On en voit tous les jours sur les routes, pourtant nous n’avions pas encore essayé de BYD sur Virages Auto. C’est désormais chose faite avec le BYD Sealion 7. La marque chinoise leader de l’électrification continue sa domination avec toujours plus de modèles, sur quasiment tous les marchés. En France, la marque est installée depuis 2022 mais possède une expérience qui remonte à 2003, lancement de la division automobile. Forts de cette expérience et d’une industrialisation agressive, est-ce que les produits BYD sont au niveau des standards européens ? C’est ce que nous allons voir au travers de l’essai du Sealion 7. Essai BYD Sealion 7 : croisière en eaux troubles.
Un design qui ne fait pas de vagues
Si le gros SUV 7 places BYD Tang coiffe le haut de la gamme électrique BYD, c’est bien le Sealion 7 qui fait office de fer de lance pour la marque. Ce SUV coupé est clairement là pour faire de l’ombre aux acteurs du segment, Mercedes GLC ou Audi Q6 Sportback e-tron en tête de liste. Le dessin extérieur du BYD Sealion 7 n’est d’ailleurs pas sans rappeler les deux modèles précédemment cités. Les lignes sont fluides, inspirées de l’océan, d’où l’appellation faisant echo au milieu marin. Le Sealion 7 est imposant, avec une longueur de 4,83 m. L’aspect SUV est ici pleinement assumé. La caisse est surélevée et l’ajout d’arches de roues massives renforce le côté baroudeur, sans compter que le Sealion est ici grimpé sur des jantes 20 pouces.

Le gabarit global reste très volumineux, et BYD n’y est pas allé de main morte. Tout est gros et massif. Les feux avants sont imposants, les logos avant et arrière sont presque disproportionnés, les ouïes latérales sur le bouclier avant sont énormes, les rétroviseurs sont massifs, les poignées de portes rétractables sont très épaisses et l’aileron arrière est disgracieux. Bref ce BYD Sealion 7 ne joue pas dans la finesse. A l’arrière, le BYD Sealion 7 adopte même un côté « sportif » avec un diffuseur tout sauf discret et une lèvre façon ducktail sur le hayon. En revanche, il faut le reconnaitre, les feux arrière avec effet écaillé 3D sont du plus bel effet. Ils ne sont pas sans rappeler ceux d’un DS 7 et contribuent au côté agressif du profil arrière.




Si le dessin global est cohérent, les détails ne sont pas très fins. Cependant, cela peut être pris comme un gage de robustesse plutôt rassurant pour une marque qui se veut innovante sur beaucoup d’aspects. Quoi qu’il en soit, le BYD Sealion 7 ne passe pas inaperçu.

BYD Sealion 7 : entre tradition et modernité
A l’intérieur, la recette ne change pas. On est loin des créations chinoises du moment comme Xpeng ou Leapmotor. BYD joue la carte du traditionnel avec une touche de modernisme au travers de la technologie embarquée. Clairement on a l’impression de se retrouver dans une Mercedes. Le poste de conduite de ce BYD Sealion 7 est enveloppant. Les matériaux utilisés sont soignés et l’ambiance est feutrée. Toute la planche de bord ainsi que les panneaux de portes sont garnis de simili cuir épais et moelleux. Pour donner une touche chic, des plastiques imitation aluminium contrastent avec le reste très sombre et le noir laqué. L’éclairage d’ambiance apporte une dernière touche de dynamisme même si il peut faire un peu « boîte de nuit » par moment.

Fort heureusement, BYD ne cède pas (encore) au tout tactile. Le BYD Sealion 7 conserve un grand nombre de boutons et de commandes physiques malgré la présence d’un grand écran tactile. Les boutons sont par contre un peu trop nombreux par endroit, comme sur le volant ou la console centrale. De plus ils ne sont pas tous traités de la même manière. Certaines commandes sont des boutons individuels, d’autres sont dissimulés sous une surface complète. Le reste des commandes est là aussi plutôt traditionnel. On retrouve une commande de boîte de vitesses au centre de la console avec un levier impulsionnel. Les commodo derrière le volant sont eux aussi traditionnels. Ainsi personne ne sera dépaysé en montant à bord de ce BYD Sealion 7, qui allie modernité et traditions.



Capitaine de péniche
Le BYD Sealion 7 offre tout le confort nécessaire à ses occupants, même si il n’est pas exempt de points négatifs. Les sièges avant sont confortables et enveloppants. Comme à notre habitude désormais, BYD n’échappe aux fonctions de confort par défaut sur ses modèles. Ainsi les sièges sont chauffants et ventilés en plus d’être réglables électriquement. Le volant est également chauffant.

Pour le conducteur, BYD offre un grand combiné numérique de 10,25 pouces. Cependant ce dernier est très chargé graphiquement. On y retrouve beaucoup de symboles nouveaux ce qui rend la compréhension plutôt compliquée au début. De plus, ce combiné n’est pas centré face au conducteur. Pour respecter la symétrie avec le côté passager, le combiné numérique est dissimulé derrière une surface noire laquée. Cette dernière s’enfonce à chaque extrémité. Ainsi le combiné est légèrement plus loin à gauche qu’à droite, ce qui est assez disgracieux en plus de ne pas être confortable à regarder. Heureusement pour contrebalancer cette faute de conception, BYD offre un affichage tête haute d’une taille plutôt généreuse.

Pour continuer sur le poste de conduite, la position de conduite est plutôt étonnante. Même réglée au plus bas, l’assise reste très haute. Cela ne conviendra pas aux conducteurs les plus grands. La visibilité vers l’avant et les côtés est également à revoir. Les montants sont trop épais et obstruent partiellement la visibilité. Avec les panneaux de portes épais eux aussi, il est difficile de jauger les distances latérales. Idem vers l’avant à cause de l’imposant capot du Sealion 7. Heureusement le véhicule est bardé de capteurs restitués dans le grand écran tactile rotatif de 15,6 pouces. C’est la pièce maitresse de BYD puisqu’on retrouve ce même écran motorisé dans d’autres modèles du constructeur. Si cet écran est de bonne qualité, le fait de pouvoir le positionner en mode portrait ou paysage semble plutôt gadget. De plus la transition d’une position à l’autre fige l’image quelques instants avant de l’adapter au nouveau format.


Un système embarqué qui prend l’eau
Pour continuer (un peu) avec les faux pas, certains aspects du système embarqué laissent à désirer. C’est un peu comme si le système n’était pas complètement fini. Les icones et symboles utilisés dans les différents menus et pages ne sont pas homogènes et certaines icones sont utilisées pour plusieurs fonctions différentes. Les traductions françaises sont parfois incompréhensibles. La navigation embarquée annoncée comme connectée n’indique ni les embouteillages ni les travaux sur l’itinéraire. Lors d’un itinéraire sur une longue distance, le planificateur n’indique pas automatiquement les arrêts nécessaires pour charger. Ainsi un Paris – Nice se soldera sur un message « Batterie faible pour atteindre la destination ». Il faut cliquer manuellement sur un bouton pour ajouter des arrêts à l’itinéraire, une fonction qui se doit d’être automatique, ce serait logique. Autre point, un menu de personnalisation permet de choisir la couleur de la carrosserie du véhicule lorsqu’il est représenté en 3D dans certaines pages du système. Seulement ce choix ne se répercute pas partout et dans tous les écran. Encore une fois, le rendu n’est pas homogène et donne l’impression d’un système non fini.


Tous ces détails entachent une expérience pourtant plaisante à bord. Le BYD Sealion 7 est bien équipé, confortable et relativement spacieux. Le rang arrière est plutôt confortable avec une assise légèrement plus ferme qu’à l’avant mais un bel espace aux genoux. La place centrale est comme souvent à utiliser qu’en cas d’extreme nécessité puisqu’elle renferme l’accoudoir central et se montre donc peu confortable. En revanche avec l’accoudoir baissé, les passagers arrières se sentiront comme à la maison. Les sièges arrières sont également chauffants et le dossier est inclinable pour plus de confort. Le système audio Dynaudio à 12 haut-parleurs plongera tous les occupants dans un auditorium. Bien qu’il ne soit pas le meilleur système que nous ayons pu tester, il reste néanmoins efficace.



Pour parfaire l’ambiance voyage, le BYD Sealion 7 est plutôt généreux côté rangements. Le chinois dispose d’un coffre avant de 58L permettant de stocker confortablement les cables de chargement ou de petits sacs. Le coffre arrière offre lui 520L. C’est dans la moyenne du segment et c’est similaire aux concurrents allemands évoqués plus tôt dans cet essai. L’habitabilité générale est au niveau des concurrents premium en face desquels le BYD Sealion 7 se positionne. L’impression d’espace à bord est cependant moins présente que d’autres concurrents comme Xpeng ou Tesla par exemple.

BYD Sealion 7 : un comportement routier éloigné de la fiche technique
Sur la route, le BYD Sealion 7 se comporte comme un gros SUV électrique. Le comportement routier est sans surprise. Le centre de gravité relativement haut engendre beaucoup de tangage. On a l’impression de conduite un gros bateau avec beaucoup d’inertie. Notre BYD Sealion 7 d’essai est en finition Excellence AWD. Il offre 390 kW (530 ch) et 690 Nm de couple. Une énorme batterie de 91,3 kWh complète la fiche technique, offrant théoriquement jusqu’à 502 km d’autonomie en cycle mixte. Pour encaisser cette puissance et supporter le poids de 2,5 tonnes du véhicule, le chassis et la suspension ont été rigidifiés. Ainsi le BYD Sealion 7 tressaute sur les aspérités de la route. Le tressautement vertical accompagné du tangage latéral place le BYD Sealion 7 en dessous de ses concurrents qui offrent un comportement routier plus homogène.

Sur la globalité de l’essai, la conduite se révèle cependant plutôt fluide. La puissance offerte et distribuée aux quatre roues permet de déplacer le véhicule sans difficultés. Avec un 0 à 100 km/h annoncé en 4,5 secondes, le BYD Sealion 7 offre des accélérations rapides mais il manque de vivacité et d’incisivité. La faute au châssis qui semble souffrir du poids du véhicule. Lancé à pleine vitesse, le freinage est un peu flou et manque de retour d’information. Quoi qu’il en soit, BYD ne cache pas les performances de son modèle et se paie même le luxe de l’afficher sur le hayon avec un badge spécifique.

Si la cavalerie disponible induit un peu en erreur sur les objectifs du SUV, son gabarit et le confort à bord le renvoie dans le monde du premium. Et là le BYD Sealion 7 s’en sort mieux. Comme dans une berline de luxe, il n’offre que très peu de bruits d’air à haute vitesse. Cependant, quelques bruits de roulements peuvent se faire entendre par moment selon l’état des routes. Les aides à la conduite sont de bon niveau. Elles sont également disponibles dès le premier niveau de gamme. Au programme on retrouve notamment le régulateur adaptatif, la lecture de panneaux intelligente, le maintien dans la voie et l’avertissement de collision avant, arrière et latérale.
BYD Sealion 7 : une autonomie en retrait par rapport à la concurrence
Sur la route, le BYD Sealion 7 Excellence AWD offre une autonomie théorique de 502 km. C’est la plus grosse autonomie disponible sur ce modèle. La version intermédiaire Design AWD offre la plus petite autonomie avec 456 km avec une batterie de 82,5 kWh. L’entrée de gamme Comfort propulsion est la version la moins puissante mais offre une autonomie intermédiaire de 482 km. Au quotidien, le BYD Sealion 7 Excellence AWD affiche une consommation qui varie entre 19 et 23 kWh/100 km selon l’usage. C’est là son point faible. L’autonomie de la batterie, bien qu’ayant une grande capacité, se vide à vue d’œil. Il sera d’ailleurs quasi impossible de descendre sous les 18 kWh/100 km, même en ville. Le BYD Sealion 7 accuse le coup et un trajet autoroutier fera chuter l’autonomie à environ 330 km avant d’envisager une recharge.

Côté recharge, c’est plutôt très bien avec une puissance maximale de 230 kW sur cette version Excellence AWD. Grâce à une architecture électrique de plus de 500 volts, 20 minutes seulement permettent de récupérer de 20 à 80% de la charge.

Face au BYD Sealion 7, on retrouve les deux premium cités au début de cet essai. Avec ce produit, BYD vise clairement le haut de gamme allemand, avec une conception de cockpit très similaire misant sur le traditionnel plutôt que le modernisme. Les clients classiques ne seront ainsi pas trop dépaysés si ils veulent passer du côté du constructeur chinois. A équipement équivalent, le BYD Sealion 7 fait mieux niveau tarification. En revanche le comportement routier du chinois et son autonomie sont en deçà de celui du Mercedes ou de l’Audi qui affichent tous deux de meilleurs performances.


Face à lui on retrouve également de nouveaux acteurs plus discrets comme le Xpeng G6 ou le tout nouveau Mazda CX-6e. Ces derniers misent avant tout sur la technologie embarquée et l’espace à bord pour conquérir une clientèle plus jeune. Le BYD fait presque office d’ancêtre face à eux. Le prix est également en faveur des petits nouveaux avec des finitions hautes tout équipées à un tarif imbattable.


Enfin, des modèles plus traditionnels mais plus petits comme le Skoda Enyaq Coupé ou le VW ID.5 sont aussi à mettre face au BYD Sealion 7. L’autonomie est souvent légèrement supérieure à celle du chinois et le gabarit moins imposant favorisera un usage quotidien.


- BYD Sealion 7 Comfort RWD (482 km – 82,5 kWh) A partir de 46 990 €
- Mazda CX-6e Takumi Plus (607 km – 78 kWh) A partir de 49 800 €
- Xpeng G6 AWD Performance (510 km – 80,9 kWH) A partir de 50 990 €
- BYD Sealion 7 Design AWD (456 km – 82,5 kWh) A partir de 51 990 €
- Skoda Enyaq Coupé Plus 85 (590 km – 82 kWh) A partir de 54 490 €
- VW ID.5 Pro 286 Style Max (549 km – 79 kWh) A partir de 54 500 €
- BYD Sealion 7 Excellence AWD (502 km – 91,3 kWh) A partir de 56 490 €
- Mercedes GLC 400 4MATIC EQ Avantgarde Line (673 km – 94 kWh) A partir de 71 900 €
- Audi Q6 Sportback e-tron Design performance (664 km – 100 kWh) A partir de 73 300 €
Conclusion
Le BYD Sealion 7 se révèle être un choix intéressant pour les clients en quête d’une alternative aux premium allemands mais avec un tarif plus abordable. Le soin apporté à l’habitacle est proche de ce que l’on peut retrouver chez Mercedes, et c’est réussi. L’approche traditionnelle avec beaucoup de commandes physiques et un système multimédia fonctionnel, bien que perfectible, se veut rationnelle et rassurante. De plus, BYD bénéficie d’une solide expérience et d’un réseau de concessions développé, ce qui rassurera la clientèle. En revanche là où le BYD Sealion 7 pèche, c’est son autonomie, surtout au regard de celle qu’offrent ses concurrents. La faute à un poids important qui dégrade également sa tenue de route, surtout au regard de la fiche technique. Le BYD Sealion 7 est donc un produit à l’esthétique attrayante mais à la base technique imparfaite. Un meilleur châssis, une suspension revue et une autonomie en hausse en ferait un véritable bon concurrent.

Retrouvez ci-dessous la galerie photo habituelle ainsi que le tableau récapitulatif des points marquants.
| Les + | Les – |
| Cockpit traditionnel peu déroutant | Comportement routier |
| Confort général à bord et insonorisation | Autonomie |
| Equipements premium | Quelques incohérences de design |












































Texte et photos : Anthony
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