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Essai Peugeot e-208 : la meilleure des 208 ?

Récemment, Antoine essayait la Mini Cooper SE. La Peugeot 208 a tellement évoluée entre deux générations qu’on se dit qu’elle pourrait entrer en concurrence avec elle. Donc juste à temps, on essaye la voiture de l’année 2020, et avec sa motorisation la plus puissante : l’électrique ! Chez un constructeur qui a fait des GTi une spécialité, on entend déjà des hurlements… Essai Peugeot e-208 : la meilleure des 208 ?

Une électrique comme les autres ?

Impossible de proposer des offres identiques entre les constructeurs tant les stratégies diffèrent. Modèle 100% spécifique (Zoé, ID.3, 500e…), légèrement modifié (Mini Cooper SE, Kona EV, …) ou quasi identiques aux versions thermiques (eGolf, e-Up!, …). La plupart, en revanche, laissent le choix entre plusieurs puissances de moteur et différentes tailles de batteries, pour adapter l’autonomie à ses besoins.

Le style acéré de la 208 vous plait ? Pas de dépaysement : des monogrammes « e » qui hésitent entre le vert et le bleu, une calandre couleur carrosserie au lieu de chromée et des jantes plus aérodynamiques font la différence. A bord, aucune différence à part les couleurs dans les écrans, le coffre ayant même réussi à rester identique.

L’offre moteur de la 208 « classique » étant déjà réduite à sa plus simple expression, la Peugeot e-208 ne fait pas exception… Une seule motorisation de 100 kW (136 ch) et une seule taille de batterie (50 kWh) qui annonce, officiellement, 340 km avec une charge… Réaliste ?

Peugeot e-208 : e-xcitante ?

On apprécie très rapidement le bon maintien des sièges, creusés sur cette version GT. Implantés très bas, ils vont de pair avec les suspensions confortables et jamais sèches, même avec les jantes 17’’.

La planche de bord est moderne bien qu’un peu chargée, avec des éléments qui semblent rajoutés à l’ensemble, mais on se sent vite bien à bord. Les éclairages d’ambiance sont personnalisables, les rangements nombreux et pratiques, à l’instar du volet de console central qui sert de porte smartphone. Puisqu’on parle smartphone, il y a 3 prises USB (dont une USB-C) mais pas encore de CarPlay sans fil et la recharge sans fil n’a rien qui indique si le téléphone est en charge ou non (même une 500e le propose…).

Quoiqu’il en soit, les assemblages et les matériaux sont corrects, particulièrement l’Alcantara des sièges qui, en plus, est joli.

La plus moderne des citadines !

Les compteurs 3D sont censés être plus sécurisant avec une hiérarchisation des messages affichés, mais c’est surtout de la modernité en plus dans cet habitacle qui en regorge déjà ! C’est joli à regarder, surtout la nuit ou il en devient captivant. On regrette par contre que l’affichage ne soit pas aussi exhaustif que sur l’écran central. Par exemple la navigation ne donnera pas l’heure d’arrivée et le kilométrage restant… Dommage, d’autant plus que l’écran n’est pas des plus réactifs. Ces soucis de cohérence concernent également la climatisation. Les deux températures affichées de chaque côté de l’écran laissent logiquement penser que la climatisation est bi-zone. Alors que non, elle est monozone. A l’inverse, l’écran central n’affichera jamais l’autonomie restante même dans le menu « Electrique » !

Autres points agaçants, la caméra de recul avec une qualité d’image très moyenne et qui se salit très vite. Et aussi la commande vocale qui n’aura pas compris un seul mot prononcé pendant l’essai. Heureusement, toutes les technologies ne sont pas à jeter. C’est le cas notamment de la conduite semi-autonome, car oui, une citadine d’aujourd’hui peut l’avoir. Le système vous gardera tout seul dans votre file en adaptant la vitesse à la voiture de devant, demandant de temps en temps si vous avez toujours les mains sur le volant. Au quotidien c’est franchement plaisant.

Apparu sur son ancêtre, la 208 ne déroge pas au petit volant. Toujours aussi plaisant à manier et qui apporte une petite dose de dynamisme en plus.

Peugeot e-208 : un comportement digne d’une grande !

Les démarrages sont souples et vigoureux, mais il ne faut pas s’attendre à être collé au siège. Le moteur assure malgré tout de belles relances jusqu’à 90, où il s’essouffle ensuite. Il n’empêche qu’une conduite soutenue est envisageable et donne le sourire, surtout avec un châssis pareil !

Car oui, malgré son embonpoint de 350 kg qui pourrait avoir des conséquences dramatiques en terme de comportement, c’est la 208 la plus réussie en terme de comportement dynamique. Les suspensions font un travail remarquable, avec le fameux équilibre confort/tenue de route qui est maitrisé. Le seul reproche en conduite pure sera le freinage, avec une pédale désagréable, qui manque de mordant et dont la consistance donne l’impression de devoir « enfoncer loin » pour freiner correctement.

Malgré cela, on a envie de rouler encore et encore avec le mode SPORT pour tirer le maximum de ce châssis. Pour parfaire le tout, Peugeot a eu la bonne idée de garder des Michelin Pilot Sport, c’est peut-être moins bien pour l’autonomie mais beaucoup mieux pour le plaisir !

Mode d’emploi…

Puisque que j’aborde le mode SPORT, les modes de conduite ne font pas qu’agir sur le moteur :

  • Le mode ECO va brider tous les équipements énergivores, avec par exemple moins de chauffage et pas de sièges chauffants. La puissance maximale sera de 60 kW et 180 Nm de couple
  • NORMAL sera le mode par défaut au démarrage avec 80 kW et 220 Nm de couple
  • Le mode SPORT délivrera toute la puissance annoncée, avec 100 kW et 260 Nm de couple. Il y aura également une direction plus ferme. Par chance nous n’avons pas de faux son par les haut-parleurs, l’honneur est sauf !

Autre personnalisation possible en plus des 3 modes précédents, le mode BRAKE. Il va apporter un freinage régénératif plus fort et permettra d’utiliser moins souvent les freins.

Des regrets malgré tout avec ce mode. Il n’est pas possible de conduire avec une seule pédale comme une Nissan Leaf, surtout sur les derniers mètres. En cas de manœuvre, il s’enlève si vous mettez en Neutre ou en marche arrière et ne reviendra pas en Drive, il faudra le ré-enclencher… Et dernier point désagréable, il ne fonctionne pas batterie pleine ! On peut comprendre que la batterie ne prenne pas d’énergie en plus, mais une astuce pour assurer les ralentissements aurait été la bienvenue, surtout quand on s’attend à ce qu’il entre en fonction et que le mode est bien affiché au tableau de bord. Quelques kilomètres après il sera opérationnel sans prévenir… Et il faudra le remettre à chaque démarrage.

Le confort global est bon, avec une vraie maitrise de tous les bruits parasites : le mobilier ne grince pas, les bruits d’airs et de roulement sont absents jusqu’à 110 km/h et le moteur ne remonte que très peu de bourdonnements… C’est aussi pour ça qu’on achète une électrique, et c’est ici bien réalisé.

Peugeot e-208, et l’autonomie dans tout ça ?

C’est clairement LE point déterminant sur une voiture électrique et un des principaux critère d’achat pour les clients. Sur la Peugeot e-208, les 340 km semblent atteignables, mais sous certaines conditions seulement.

L’autonomie est incertaine et dure à cerner, particulièrement avec un essai de courte durée… La météo est déterminante, avec une barre fatidique à 10°. Le rayon d’action est très limité une fois en-dessous ! L’accès aux superchargeurs de 100 kW est possible (80% de la batterie récupérés en 30 mn), mais deux problématiques sont à prendre en compte : en trouver un qui fonctionne et qui soit disponible. Nos tentatives sur cet essai ont toutes été infructueuses ! Les hautes instances poussent les véhicules électriques mais le reste ne suit pas, un comble… Et si c’était Tesla qui avait raison avec son réseau propre ?

Toujours est-il que dans ce cas et pour un essai de courte durée, c’est anxiogène. Je pense qu’avec l’habitude au quotidien et sur des trajets « connus » cette peur de la panne sèche s’estompera… On souhaite bien du courage à ceux qui voudraient traverser la France en électrique ! Dommage car sur tout le reste la Peugeot e-208 en est largement capable, avec des prestations qui se rapprochent du segment supérieur.

Durant le test, nous avons fait le grand écart. Le maximum atteint était 300 km en mode ECO avec une conduite “normale” et 15° à l’extérieur : pas loin des données officielles et suffisant dans la plupart des trajets.

A l’inverse, un trajet sous la pluie avec 5° ambiants indiquait au maximum 180 km… Aïe. Et abuser du mode SPORT est sévèrement puni par plusieurs kilomètres d’autonomie en moins à chaque vrai kilomètre parcouru… Mais sur ce point, une thermique fera pareil. En conséquence, à moins d’anticiper parfaitement la météo du lendemain et d’être certain qu’aucun imprévu ne viendra ponctuer votre journée, une recharge quotidienne s’imposera.

On recharge comment ?

La recharge pourra être pilotée à distance avec son téléphone ou programmée depuis l’écran de la voiture. C’est franchement pratique en cas d’heures creuses. Autre point pratique de l’application, la possibilité de préchauffer l’habitacle à distance, tous les jours à la même heure ou ponctuellement avant d’arriver à la voiture, qu’elle soit branchée ou non.

Les charges varient en fonction de la prise : une Wallbox rendra les 100% en 7h30, 16h pour une prise type Green’up et on ne parle même pas du temps sur une prise classique… Sur notre essai la moyenne de consommation était à 17 kWh/100 km, une valeur très moyenne mais avec des températures peu clémentes, obligeant à rouler avec du chauffage et régulièrement avec les phares.

Alors, c’est la meilleure des 208 ?

La réponse pour cette Peugeot e-208 n’est pas si simple : oui et non.

Oui, parce que le comportement est encore mieux qu’une version thermique et qu’elle coche toutes les cases attendues par une voiture électrique : silence total, confort global. S’il s’agit d’une seconde voiture pour des trajets quotidiens elle sera parfaite. Et en plus le style est agréable et l’intérieur moderne.

Non, parce qu’avec son autonomie dure à cerner (en tout cas au début) il faudra un temps d’adaptation pour maitriser totalement ses trajets, et qu’avec les 40.000€ demandés pour notre version GT PACK, certes bien équipée et optionnée, la différence avec un PureTech 130 EAT8 facturée 10.000€ est quand même grande… Le bonus de 6.000€ réduira la différence, mais jusqu’à quand ?

Toujours est-il qu’avec ce châssis aussi réussi on se dit qu’une GTi avec un PureTech 225 ch aurait été une auto fantastique. A la place, cette version de 136 ch représente la plus puissante de la gamme… En attendant une version Peugeot Sport Engineered comme la 508 ?

Texte et photos : Laura
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