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Essai nouveau Mitsubishi Outlander PHEV : de l’électricité dans l’air

Mitsubishi renouvelle son SUV porte étendard avec une nouvelle motorisation hybride rechargeable plus efficiente. La précédente génération souffrait d’un déséquilibre dans sa motorisation, avec un gros moteur délivrant seulement 135 ch et une partie électrique pas vraiment efficace. C’est désormais corrigé avec un PHEV modernisé. Le nouveau Mitsubishi Outlander PHEV est-il ainsi aussi plaisant sur route que dans les chemins ? Convient-il aussi bien au quotidien qu’aux départs en vacances ? Essai nouveau Mitsubishi Outlander PHEV : de l’électricité dans l’air.

Comme un air de déjà vu

Au premier coup d’œil, le nouveau Mitsubishi Outlander PHEV ressemble à une… Mitsubishi. Il n’y a pas trop de doutes, tant le design n’a pas réellement changé. On retrouve la même calandre massive que sur la génération précédente, accentuée ici par des optiques à deux étages. C’est assez particulier, tant l’étage supérieur est fin et élégant tandis que l’étage inférieur est lui massif et un peu grossier. Les entourages chromés ne lui rendent pas forcément justice. C’est là encore massif et presque exagéré, surtout en combinaison de la teinte Graphite Grey de notre modèle d’essai. Il faut cependant signaler que c’est quasiment identique au Mitsubishi Engelberg Tourer Concept qui lui sert d’inspiration.

Le SUV japonais retrouve un peu de ses gènes de baroudeur avec cette nouvelle génération. Il se rapproche également d’avantage de son cousin le Pajero Sport, vendu sur d’autres marché que le notre, qui lui ressemble trait pour trait. Si le nouveau Mitsubishi Outlander ne grandit que très peu (+2cm de long), en revanche il s’élargit (+5cm) pour plus de prestance. On retrouve au programme de l’Outlander PHEV un sabot de pare-chocs avant proéminent et des jantes de 18 ou 20 pouces selon la finition. La garde au sol est en baisse et c’est bien dommage. Elle passe de 21 cm sur la génération précédente à 19 cm sur le nouveau Mitsubishi Outlander. La faute entre autre à une batterie électrique plus volumineuse qui empiète sous le plancher.

Pour le reste on est dans le domaine du connu. Les lignes sont relativement droites et tendues, alliant robustesse et modernité. La face arrière est beaucoup plus sobre. Elle ressemble beaucoup à celle des Toyota RAV4 et Highlander. Mitsubishi se la joue même sportif avec un becquet arrière. Si le nouveau Mitsubishi Outlander n’est pas moche, il n’est pas non plus transcendant. Il passe relativement inaperçu, surtout pour un modèle récent. Avec son look plus baroudeur que son prédécesseur mais sa garde au sol plus basse, il se fond facilement dans la masse.

Entre tradition et modernité

A l’intérieur également nous ne sommes pas dépaysés. Mitsubishi a à cœur l’aspect fonctionnel de son véhicule. On ne succombe pas ici à la surenchère digitale, avec des écrans toujours plus grands. Au contraire, Mitsubishi reste dans le classique avec un intérieur qui n’est pas déroutant. Tout est là où on a l’habitude de trouver les choses.

Mais Mitsubishi modernise tout de même le style de l’Outlander PHEV. On retrouve un intérieur très aérien, avec une planche de bord au design très horizontal, créant ainsi une atmosphère intérieure spacieuse. Le design, comme le choix des matériaux rappelle un peu l’univers Mazda. A l’intérieur on retrouve les mêmes touches de chrome et de noir brillant qu’à l’extérieur. Comme pour la Mercedes Classe C All-Terrain, c’est beau mais ça prend vite les traces de doigts et la poussière devient l’ennemie numéro 1. Curieux choix pour un véhicule se voulant tout terrain.

Mitsubishi se paye même le droit à quelques « folies stylistiques », comme un revêtement imitation carbone sur les commandes en portes ou encore des molettes de changement de température et de modes de conduite diamantées. Le reste des matériaux est dans la lignée du véhicule : fonctionnel. On retrouve beaucoup de plastiques durs et quelques parties moussées sur les contreportes ou la planche de bord. Quelques touches de chrome viennent apporter un peu de lumière ici et là. Il n’y a pas de fioritures, c’est bien assemblé et on espère qu’ils vieilliront bien.

Le Mitsubishi Outlander n’oublie pas ses gênes

Mitsubishi modernise le dessin de son volant, mais ce dernier accueille encore beaucoup de boutons. De fait le volant est un peu compliqué à prendre en main. Il faut un temps d’adaptation pour comprendre quelles fonctions sont présentes et comment elles fonctionnent. Les boutons, avec leur revêtement plastique, nous ramène 10 ans en arrière, mais c’est le fonctionnel qui prédomine une nouvelle fois. Pour finir, la branche est relativement épaisse, ce qui complique la maniabilité des commandes si vous avez de petites mains.

Les nombreux boutons du volant s’accompagnent de nombreux menus dans le combiné d’instrumentation. Comme sur les voitures de la dernière décennie, Mitsubishi a choisi un système embarqué où tout se règle et se personnalise via le volant dans l’écran combiné. A l’inverse l’écran central tactile ne possède lui que très peu de menus. Cela le rend plus simple à l’usage même si il souffre d’un retard en terme de performances et de style. Les animations sont lentes et les applications media ou navigation datent elles aussi de la dernière décennie. Heureusement Android Auto et Apple Carplay sont disponibles sans fil.

Pour finir, on retrouve sur la console centrale à nouveaux quelques boutons laqués noir brillant. Si c’est élégant, ce n’est définitivement pas le choix le plus pratique au quotidien. Outre les traces de doigt et la poussière déjà évoquées, les reflets du soleil sont également de la partie. On retrouve sur cette console deux boutons pour respectivement forcer la conduite en tout électrique ou encore activer le one-pedal.

Polyvalence comme maître mot

En terme de confort, le Mitsubishi Outlander PHEV offre tout ce qu’il faut selon le niveau de gamme choisi. Par défaut la sellerie est en tissu en entrée de gamme INVITE. Plutôt ferme, elle a une fâcheuse tendance à marquer. Il faudra donc éviter les objets trop lourds posés sur la banquette arrière par exemple. Un simple siège enfant peut laisser des traces sur le tissu. Ils deviennent chauffant sur le niveau supérieur INVITE+. Pour les avoir également ventilés il faut monter en gamme et choisir la finition INSTYLE. Les sièges arrière latéraux sont également chauffants sur le niveau de gamme haut INSTYLE.

Dans la configuration INVITE de notre modèle d’essai, la sellerie tissu est assez ferme et offre assez peu de maintien latéral. La sellerie cuir plus haut de gamme devrait corriger ce défaut, on l’espère. A l’arrière, l’espace aux genoux est très généreux. Le nouveau Mitsubishi Outlander PHEV coche la case de SUV familial. La hauteur est également un facteur positif pour les places, car avec sa ligne de toit très horizontale, l’habitabilité arrière est très bonne.

Côté chargement, le coffre du Mitsubishi Outlander PHEV offre environ 470 L de volume sous tablette. C’est en retrait par rapport à la génération précédente et c’est aussi bien inférieur à celui du Nissan X-Trail et Toyota RAV4, ses principaux concurrents. Là encore la faute en partie à la motorisation hybride rechargeable qui prend de la place. C’est cependant suffisant pour y loger deux grosses valises, de quoi partir en famille avec les affaires de tout le monde. Il faudra cependant réussir à hisser les bagages jusque dans le coffre. Le seuil de chargement est très haut. C’est pratique pour décharger, moins pour charger. Enfin le coffre offre un petit double fond permettant de stocker les cables de charge domestique et T2.

SUV des villes…

Sur la route, le nouveau Mitsubishi Outlander PHEV offre une conduite très souple. Souple dans la direction et également dans l’amortissement. Rouler en ville devient malheureusement assez vite très inconfortable, jonglant sans arrêt entre bosses, trous et dos d’ânes. Les mouvements de caisses sont continus… Avec la position de conduite haute, on ressent vite un effet de tangage et on est vite brassé dans toutes les directions quand le terrain devient un peu plus cassant.

Qui dit véhicule récent dit obligations lors de l’homologation. Ainsi le Mitsubishi Outlander intègre les dernières règlementations en matière de sécurité. Alerte de vigilance conducteur, alerte pour les angles morts, pour la vitesse, la détection (aléatoire) des panneaux de signalisations et autres « aides » sont ainsi actives à chaque démarrage et émettent des bips incessants. Pour éviter tout ce bazar, il faudra désactiver une partie des « aides » à chaque démarrage. L’alerte de surveillance conducteur est particulièrement pénible. Comme lors de l’essai du Subaru Outback, chaque regard ailleurs que devant soit se solde par une alerte sonore. Heureusement Mitsubishi offre un menu rapide pour configurer quelles alertes activer ou désactiver et les enregistrer dans un profil de conduite. Il suffit ainsi juste d’activer ce profil pour désactiver d’un coup toutes les alertes qui seraient dérangeantes. Une solution intéressante mais qui implique de passer quelques secondes à chaque départ à manipuler son volant avant de pouvoir rouler.

Toujours sur le registre du son, l’insonorisation est assez faible et tous les bruits de roulements ainsi que les contacteurs et autres condensateurs électriques se font entendre, comme lors de notre essai du Jeep Wrangler 4xe. C’est assez déroutant. Normalement rouler en électrique est synonyme de silence et de sérénité, pas ici. A plus haute vitesse se sont les bruits d’air qui se font entendre. Le système audio Dynamic Sound Yamaha 8 haut-parleurs peine à couvrir correctement les bruits extérieurs.

Nouveau Mitsubishi Outlander PHEV : comme un air d’électrique

La force du nouveau Mitsubishi Outlander PHEV, c’est sa partie électrique. Bruyante certes, mais efficiente. Avec une plus grosse batterie de 22,7 kWh, le nouveau Mitsubishi Outlander PHEV gagne en autonomie par rapport à la génération précédente. Homologué pour environ 80 km, jusqu’à 100 km peuvent être effectués en tout électrique. Sans même forcer le véhicule en tout électrique via le bouton prévu sur la console centrale, le Mitsubishi Outlander PHEV roule en 100% électrique quasiment tout le temps. Ville ou autoroute, c’est l’autonomie électrique qui descendra en premier. Le moteur thermique intervient très peu en usage normal. Petit détail amusant, quand le moteur thermique entre en action, les deux aiguilles représentant la puissance électrique et le régime moteur se chassent dans le compteur numérique.

Le nouveau Mitsubishi Outlander est donc hybride mais roule principalement en électrique grâce à ses deux moteurs avant (85 kW – 115 ch) et arrière (100kW – 136 ch). Une fois la batterie déchargée, c’est là que le bas blesse. Le moteur 4 cylindres 2.4L de 136 ch offre du couple mais une puissance relativement restreinte. Emmener les 2,1 tonnes sans assistance électrique se solde par une consommation d’au moins 10 l/100km. Le Mitsubishi Outlander PHEV peut ainsi rebuter les gros rouleurs. SUV familial certes, mais il faudra penser à recharger souvent pour optimiser sa consommation. Il devient ainsi paradoxalement plus à l’aise sur de courtes distances que sur de longs trajets.

… SUV des champs

Avec ses deux moteurs électriques et sa transmission intégrale Super-All Wheel Control (S-AWC), le Mitsubishi Outlander PHEV offre pas moins de 7 modes de conduite. De quoi profiter pleinement des 306 ch combinés ? En quelques sortes. Par défaut c’est le mode Normal qui est actif, avec une accélération et une adhérence équilibrée, le tout en deux roues motrices. Vient aussi le mode Eco qui privilégie la souplesse et le mode Power qui donne la part belle à l’électrique avec plus de puissance délivrée pour une meilleure réactivité de l’accélération. 4 autres modes sont disponibles pour mettre en avant la transmission intégrale.

Tarmac, sorte de mode sport, accentue le dynamisme avec une cartographie de pédale de frein plus incisive et une meilleure répartition du couple entre les trains avant et arrière. Gravel se comporte comme le mode Normal mais offre une meilleur adhérence grâce aux quatre roues motrices. Snow est à privilégier sur route glissante car il offre le meilleur contrôle de stabilité et une accélération très souple. Enfin Mud qui met l’emphase sur la puissance et le contrôle d’adhérence dans la boue ou la neige épaisse.

Du fait de son poids et de son profil tout de même très urbain, le Mitsubishi Outlander PHEV est plus à l’aise dans les chemins qu’en pur franchissement. Un peu à la manière de la Suzuki Swift Hybrid AllGrip essayée dernièrement, sa polyvalence et son efficacité avec la transmission intégrale en font le véhicule idéal pour ceux qui rencontrent des conditions difficiles mais pas extrêmes.

Les japonais face au reste du monde

Sur le marché des SUV électrifiés se voulant un tantinet tout terrain, ce sont les marques japonaises qui dominent. Plusieurs concurrents se positionnent en comparaison de notre Mitsubishi Outlander PHEV 306 ch 4WD en finition Invite affiché à partir de 51 590 €.

Le Toyota RAV4 Hybride Rechargeable et sa motorisation 2.5L 306 ch avec transmission intégrale e-CVT AWD-i est légèrement plus abordable. Son prix de départ en finition Design est de 50 450 €. Tout aussi rustique dans l’approche, son autonomie 100% électrique est en revanche légèrement inférieure avec 75 km via une batterie de 18,1 kWh.

Honda propose son grand SUV CR-V en motorisations hybride et hybride rechargeable. Cette deuxième motorisation est disponible uniquement en 2 roues motrices. Le CR-V Advance Tech 2WD PHEV et sa motorisation e:PHEV 2.0L 332 ch offre une meilleure finition et plus d’habitabilité. Cependant le tarif débute à 58 150 €.

Chez Mazda, c’est le CX-60 PRIME-LINE 2.5L e-SKYACTIV PHEV 327 ch qui vient concurrencer le Mitsubishi. Plus routier que baroudeur, il est également plus spacieux. Il séduira les familles en quête de kilomètres. Son tarif débute à 59 050 €.

Autre Japonais avec Nissan et son X-Trail. Uniquement disponible en motorisation hybride e-Power, le Nissan X-Trail est de fait plus accessible financièrement. Le Nissan X-Trail Tekna e-4ORCE 213 ch 4×4 est disponible au tarif de 46 300 €.

Inconnu en France mais disponible chez nos voisins belges ou suisses, KGM (nouveau nom de SsangYong) propose un SUV hybride dans le plus pur esprit baroudeur. Le KGM Torres Hybrid Dual-Tech 204 ch est disponible uniquement en deux roues motrices. Cependant le design intérieur plus épuré du coréen et son prix de 42 990 € en finition la plus haute toute équipée fait réfléchir.

Notre avis sur le nouveau Mitsubishi Outlander PHEV

Le nouveau Mitsubishi Outlander PHEV se modernise tout en gardant ses origines de 4×4 simple et fonctionnel. Il offre une polyvalence suffisante permettant de satisfaire tous les usages. Il faut en revanche absolument le recharger pour profiter au maximum de ses performances et de son efficience. Le Mitsubishi Outlander PHEV est idéal pour affronter les conditions difficiles de certaines régions, sans viser les franchisseurs purs et durs. Il se distingue des autres SUV hybrides rechargeables par l’une des meilleures autonomies électriques du segment, en quatre roues motrices qui plus est. Pour ceux à la recherche d’un véhicule prêt à tout, fiable et simple d’usage, le nouveau Mitsubishi Outlander est un choix tout trouvé. Et avec sa garantie jusqu’à 8 ans/160 000 km, vous auriez tort de vous en priver.

Retrouvez ci-dessous la galerie photo habituelle ainsi que le tableau récapitulatif des points les plus marquants.

Les +Les –
Silhouette moderniséeConfort en ville
Polyvalence / simplicitéInsonorisation et bruits électriques
Meilleure autonomie électrique du marchéBeaucoup de boutons à l’intérieur

Texte et photos : Anthony
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