C’est LA voiture de l’année 2025. La nouvelle est tombée pendant notre essai de la Renault 5. La citadine avait mis toutes les cartes de son côté. Elle s’offre un style atypique avec une bouille extraordinaire, des couleurs voyantes et une motorisation 100% électrique. La nouvelle Renault 5 joue sur la cote de sympathie de son ainée pour aller chercher à la fois les anciens propriétaires de Renault 5, les propriétaires de Zoé (que la R5 remplace en binôme avec la R4) et les admirateurs de son design ! Essai Renault 5 E-Tech : le retour de l’icone Pop !

La saga Renault 5
La Renault 5 n’est pas une nouvelle voiture. En effet, le premier exemplaire est sorti des chaînes de production il y a 53 ans, en 1972. La petite citadine s’est vendue à plus de 5 millions d’exemplaires, ce qui en fait un des plus gros succès de l’histoire pour une voiture française. Sortie dans un premier temps en 3 portes, la Renault 5 sortira en 5 portes en 1979. Plusieurs variantes sportives seront proposées sur la Renault 5 : la 5LS qui fonçait à 155 km/h (plus vite que la nouvelle) grâce à ses 64 ch, la 5 Alpine et ses 93 ch pour un peu moins de 800 kg, mais également la 5 Alpine Turbo et ses 110 ch.

En 1980, la Renault 5 se transforme en R5 Turbo et R5 Turbo 2. Le moteur passe en position centrale arrière, la voiture devient une propulsion et surtout une base d’homologation pour le rallye. Le succès en compétition sera d’ailleurs au rendez-vous. Il est également à noter qu’une Renault 5 électrique sera fabriquée dès 1972 par Renault et EDF à 7 exemplaires, proposant 110 km d’autonomie et des performances honorables.
En 2021, Renault sort le Prototype R5 E-Tech Electric. Il s’agit d’un concept-car au style néo-rétro, remettant la Renault 5 sur le devant de la scène. On y découvre une voiture résolument moderne qui reprend absolument TOUTES les caractéristiques ayant fait l’histoire de la Renault 5. La bouille sympathique, une illusion de 3 portes alors qu’elle en a 5 grâce à des poignées cachées, la ligne de toit qui se justifiait à l’époque par les procédés de fabrication et qui n’est présente sur le concept que pour du style, les feux arrière verticaux, les optiques avant carrées mais aussi les ailes bodybuildées des déclinaisons radicales.

En 2022, Renault continue sur sa lancée et présente la Renault R5 Turbo 3E qui se présente cette fois-ci comme un vrai hommage à la Turbo 2. En 2023, le concept Alpine A290_β annonce la déclinaison sportive de la Renault 5 sortie en même temps que la Renault 5. Et fin 2024, Renault a officialisé la Turbo 3E qui arrivera en petite série. Dans les bureaux de Guyancourt, on cherche clairement à surfer sur la renommée de la R5 !
Un Style atypique
La Renault 5 reprend quasi tout du concept-car de 2021. En tout cas avec notre exemplaire en finition Iconic Cinq. On retrouve la petite bouille très mignonne avec une calandre presque pleine et des optiques en carré. Les feux de jours sont composés de quatre segments formant là aussi un carré. Ils s’éteignent en partie pour laisse la place aux clignotants. Trois petites prises d’air fines se situent juste au-dessus de la plaque d’immatriculation alors qu’une plus large entrée d’air se positionne en dessous de cette dernière. Les capteurs d’aides à la conduite sont d’ailleurs situés dans cette plus grande ouverture.

Le capot de la Renault 5 vient recouvrir les optiques et le logo. Ce logo est d’ailleurs très plat. Sur la gauche du capot, on retrouve un indicateur de charge qui reprend le mythique chiffre 5 et l’éclaire au fur et à mesure que la charge avance. Les jantes en 18 pouces de notre modèle d’essai remplissent plutôt bien les arches de roues, elles même agrandies par des élargisseurs d’ailes noirs laqués. Les ailes avant sont sculptées et le sticker 5 à l’arrière de celles-ci donne presque l’impression d’une écope de sortie d’air chaud venant des freins. Ce sticker m’aura eu plusieurs fois à travers l’essai. Les ailes arrières ne sont pas moins sculptées, bien que légèrement plus arrondies.

L’absence de poignée de porte arrière confère presque un côté coupé à la Renault 5. Cette impression est accentuée par la présence d’une importante partie noire au niveau des bas de caisse. Cette zone peinte en noir permet de réduire la perception de hauteur de la voiture et cache plutôt élégamment l’emplacement du pack de batteries. Le toit de notre modèle d’essai est peint en noir et récupère un sticker de couleur rouge avec un grand motif graphique et un chiffre 5. Le rouge se retrouve aussi sur le jonc faisant la jonction entre le toit et les portières, mais également sur les bases de rétroviseurs. Ce jonc ne laissera aucune chance à la qualité perçue et le non alignement de certains éléments.

A l’arrière, la R5 est plutôt discrète. On retrouve une petite lunette arrière surplombée d’un petit becquet aérodynamique intégré dans le prolongement du toit. Un bandeau noir travaillé en relief rejoint les feux et on retrouve dessus le lettrage Renault et le chiffre 5. Les feux verticaux sont eux aussi travaillés en 3D. Ils sont composés de nombreux éléments horizontaux et cela semble un vrai casse-tête à nettoyer.

Enfin, comment ne pas aborder les petits easter eggs laissés par les équipes du design Renault un peu partout ? On retrouve le chiffre 5 à neuf reprises à l’extérieur : centre de roue, stickers du toit et des ailes avant, bandeau arrière ou encore sur l’indicateur de charge. Les optiques avant arborent fièrement le drapeau français, de même que nos pneumatiques 4 saisons. Enfin, les feux arrière et le pare-brise se partagent des coqs stylisés. On en retrouve deux supplémentaires à l’ouverture du coffre. Quant au chiffre 5, on le retrouvera lui encore cinq fois à l’intérieur !

Dans l’ensemble, c’est donc une belle réussite générale. Je n’ai absolument jamais fait d’essai où une voiture avait une telle sympathie du public. Je ne me suis pas garé une seule fois sans que les passants me demandent mon avis, s’ils pouvaient la prendre en photo, etc. Même en Porsche 911 ce n’est pas autant le cas.
Renault 5 : un intérieur mêlant modernité et touches du passé
En ouvrant la porte, on découvre un intérieur là-aussi très coloré. Les sièges et les garnitures de porte de couleur jaune sont détonants ! Les sièges marient le tissu jaune au tissu gris, alors que les garnitures alternent entre jaune et noir. Le tableau de bord côté passager récupère sur cette version Iconic Cinq du simili-cuir noir avec des surpiqures jaune. Pour une fois les couleurs ne restent pas cantonnées aux places du premier rang. En effet les places arrière retrouvent couleurs et tissus du premier rang. Seuls les encadrements de portières sont un peu trop visibles au milieu des garnitures plus sombres.

Le volant est repris des dernières créations Renault, Megane et Scenic E-Tech en tête. On retrouve l’ensemble des commandes habituelles et trop nombreuses à droite (sélecteur de boite, commodos, commande de musique / radio, commandes au volant et mode de conduite My Sense). D’ailleurs, le sélecteur de boite de vitesse perd sa position P (Parking) au profit d’un bout de plastique translucide personnalisable, ici avec le logo Renault. Cela donne l’impression que l’on peut appuyer mais il n’en est rien. Pour immobiliser la voiture, il faut donc aller chercher le bouton de frein de parking situé lui…. Sous la console centrale. Les palettes de réglages du frein régénératif sont également absentes, on verra ce que cela donne sur la route.

Le combiné d’instrumentation 10 pouces dispose de multiples affichages pour n’avoir que les informations qui vous intéressent. La qualité de l’écran est vraiment bonne mais la densité de petites informations et de graphiques rend la lecture parfois difficile. L’écran tactile central de 10,1 pouces reprend les mêmes avantages et les mêmes défauts. Android Auto et Apple CarPlay sans fil sont évidemment disponibles. Les commandes de climatisation en accès direct sont toujours un plaisir à utiliser. Pour finir sur la connectivité, on retrouve deux ports USB-C, un chargeur 12v à l’avant et un chargeur à induction complète le tout.

Notons également la présence sur cette version d’un bandeau noir laqué avec une inscription Renault 5 éclairée sur la planche, au-dessus de la zone en cuir côté passager et un rétroviseur sans cadre élégant et moderne. Le dessin des sièges avant s’inspire de la R5 Alpine des années 70/80 mais avec confort et modernité. Seul le réglage des lombaires est électrique, pour le reste ce sera manuel et il est assez dommage de ne pas pouvoir descendre aussi bas que dans la dernière Mini électrique. Cependant, il est obligatoire d’être assis assez haut si on veut mettre des passagers à l’arrière. En effet, la place aux jambes et au pied est très, très limitée, tout comme l’ouverture laissée par les portes. Pour ce qui est du coffre, la nouvelle Renault 5 dispose de 326 L, une bonne valeur vu la compacité de la voiture.

La Renault 5 des villes
Premier démarrage en ville, la voiture est évidemment silencieuse, à l’exception du bruiteur extérieur (paramétrable avec plusieurs sons). C’est assez agréable de naviguer en région parisienne en ce début janvier. La voiture est confortable, la direction plutôt précise et le rayon de braquage très petit ! Les suspensions sont fermes mais pas inconfortables, que ce soit à l’avant ou à l’arrière. La conduite en mode Brake permet presque de faire du One-Pedal. C’est-à-dire qu’à moins de devoir aller jusqu’à l’arrêt complet (ou un freinage d’urgence), vous n’avez pas besoin d’utiliser la pédale de frein. La consommation est réduite efficacement, avec entre 10 et 15 kWh / 100 km en plein hiver par 0°C. Plutôt pas mal avec des axes alternants entre 70, 50 et du pur centre-ville.

Avec 150 ch sous le pied et 245 Nm de couple disponible immédiatement, la Renault 5 n’est pas que bonne sur la consommation. La voiture est réactive et linéaire comme on l’attend d’une telle citadine électrique. En revanche et par temps super froid malgré les pneus 4 saisons de notre modèle d’essai, la puissance ne passe pas en permanence au sol.
Trois modes de conduite sont proposés. Comfort (le mode par défaut), Eco et Sport. Un mode personnalisable est également présent, nommé Perso. Les différences entre les trois modes de conduite se feront sur la dureté de la direction (trois niveaux) et la réactivité de l’accélérateur (trois niveaux aussi). Il est à noter que les trois modes prédéfinis sont également… personnalisables. On peut donc avoir la direction réglée au plus dur sur tous les modes de conduite, par exemple. Quand on pense que nombre des constructeurs ne permettent plus aucun réglage, cela fait plaisir ici. Et pour revenir sur la direction, elle offre une précision et une dureté proche de la perfection sur ce genre de voiture. C’est un gros point positif et cela promet de belles choses sur la déclinaisons Alpine. Le châssis bien que volontaire n’est pas le plus dynamique qui soit. L’empattement court donne à la Renault 5 une tendance à vouloir faire pivoter l’arrière. Cependant les suspensions sont réglées un peu trop confort pour vraiment rendre le train avant incisif. Cela n’augure que du bon pour la déclinaison Alpine !!

Sur notre Renault 5 finition Iconic Cinq, le volant et les sièges avant sont chauffants. La vitesse de chauffe de ces deux éléments est très impressionnante et très efficace. Les températures négatives de notre essai se sont faites oublier très rapidement et nous n’avons pas eu besoin d’utiliser trop le chauffage, préservant un peu l’autonomie sans sacrifier le confort.

Deux petits points négatifs ou disons qui ne nous ont pas plu. Premièrement, quelques bruits d’air dès 60 km/h. Si ces bruits d’air ont le malheur d’arriver très rapidement, ils restent identiques jusque 130 km/h et le bon système de sonorisation Harman Kardon couvre bien l’ensemble. Ensuite, il y a l’assistant RENO. Intégré comme un assistant personnel, il est bien trop intrusif. De plus, son animation d’apparition sur l’écran cache la totalité du reste de l’écran… Et que dire de son design ? Digne du trombone de Windows XP ou Vista, le dessin est assez grossier tant par la forme que les couleurs ou les animations. Heureusement que l’on peut le désactiver.
Mais sur l’autoroute, ça donne quoi ?
On le sait, les citadines et compactes électriques en ville sont plutôt efficientes car prévues pour cet usage. Aves des batteries plus petites donc plus légères, elles demandent moins d’énergie pour la mise en mouvement. L’autoroute n’est donc pas souvent leur fort. Lors de notre essai, les températures étaient les plus froides enregistrées en Ile-de-France depuis le début de l’hiver et on tournait entre -5 et 0°C. Sur les autoroutes à 110 km/h, la Renault 5 consommait en moyenne 19 kWh / 100 km. Si c’est beaucoup dans l’absolu, mais rapporté aux conditions climatiques et au confort choisi (chauffage des sièges et désembuage via la climatisation) c’est pas mal du tout. Alors oui une Tesla Model 3 fera un peu mieux, mais cela reste très bien.

La Renault 5 offre un confort de roulage très satisfaisant sur autoroute. Les bruits d’air restent quasiment les mêmes qu’à 70 km/h et les bruits de roulement sont très bien maîtrisés ! Pour tout vous dire, c’est mieux filtré que dans le Porsche Macan récemment essayé. Les aides à la conduite toujours nombreuses sont au rendez-vous. On retrouve les traditionnels limiteur de vitesses et régulateur adaptatif avec maintien dans la voie. Si ce n’est pas le système le plus au point (bonjour BMW), cela reste très utile et très naturel dans les corrections effectuées par la voiture.

La loi du voyage sur autoroute en électrique étant la recharge, que dit la Renault 5 sur ce point ? La batterie charge à une puissance maximale de 100 kW. Si ce n’est pas beaucoup, c’est tout de même intéressant puisque la batterie ne fait que 52 kWh de capacité. En théorie, la batterie passe de 15 % à 80 % en seulement 30 min. Sans pompe à chaleur cependant et malgré 40 min de roulage avant la charge, nous n’avons pas atteint plus de 58 kW de charge à environ 40% d’autonomie restante. Il faudra réessayer tout cela au printemps. Sur une prise à domicile, il faudra compter globalement 24h pour charger la voiture intégralement (moins si prise renforcée spécifique).
Renault 5 : ses prix et sa concurrence
Les citadines électriques ne sont pas légions. Après quelques modèles à la diffusion sporadique au début des années 90, Renault avait initié le pas au début des années 2010 avec la Zoé. Et au début, tout le monde s’est moqué de la voiture en demandant un moteur thermique dedans (Diesel évidement dans ces années). Il faut dire que la Zoé offrait un joli renouveau au style Renault à cette époque. Et la Zoé a été remplacée en partie fin 2024 par…. La Renault 5. En partie puisque la Renault 4 ajoutera une grosse dose de praticité.

Côté prix, la Renault 5 démarre à 25.990 € en finition Evolution et avec la petite batterie de 40 kWh associée à la petite motorisation de 120 ch. Dédiée à la ville et au péri-urbain presque exclusivement. La finition Techno propose soit 120 ch et 40 kWh (à partir de 27.990 €), soit 150 ch et 52 kWh (à partir de 31.490 €). Enfin la finition Iconic Cinq s’offre également avec les deux motorisations et batteries : à partir de respectivement 29.990 € et 33.490 €. Enfin une finition Five d’entrée de gamme viendra par la suite avec un moteur dégonflé à 95 ch. Notre exemplaire très bien optionné plafonne lui à 36.695 €.
La concurrence de la Renault 5 se compose à la fois de voitures à « petits budgets » comme la nouvelle Citroën ë-C3 mais également de voitures à plus hauts budgets. On pense facilement aux Opel Corsa et Peugeot 208 électriques. Sur le registre de la citadine haut de gamme, on retrouve la Lancia Ypsilon mais aussi la Mini Cooper E.

La Citroën ë-C3 fait figure d’épouvantail avec son prix d’appel plutôt bas. La citadine démarre à 23.300 € et finit à 27.800 € dans sa finition plus chère. Les Peugeot e208 et Opel Corsa font grimper la facture à une vitesse improbable. La Française culmine à 42.520 € tout en étant moins moderne, moins technologique et moins agréable à conduire. L’Allemande coute un peu moins cher (39.650 €) mais est également moins sexy à l’intérieur. Enfin, la récente Lancia Ypsilon remonte la barre à tous les niveaux pour ce triptyque en offrant un style unique, une finition vraiment agréable et des petites touches de luxe que n’ont pas l’Opel et la Peugeot. Configurée de façon équivalente, elle demandera 41.250 € et c’est la plus sympa des trois. Aucune des propositions Stellantis ne propose de jantes en 18 pouces comme la R5.



Enfin, il reste le cas de la Mini Cooper E. Nous avons essayé la Cooper SE récemment qui s’était révélée très agréable, technologiquement au niveau d’une BMW Série 5, avec un look rallye très réussi. La Cooper E est beaucoup plus sage, mais embarque la même technologie et le même cockpit complètement épuré. Elle reviendra à 38.110 € dans une configuration similaire.

Notre avis sur la Renault 5 après quelques jours

La voiture de l’année 2025 mérite-t-elle son titre ? Assurément oui. La citadine proposée par Renault cumule à la fois un look d’enfer, des prestations de haute volée et une côte de sympathie improbable sur une citadine. D’un point de vue conduite, c’est une réussite bien que j’aurais apprécié un châssis un poil plus précis (on me dit dans l’oreillette que l’Alpine A290 répond probablement à la question). Alors est ce que la côte de sympathie, le titre de voiture de l’année et les prestations suffiront à lui promettre de beaux chiffres de vente ? L’avenir nous le dira, mais il y a fort à parier que les carnets de commandes 2025 soient bien pleins. Restera à voir pour les autres années.
| Les + | Les – |
| Le look et la côte de sympathie | L’habitabilité arrière |
| Le plaisir de conduite | La vitesse réelle de recharge |
| La qualité intérieure | La position de conduite perfectible |




















































Texte et photos : Antoine
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