les bornes de recharge extérieures.

La grosse citadine se montre un peu ferme au niveau de l’assise, mais plutôt bien suspendue. Il en résulte un confort très correct et un bon maintien dans le siège. Le plus étonnant au volant de cette Renault 5 Evolution de 120 ch, c’est son dynamisme. Le réglage de la cartographie des pédales d’accélérateur et des freins est typé très « dynamique ». Peut-être même trop pour la pédale de frein, qui offre une course de pédale proche du nul. Le freinage est très puissant, de quoi surprendre le conducteur, mais aussi les passagers et les conducteurs se situant derrière. Cela nécessitera un petit temps d’adaptation.

En bonne citadine, la Renault 5 Evolution profite d’un bon rayon de braquage (10.3 m). Bien que la valeur ne soit pas mauvaise, on a l’impression que les ingénieurs Renault auraient pu mieux faire. Cela vient surtout des lignes de la voiture donnant un look sympa mais une hauteur de caisse élevé. Du coup, la distance roue / trottoir devient difficile à évaluer, et on prend des précautions supplémentaires. J’imagine qu’on finirait par s’y faire. La rétrovision est toujours aussi compliqué du fait des gros montants C et de la petite lunette arrière. L’absence de caméra de recul lors des manœuvres se fait sentir dans certains stationnements aux dimensions…. restreintes.

Il n’y a que deux modes de conduites qui vous sont proposés. Le premier, D, vous donnera l’impression de conduire une voiture « thermique » avec un freinage régénératif simulant celui d’un moteur thermique. Le deuxième mode, B pour Brake, permettra presque de conduire à une pédale. Ce n’est pas un mode One Pedal et il ne permettra pas de s’arrêter. Si vous aimez un peu anticiper lorsque vous conduisez, le mode D se révèlera le plus adapté. En plus d’une conduite plus sereine (pour ce que cela peut être en Ile de France), cela vous fera baisser la consommation.

Et niveau consommation, la petite Renault 5 est plutôt frugale. Du moins dans l’usage péri-urbain. Sur de nombreux trajets en Ile de France mêlant ville et voie rapide jusque 110 km/h, nous avons consommé moins de … 10 kWh / 100 km. Un score très impressionnant. Avec la climatisation, il faudra compter sur 12 kWh / 100 km. Par contre, au-delà de 110 km/h la consommation s’envole vers les 17/18 kWh / 100 km en moyenne. De quoi réduire drastiquement l’autonomie. La faute est à trouver, hélas, du côté de son physique de parpaing et de ses dimensions…. Ainsi nous aurons réalisé plus de 350 km avant d’aller recharger notre voiture d’essai sur une borne rapide. La valeur de charge sera atteinte et les promesses d’un arrêt rapide de 30 min seront respectées. Et 30 minutes une fois par semaine le temps de faire ses courses, c’est tout à fait acceptable.

Renault 5 Evolution : prix et concurrence

Si à l’époque de la Renault Zoé, la concurrence était quasiment inexistante sur le marché des citadines électriques, cela a bien changé. On retrouve désormais en face de la Renault 5 Evolution des autos comme la Fiat Grande Panda, la Citroën ë-C3 ou la Peugeot e208 entrée de gamme.

Concernant la Renault 5 Evolution, son tarif démarre à 27.990 €. On ajoutera encore quelques options comme la peinture ou les sièges avants chauffants, ainsi que les pneus 4 saisons de notre modèle d’essai pour un total de… 29.240 € Et cela reste très haut, surtout face à la concurrence.

La Peugeot e-208 Style démarre à 28.750 € avec son moteur de 136 ch et sa batterie de 50 kW. Elle offre 363 km d’autonomie en cycle WLTP. Les Citroën ë-C3 et Fiat Grande Panda sont des cousines qui se cachent à peine. La première est disponible contre 25.500 € en finition PLUS (intermédiaire). Avec 113 ch et une batterie de 44 kWh, elle offre théoriquement 324 km d’autonomie. De son côté, la Fiat Grande Panda RED s’offre contre 23.400 € avec des caractéristiques similaires. La finition La Prima plus fun et plus colorée s’offre même sous le prix de la Renault 5 Evolution (27.900 €).

Notre avis après une semaine

Renault 5 Evolution

Après avoir essayé les versions Iconic et Evolution en moins de six mois, j’ai vu une vraie approche différente entre les deux  véhicules. Dans les deux cas, l’utilisation de la Renault 5 se cantonnera à un périmètre urbain ou extra urbain. Pour un usage autoroutier, les deux versions partageront la même problématiques : une autonomie beaucoup trop juste, obligeant à s’arrêter toutes les deux heures pour au moins 30 minutes…

Au final au quotidien, ma préférence va pour la petite Renault 5 Evolution, que je trouve plus équilibrée, et plus adaptée à mon usage d’une cinquantaine de kilomètres. La batterie est plus petite, mais la consommation est moindre. L’un dans l’autre c’est largement suffisant. De plus, Renault a ici assumé une version entrée de gamme et l’a travaillée sciemment. Il en résulte une auto beaucoup moins triste que les entrées de gamme habituelles, donc beaucoup plus attractive à mes yeux. Reste la question du prix, qui rend la R5 encore un peu élitiste. Oui c’est la moins chère des R5 en attendant la Five, mais cela reste au-dessus de ses concurrentes ! Et il n’est pas certains que les acheteurs craquent uniquement à cause du look, mais bel et bien grâce au prix plus bas. Et à ce petit jeu, les concurrentes ont de meilleurs arguments.

Les +Les –
Le look même en entrée de gammePrix face à la concurrence
La finitionL’autonomie très limitée sur autoroute
La consommation (en été)Les places arrières

Texte et photos : Antoine
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