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Essai BMW M440i Cabriolet : la raison peut-elle encore rimer avec passion ?

Les journées ensoleillées s’enchaînent depuis plusieurs semaines et les températures flirtent régulièrement avec les 35 °C. Dans ces conditions, difficile de résister à l’envie de prendre le volant d’un cabriolet. Et lorsqu’il s’agit d’une BMW Série 4 Cabriolet animée par un 6 cylindres en ligne développant 392 chevaux, le plaisir promet d’être au rendez-vous. À une époque où les constructeurs délaissent progressivement ce type de carrosserie au profit des SUV, la M440i xDrive Cabriolet fait figure d’exception. Élégante, performante et capable de se montrer confortable au quotidien, elle revendique une philosophie devenue rare. Reste à savoir si cette décapotable premium a encore tous les arguments pour séduire les amateurs de conduite plaisir. Réponse après plus de 800 kilomètres passés à son volant. Essai BMW M440i Cabriolet : la raison peut-elle encore rimer avec passion ?

Un style toujours aussi séduisant

Si nous avions déjà pris le volant de la BMW M440d Coupé, c’est une première avec cette déclinaison Cabriolet. Au premier regard, les deux modèles partagent une identité visuelle très proche. La principale différence se situe évidemment au niveau du toit, mais ce simple changement transforme totalement la personnalité de l’auto.

Avec cette génération de Série 4 Cabriolet, BMW a abandonné le toit rigide escamotable au profit d’une capote en toile. Un choix qui profite autant au style qu’à l’élégance de la silhouette. Toit fermé, la ligne reste particulièrement fluide et conserve les proportions d’un véritable coupé. Une fois décapotée, la M440i dévoile une allure encore plus raffinée, sans jamais donner l’impression d’être une voiture pensée uniquement pour les beaux jours. Les anciennes capotes en toile souffraient souvent d’une insonorisation approximative. Ici, BMW a parfaitement maîtrisé le sujet. Les bruits d’air sont remarquablement contenus et le confort acoustique se rapproche de celui d’un coupé. Notre modèle d’essai était d’ailleurs équipé de la capote anthracite à reflets argentés, facturée 350 €, qui apporte une touche de sophistication supplémentaire.

La véritable star de cette configuration reste toutefois la peinture BMW Individual Tanzanite Blue métallisée. Affichée à 2 150 €, elle révèle de magnifiques reflets bleutés sous un soleil éclatant tout en sachant se montrer beaucoup plus discrète lorsque le ciel se couvre. Une teinte qui attire immédiatement le regard et participe largement au pouvoir de séduction de cette M440i. Pour le reste, seuls les connaisseurs identifieront au premier coup d’œil cette version sportive. Il faut dire qu’aujourd’hui, le Pack M est devenu quasiment incontournable sur les Série 4, quelle que soit leur motorisation. De loin, difficile donc de distinguer une M440i d’une version plus sage.

Notre exemplaire repose sur des jantes de 19 pouces proposées en option à 1 350 €. Leur dessin n’est d’ailleurs pas sans rappeler celui de la BMW 230i Coupé que nous avions essayée il y a quelques mois. Elles remplissent parfaitement les passages de roues et participent à l’équilibre général de la voiture, sans tomber dans l’exubérance. Cette discrétion n’empêche pas quelques détails de faire la différence. Grâce au Pack M Sport Pro, facturé 2 700 €, la M440i bénéficie notamment d’une signature lumineuse spécifique. À l’avant, les optiques adoptent un traitement plus sombre qui reste relativement subtile. C’est en revanche à l’arrière que le spectacle est le plus impressionnant. Les feux laser offrent un effet de filaments particulièrement réussi, de jour comme de nuit, et confèrent à la Série 4 Cabriolet une véritable identité visuelle. Une technologie aussi belle qu’elle laisse imaginer une facture salée en cas de remplacement…

Une atmosphère premium pensée pour rouler toute l’année

À bord, la BMW M440i Cabriolet ne fait aucune concession sur la qualité de présentation. Notre exemplaire d’essai était équipé de l’intérieur BMW Individual en cuir étendu Merino, une option facturée 1 200 € qui transforme véritablement l’ambiance à bord. Les surfaces habillées de cuir sont nombreuses et les plastiques apparents se font particulièrement discrets. On retrouve immédiatement ce sentiment de qualité propre aux belles productions de la marque bavaroise.

Les sièges offrent d’ailleurs un niveau d’équipement particulièrement complet. Chauffants pour l’hiver, ventilés pour les journées estivales, ils sont également associés au système Air Collar qui diffuse de l’air chaud au niveau de la nuque lorsque l’on roule décapoté. Un équipement devenu presque indispensable sur un cabriolet premium puisqu’il permet de profiter des joies de la conduite cheveux au vent bien au-delà des seules journées d’été. En revanche, on peut regretter que leur dessin privilégie davantage le confort que le maintien. Pour une voiture développant près de 400 chevaux et revendiquant un tempérament sportif, un maintien latéral un peu plus prononcé n’aurait pas été de trop. Un choix d’autant plus surprenant que plusieurs éléments de l’habitacle cherchent justement à renforcer cette ambiance sportive. Les ceintures arborent les célèbres couleurs M, la planche de bord reçoit de véritables inserts en carbone et le volant hérite d’un repère central rouge. Un détail qui divisera probablement les futurs propriétaires tant il tranche avec l’élégance générale de cette configuration.

Face au conducteur, BMW reprend son désormais incontournable écran panoramique incurvé qui regroupe l’instrumentation numérique et le système multimédia. Toujours accompagné de la molette iDrive, il reste l’un des systèmes les plus agréables à utiliser du marché, alliant rapidité, ergonomie et richesse des fonctionnalités. L’affichage tête haute complète l’ensemble en projetant les principales informations de conduite directement dans le champ de vision du conducteur.

Comme souvent sur un cabriolet, les places arrière demandent quelques compromis. Lorsque le filet anti-remous est installé, elles deviennent tout simplement inutilisables. Une fois retiré, deux enfants voyageront sans difficulté lorsque la capote est fermée, la ligne de toit limitant naturellement la garde au toit. En revanche, une fois décapotée, deux adultes pourront prendre place à l’arrière avec un espace aux jambes tout à fait satisfaisant, une qualité suffisamment rare pour être soulignée dans cette catégorie. Le coffre affiche quant à lui un volume de 385 litres lorsque la capote est en place. Une capacité suffisante pour les bagages du quotidien ou un week-end à deux. En revanche, partir à quatre adultes avec leurs valises demandera rapidement quelques concessions sur le volume des bagages.

Un 6 cylindres qui fait de la résistance

Avant de prendre la route, intéressons-nous à ce qui se cache sous le long capot de cette M440i Cabriolet. Car si les 6 cylindres se font de plus en plus rares, BMW continue de faire vivre cette architecture emblématique qui participe depuis des décennies à l’ADN de la marque.

On retrouve ainsi un 6 cylindres en ligne de 3,0 litres, associé à deux turbos et à une micro-hybridation 48 V. L’ensemble développe 392 ch et 540 Nm de couple, des valeurs qui promettent déjà de belles sensations. Pour transmettre cette puissance au sol, BMW fait confiance à son excellente boîte automatique Steptronic à huit rapports ainsi qu’à la transmission intégrale xDrive. Une association qui privilégie autant l’efficacité que l’agrément de conduite, quelles que soient les conditions.

Les performances sont évidemment à la hauteur de la fiche technique. Le 0 à 100 km/h est expédié en seulement 4,8 secondes, tandis que la vitesse maximale est limitée électroniquement à 250 km/h. Des chiffres dignes de véritables sportives, tout en conservant le confort et la polyvalence d’une grande routière.

Là où cette M440i Cabriolet réussit un véritable tour de force, c’est sur le plan fiscal. Malgré sa puissance et son 6 cylindres, notre modèle d’essai se contente d’émissions de CO₂ de 167 g/km. Cela représente un malus écologique de 17 247 € selon le barème 2026. Une somme qui peut sembler importante, mais qui reste presque raisonnable face aux forts malus réclamés pour de nombreuses sportives concurrentes. Un argument loin d’être anodin lorsqu’il s’agit de signer le bon de commande.

Une véritable GT au quotidien

Quelques secondes suffisent pour comprendre la philosophie de cette M440i Cabriolet. À l’installation, la position de conduite se révèle particulièrement basse. On ne monte pas à bord, on descend littéralement dans la voiture. Une sensation qui participe immédiatement au plaisir de conduite et donne l’impression de faire corps avec le châssis. Si les personnes souffrant du dos préféreront sans doute une position plus haute, les amateurs de conduite apprécieront cette proximité avec la route.

Durant notre essai, aucun itinéraire précis n’était réellement prévu. Et c’est sans doute ce qui résume le mieux cette BMW. Que ce soit pour les trajets du quotidien, une balade improvisée sur les routes de campagne ou un long parcours autoroutier, elle donne simplement envie de rouler. Les kilomètres défilent avec une facilité déconcertante.

Malgré un poids qui atteint tout de même 1 925 kg, jamais cette masse ne vient réellement pénaliser les sensations. Les 540 Nm de couple disponibles très tôt effacent instantanément cette impression et permettent des relances franches en toutes circonstances. Associé à l’excellente boîte automatique à huit rapports, le six-cylindres fait preuve d’une douceur remarquable en conduite coulée. Les changements de rapports sont imperceptibles et la voiture se transforme alors en une véritable grande routière, capable d’avaler les kilomètres dans un confort de premier ordre.

Cette polyvalence se retrouve également dans les nombreuses aides à la conduite. Sans jamais être intrusives, elles accompagnent efficacement le conducteur et restent suffisamment bien calibrées pour ne pas nuire au plaisir de conduire. Un équilibre que tous les constructeurs ne parviennent pas à atteindre.

Une sportive qui sait donner le sourire

Il suffit cependant d’actionner le mode Sport pour découvrir une tout autre facette de cette M440i Cabriolet. La direction gagne en consistance, les réactions deviennent plus franches et le châssis révèle toute sa précision. Malgré son gabarit et son poids, la voiture inspire immédiatement confiance et procure un sentiment de sécurité impressionnant, y compris à des rythmes que la bienséance nous empêchera de détailler dans ces colonnes.

Le 6 cylindres change également de personnalité. Jusqu’ici discret, il laisse davantage s’exprimer sa sonorité grâce à l’ouverture des valves d’échappement. Le résultat est particulièrement naturel. Ici, pas de bruit artificiel diffusé dans les haut-parleurs pour flatter l’ego du conducteur. BMW préfère laisser parler sa mécanique, avec un grondement métallique typique des 6 cylindres de la marque. Les crépitements à la décélération et les légers retours d’échappement lors des rétrogradages, commandés depuis les palettes au volant, viennent parfaire l’expérience sans jamais tomber dans la caricature.

Le plus impressionnant reste finalement la facilité avec laquelle cette BMW passe d’une confortable GT à une véritable sportive. Peu de voitures sont aujourd’hui capables d’offrir une telle dualité, tout en conservant un niveau de raffinement aussi élevé.

Au terme de plus de 800 kilomètres passés à son volant, un dernier chiffre est venu confirmer cette polyvalence : la consommation moyenne s’est établie à seulement 7,9 l/100 km. Une valeur étonnamment basse au regard des performances disponibles, qui achève de faire de cette M440i Cabriolet une voiture aussi agréable à utiliser au quotidien que lors des sorties plaisir.

Une concurrence plus limitée qu’il n’y paraît

Affichée à partir de 86 500 €, la BMW M440i xDrive Cabriolet se positionne déjà sur le segment premium. Comme souvent chez les constructeurs allemands, la liste des options est particulièrement généreuse. Notre modèle d’essai embarquait ainsi 18 430 € d’équipements supplémentaires. En y ajoutant le malus écologique 2026 de 17 247 €, la facture grimpe à 122 177 €. Une somme conséquente, mais qui mérite d’être replacée dans son contexte. Car aujourd’hui, trouver un cabriolet de près de 400 chevaux capable d’être utilisé au quotidien devient un exercice de plus en plus compliqué. Entre la disparition progressive de ce type de carrosserie et l’explosion du malus écologique, les alternatives se comptent désormais sur les doigts d’une main.

La première rivale qui vient naturellement à l’esprit est la Mercedes-Benz CLE 450 4MATIC AMG Line Cabriolet. Avec son 6 cylindres développant 381 chevaux, elle adopte une philosophie très proche de celle de la BMW. Son tarif débute à 87 950 €, mais il faudra, là aussi, composer avec un catalogue d’options particulièrement fourni pour obtenir un niveau d’équipement comparable. Une fois la configuration finalisée, la facture atteint environ 105 150 €. À cela s’ajoute un malus écologique de 55 023 €, portant le prix total à 160 173 €. Un écart de près de 38 000 € avec notre M440i d’essai, difficile à ignorer.

Dans un registre totalement différent, la Ford Mustang GT Convertible mise avant tout sur son mythique V8 atmosphérique de 5,0 litres développant 446 chevaux. L’ambiance intérieure est moins raffinée et les prestations globales se veulent moins premium, mais son prix d’appel de 67 300 € paraît particulièrement attractif. Une fois équipée de la boîte automatique à dix rapports et de quelques options, elle affiche un tarif d’environ 72 450 €. Malheureusement, ses 282 g/km de CO₂ lui valent le malus maximal de 80 000 €. Résultat, son prix final grimpe à 152 450 €, faisant disparaître une bonne partie de son avantage tarifaire.

On pourrait également citer la Porsche 911 Cabriolet, référence absolue pour de nombreux passionnés. Mais son positionnement tarifaire, déjà largement supérieur à celui de la BMW avant même d’ajouter les options et le malus maximal, la place dans une catégorie à part. Difficile, dans ces conditions, de la considérer comme une concurrente directe.

Finalement, c’est peut-être là que la BMW M440i Cabriolet impressionne le plus. Si son tarif peut sembler élevé au premier abord, elle apparaît presque comme l’une des offres les plus cohérentes du marché une fois replacée face à ses principales concurrentes. Un constat assez surprenant pour une décapotable de près de 400 chevaux, mais qui illustre parfaitement les bouleversements qu’a connu le marché automobile ces dernières années.

Notre verdict sur la BMW M440i xDrive Cabriolet

À l’heure de rendre les clés, difficile de trouver de véritables défauts à cette BMW M440i xDrive Cabriolet. Bien sûr, son tarif la réserve à une clientèle privilégiée et la liste des options fait rapidement grimper la facture. Mais une fois installé à son volant, on comprend très vite où passe chaque euro investi. Cette BMW réussit un exercice devenu particulièrement rare. Elle est capable d’être une excellente routière pour les trajets du quotidien, une véritable GT pour avaler les kilomètres et, quelques secondes plus tard, de se transformer en une sportive attachante grâce à son remarquable 6 cylindres en ligne. Le tout sans jamais sacrifier le confort, la qualité de fabrication ou la facilité d’utilisation.

Il faut également saluer le choix de BMW de conserver ce type de voiture dans sa gamme. À une époque où les cabriolets disparaissent progressivement des catalogues et où les normes environnementales rendent les motorisations généreuses toujours plus difficiles à proposer, la M440i Cabriolet apparaît presque comme une espèce en voie de disparition. Une voiture pensée avant tout pour le plaisir de conduire, sans pour autant oublier les contraintes du quotidien.

Ce qui marque le plus au terme de cet essai, ce ne sont finalement ni les 392 chevaux, ni le 0 à 100 km/h en 4,8 secondes. C’est cette incroyable sensation de liberté qu’elle procure. Rouler décapoté sur une route de campagne, profiter de la sonorité feutrée du six-cylindres, enchaîner les kilomètres sans fatigue… autant de plaisirs simples que peu de voitures modernes savent encore offrir avec autant de talent. Et c’est peut-être là le plus beau compliment que l’on puisse lui faire. Au fil des 800 kilomètres passés à son volant, la BMW M440i xDrive Cabriolet ne s’est pas contentée de convaincre. Elle a donné envie de prolonger chaque trajet, même lorsque la destination était déjà atteinte. Une qualité que seules les très bonnes voitures parviennent encore à offrir.

Retrouvez juste après notre tableau récapitulatif ainsi que notre traditionnelle galerie photos regroupant l’intégralité des clichés réalisés pendant l’essai :

Les +Les –
Qualité de finitionPrix élevé
PerformancesLook trop passe partout pour cette motorisation ?
Consommation faible

Texte et photos : Julien HUET pour Virages Auto
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