Dans la famille des Volkswagen ID, nous demandons … le break. Après la compacte ID.3, les SUV ID.4 et ID.5, le maxi-van ID.Buzz, nous prenons le volant de l’ID.7. Vous savez que nous aimons les breaks dans l’équipe, donc forcément c’est la version Tourer que nous avons essayée. Comme ces derniers restent rares sur le marché, c’est toujours intéressant de pouvoir en prendre le volant. La version du jour est une Volkswagen ID.7 Tourer Pro S Life Max, disposant de la grosse batterie et proposant jusqu’à 783 km selon le cycle WLTP. Nous sommes donc aller vérifier ces promesses, le temps de quelques jours en Ile de France et en Touraine. Essai Volkswagen ID7 Tourer Pro S Life Max : la grande voyageuse électrique.

Taillée par le vent
Soyons francs dès le début, cette voiture n’a pas été prévue pour être iconique comme peut l’être une Arteon Shooting Brake. Non, cette Volkswagen ID.7 a été prévue pour être efficiente. Chaque ligne et chaque détail a été pensé pour laisser s’écouler l’air autour de la voiture. Il en résulte une voiture lisse, sans trop d’artifices. Bien que le break mesure plus de 4.96 m, il semble relativement court. La faute au plancher de l’habitacle surélevé pour accueillir la batterie. Ainsi avec 1.55 m de haut et 1.86 m de large, la VW ID.7 Tourer parait trapue et presque « compacte ». Enfin, c’est avant de la regarder au milieu du trafic.

Les fausses prises d’air, ce n’est pas pour elle. L’ID.7 se veut discrète (à l’exception de ses logo éclairés) et cohérente. On retrouve un logo éclairé à l’arrière, relié aux feux par un bandeau lui aussi lumineux. A l’avant, le même subterfuge est utilisé pour mettre en effet le logo, en blanc cette fois. Ce logo avant nous a d’ailleurs valu des petits coups de klaxon enjoués de la part d’un groupe de vieilles Cox et combi lors d’une rencontre nocturne sur la route. Les feux proposent un intéressant effet 3D grâce à trois diffuseurs disposés l’un derrière l’autre. C’est très bien réalisé et très qualitatif. Il est cependant dommage que les clignotants et les feux stop soient si peu travaillés et paraissent si « basiques ». Le décalage entre les deux est flagrant.

En véhicule électrique prônant l’efficience, la Volkswagen ID.7 a bien évidemment son aérodynamisme qui a été étudiée. La calandre est pleine, le pare-chocs est ajouré de deux canaux pour l’air et les flancs sont creusés pour laisser l’air s’écouler. Les jantes Montréal 20″ quasiment pleines permettent de réduire les perturbations aérodynamiques. Le coffre propose un becquet allongé pour réduire les perturbations des flux d’air. Esthétiquement et techniquement parlant, on se demande pourquoi Volkswagen n’a pas décider d’aller encore plus loin en proposant une antenne intégralement cachée, comme le font Tesla ou Mercedes.

Volkswagen ID.7 Tourer : le luxe c’est l’espace ?
Une fois installé à bord, nous ne sommes pas perdus. l’environnement est similaire à ses sœurs ID.3/4/5 et ID.Buzz. On retrouve un petit écran en guise de combiné, ne montrant que le strict minimum. Et à l’usage, on se rend bien compte que c’est largement suffisant et qu’il n’y a pas besoin de plus. Ce petit écran très bien intégré visuellement est secondé par un affichage tête haute, et l’écran central de 15 pouces. L’affichage tête haute propose de la réalité augmentée en superposant des éléments numériques à la route que vous avez devant vous. Je pense qu’on adore ou qu’on déteste en tant que client. De notre part, ce système de réalité augmentée a été coupé le plus souvent possible.

Les sièges Ergo Active semblent confortables au premier regard, et plutôt accueillants. Ces sièges chauffants sont aussi ventilés et massants. L’intérieur dispose de plusieurs rangements assez pratiques, que ce soit dans l’accoudoir central, la console centrale, les portières ou la boite à gants. L’éclairage d’ambiance multi couleur et personnalisable se compose à la fois d’une trame rétro-éclairée sur les éléments décoratifs en noir brillant, et à la fois d’un éclairage LED via un diffuseur, caché de manière à ne jamais avoir la source lumineuse visible. Les deux sources se contrôlent de manière indépendante, permettant de faire quelque chose d’harmonieux. Sauf évidemment si votre passager s’amuse à mettre des couleurs criardes côte à côte.

A l’arrière, les passagers profitent d’une place que nous qualifierons de généreuse. De la place aux jambes, il y en a, et il y en a beaucoup. On est dans le domaine de la limousine, et on surpasse l’espace à bord des EQS et EQE… Le plancher plat permet de passer d’un côté à l’autre avec une aisance telle qu’on en le retrouvait auparavant dans les monospaces. Le coffre, bien que très grand, n’est pas SI grand. On s’attendait à mieux, surtout à la vue des dimensions extérieures. Cependant le moteur étant placé sous le coffre, on comprend pourquoi ce dernier n’est pas plus profond. Avec 605 L, il permettra tout de même d’emporter un bon paquet de choses en week-end. Lors des déménagements, il vous offrira même 1.714 L de chargement total une fois la banquette rabattue

Côté connectivité, la Volkswagen ID.7 Tourer propose tout ce qui est devenu nécessaire au fur et à mesure. On retrouve deux ports USB-C à l’avant, deux ports USB-C au deuxième rang. L’emplacement dédié à la charge sans fil par induction est apprécié. Android Auto et Apple Car play sont disponibles avec comme sans fil. Le système embarqué dans la voiture conçu par les équipes Volkswagen est très complet, bien que très complexe en roulant. Il faudra bien paramétrer son interface pour retrouver facilement les infos importantes sous peine de se prendre la tête en conduisant. Cela faisait bien longtemps que nous n’avions pas essayé une voiture avec une interface si compliquée… Certes vous pouvez tout faire, mais au détriment d’une chose importante : la conduite.

Régler la climatisation parait simple dans beaucoup de véhicules, mais pas ici. Dans le cas de l’ID.7 (et de ses sœurs et cousines), il faut aller dans le menu principal, trouver l’application de climatisation parmi le mur d’applications, rentrer dans l’application, choisir votre puissance de flux d’air, diriger le flux d’air avec le doigt sur l’écran et ce pour chaque buse d’aération. C’est gadget à l’arrêt, mais complètement dangereux en conduisant. Il en va de même pour l’ensemble des commandes tactiles qui vibrent sous les doigts selon que vous effectuez un toucher plus ou moins doux. Des fois cela fonctionne bien, des fois pas du tout, alors que le ressenti à l’usage est le même. Il faut donc regarder pourquoi cela ne fonctionne pas, quitter la route des yeux pour regarder où l’on appuie…

On regrette que les commandes « à l’ancienne » qui sont revenues sur une bonne partie de la gamme Volkswagen ne soient pas de retour. Je râle mais pourtant je suis jeune, plutôt habitué à la multitude d’écrans et aux voitures modernes. Quand on sait que la moyenne d’âge des acheteurs de voitures neuves est au-delà de soixante ans….
Les grandes distances ? Même pas peur !
La mise en mouvement de la Volkswagen ID.7 Tourer se fait de manière silencieuse, mais un peu brusque. Il faut appuyer un peu franchement pour qu’elle démarre, surtout en mode normal. L’empattement long peut sembler un problème en ville, mais il n’en est rien. Le rayon de braque est extraordinaire pour le gabarit. Le break semble tourner sur place, c’est très agréable et très pratique. Les aides aux stationnement sont pratiques et nombreuses, mais on aurait apprécier avoir une meilleure qualité d’image de la caméra de recul. On a l’impression que l’image a été agrandie pour prendre plus de place sur l’immense écran, sans en avoir augmenté la résolution.

Une fois lancée, la voiture se montre plus douce et plus agréable. On avance sur un filet de Watt d’un dos d’âne à l’autre. Les dos d’âne (mais également bosses, trous, raccord, etc) sont d’ailleurs un peu son talon d’Achille. L’amortissement piloté de notre modèle d’essai se montre à la fois trop dur à la compression et trop mou dans le rebond. Il en résulte une voiture qui clapote comme un bateau dans un port. C’est un mouvement léger, mais continu. Plus l’axe sera roulant et plus le confort sera amélioré. De plus, il est possible de régler la suspension via une multitude de réglage, mais aucun ne corrigeant vraiment le problème. Cependant, son principal problème vient de son côté pachyderme.

En effet, notre modèle d’essai (comme beaucoup d’électriques) se présente avec une surcharge pondérale incroyable. Plus de 2.4 tonnes homologuées… Et si certains constructeurs arrivent à faire oublier le poids, ici le train avant semble débordé à chaque rond-point ou virage. La Volkswagen ID.7 s’écrase sur le train avant, et la voiture prend du roulis. Et si vous vous dites que je conduis vite, la sensation est la même en permanence, quelle que soit la vitesse. Par contre les modèles équipés des suspensions classiques donnent une meilleure perception aux occupants. Le moteur électrique de 286 ch et 545 Nm n’est lui pas vraiment à la peine. Le break allemand se déplace avec une belle célérité au besoin, gommant provisoirement son poids.
Equipée d’une batterie de 86 kWh utiles, « notre » Volkswagen ID.7 Tourer Pro S Life Max propose sur le papier une autonomie remarquable de près de 683 km ! Pas mal, mais qu’en est-il dans la vraie vie ? Et bien, sur les journées de juin et juillet de notre essai, la consommation s’est avérée encore plus basse qu’annoncée. En effet, nous avons effectué plusieurs longs trajets par nationales à 110 et départementales promettant plus de 700 km d’autonomie sur une charge. Nous avons également effectué quelques trajets sur autoroute uniquement qui orientait vers un tout petit moins de 500 km d’autonomie. Pas mal une fois le poids remis dans la balance.

Les trajets divers s’assistent des nombreuses technologies et aides à la conduite aidant le conducteur. D’ailleurs on se demande si c’est pour nous aider ou nous remplacer tant la voiture intervient d’elle-même même avec les aides désactivées. Par exemple, la Volkswagen ID.7 Tourer (comme toutes les ID), ralentira d’elle-même à l’approche d’une limitation plus basse, d’un autre véhicule plus lent ou d’un virage lorsque vous la laissez glisser sur le mode « roue libre ». C’est pour le coup assez bluffant. Par contre avec le régulateur « simple », elle ne réduira pas à l’approche d’un rond-point, alors qu’elle le fait d’elle-même quand vous ne lui demandez pas de vous aider… C’est assez perturbant et il faut s’y faire. Mention spéciale aux projecteurs Matrix LED qui font un boulot fantastique la nuit à la campagne !
Volkswagen ID.7 Tourer Pro S Life Max : son prix et ses concurrentes
Si la Volkswagen ID.7 Tourer démarre à 58.990 €, notre modèle d’essai ID.7 Pro S Life Max démarre lui à 62.390 €. Ajoutez-y la peinture bi-ton en option, les jantes 20″ Montréal, le Pack Executive et le pack Design Plus et la voiture culmine à 69.735 €. Aucun malus ne sera à ajouter. La concurrence n’existe pas vraiment pour le moment.

Les véhicules breaks électriques ne sont pas encore légion. On compte les MG 5, Opel Astra et Peugeot 308 dans le segment inférieur. Il y a aussi les Porsche Taycan Sport Turismo et Cross Turismo dans un segment supérieur. Le modèle le plus proche étant actuellement la BMW i5 Touring, dans un segment supérieur en prestation comme en tarif. Par contre, il n’y a rien dans le segment des familiales comme l’ID7. Il faudra attendre l’A4 Avant full électrique (qui reposera sur la même plateforme) pour avoir une concurrente de même segment, ou la NIO ET5T, peut être prochainement disponible en France. L’ID.7 viendra donc se frotter à des SUV ou des berlines lors du choix final du consommateur.
D’un point de vue break, la BMW i5 Touring commence à un sulfureux 107.000 € hors option. Elle joue donc dans une cour bien différente. La berline Mercedes Benz EQE 300 démarre, elle, à 71.400 €. Comptez 86.100 € une fois équipée de manière similaire. Côté grande berline, la Volkswagen ID.7 Tourer se frottera malgré tout à … l’ID.7 berline 1.000 € de moins que le break. Enfin côté SUV, le KIA EV9 se posera en sérieux concurrent pour qui cherche une voiture familiale, avec beaucoup de coffre, électrique, et dans un budget similaire. Comptez 72.500 €.


Notre avis après 1000 km

Volkswagen propose avec l’ID.7 Tourer une alternative intéressante au sempiternel break Diesel. Capable de grandes distances sur une seule charge et d’une recharge à 200 kW, elle devrait séduire jusqu’aux commerciaux les plus réticents. Pour une fois, l’autonomie réelle est au niveau des chiffres annoncés. Pour vous dire, nous n’avons pas réussi à vider la batterie de manière suffisamment importante pour avoir à charger en dehors du réseau domestique, malgré de gros trajets.
L’intérieur de bonne facture se montre difficile à appréhender à cause de commandes récalcitrantes et peu intuitives. Enfin, il y a le plaisir de conduire, aux abonnés absents. Le train avant non communicatif, les suspensions qui se perdent dans les rebonds, le poids qui se ressent à chaque virage… On a depuis essayé une Ford qui partage sa plateforme avec Volkswagen, et c’est le jour et la nuit. La Volkswagen ID.7 offre donc de belles prestations qui ne peuvent être appréciées à leur juste valeur à cause de choix techniques et ergonomiques facilement corrigeables. Vivement la Phase 2 !
| Les + | Les – |
| L’espace à bord | La suspension DCC |
| L’autonomie réelle | Le poids pachydermique |
| Un des rares breaks électriques | Le prix |







































Texte et photos : Antoine
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