Si on vous parle de véhicule de luxe pour voyager au long cours, vous penserez certainement à une limousine du type Mercedes Classe S Maybach, BMW série 7 voire une Rolls Royce. Lexus approuve ce choix, puisque leur gamme compte la grande LS mais qui n’est malheureusement plus au catalogue Européen.
A la place, Lexus nous propose un ORNI qu’on pensait disparu mais dont raffolent les marchés asiatiques : un monospace ! Monospace certes, mais loin du coté utile et utilitaire tel qu’on l’a connu, puisque le Lexus LM (pour Luxury Mover) est conçu avec la philosophie Omotenashi (l’hospitalité à la Japonaise) chère à Lexus avec la participation des maîtres-artisans Takumi, ce qui rend le LM digne du statut de limousine selon la marque. Vraiment ?
Essai Lexus LM 350h 4 places : Luxe Massif
Massif, c’est le premier mot qui vient en tête quand on découvre le LM. On est à des années lumières de l’élégance et de la fluidité d’une limousine, mais on loue les efforts de Lexus pour habiller son LM.
On ne peut pas rater l’immense calandre trapézoïdale qui fait quasiment la moitié de la face avant, avec des inserts chromés. Chrome que l’on retrouve entre les phares, sur le bas de pare-chocs avant (à l’horizontale et à la verticale), l’entourage des vitres, les poignées de portes, les bas de caisse, le bas de la lunette arrière, les feux arrière, le bas de pare-chocs arrière et les logos.
Malgré tout, le style est cohérent du reste de la gamme avec des phares assez effilés et à l’arrière un gros bandeau lumineux qui fait toute la largeur et qui est complété par bandeau un peu plus fin. Lexus a cédé à la mode actuelle et ne se contente que d’un marquage LEXUS en toutes lettres à l’arrière. On notera les efforts faits sur le profil, avec des lignes de style sur la carrosserie et un travail sur l’intégration du vitrage pour éviter l’effet « mur » lié à ce type de silhouettes.




En revanche, on vous assure que les jantes font 19 pouces de diamètre ! Elles semblent perdues dans ce profil et c’est dommage parce qu’elles sont bien dessinées et jolies avec cet aspect chrome fumé. Et en plus ce sont des jantes forgées, pour plus de légèreté. On aurait aimé un peu plus de largeur de voie, mais on imagine que c’est pour limiter les bruits d’air et après tout le style ne sera pas le critère premier pour le LM… On y reviendra !
En tout cas, le style est très statutaire et ne manque pas de charisme. Le LM intrigue les gens dans la rue et fait poser beaucoup de questions. Nous n’irons pas jusqu’à dire qu’il est plus discret qu’une limousine mais disons qu’il sera moins ostentatoire. Notre Noir Graphite aide à le rendre plus discret, sachant que le catalogue est succinct avec un Blanc Arctique, un Gris Titane et un Bordeaux Agate. Toutes les teintes sont métallisées et sont comprises dans le prix.
Et vu les mensurations de la bête, le travail des designers a été certainement complexe : 5,12m de long, 1,89 m de large (hors rétros) et 1,94 m de haut. Pour comparer, c’est 11 cm de moins qu’une LS en longueur, quasi équivalent en largeur et… 50 cm de plus en hauteur ! Mais c’est pour la bonne cause…



Essai Lexus LM 350h 4 places : Luxe Modéré
En essayeur dévoué et surtout n’ayant pas (encore ?) les joies d’un chauffeur privé, j’attaque par la cabine de conduite. Et on peut la qualifier de cabine puisqu’on découvre une paroi de séparation entre l’avant et l’arrière ! Il faudra donc attendre encore un peu pour voir ce qui se cache derrière…
Mise à part cette paroi, la planche de bord est peu surprenante et complétement dans l’esprit Lexus. Et malgré cette séparation on ne se sent pas oppressé. L’ambiance claire aide certainement, avec notre douce sellerie en cuir semi-aniline beige (le noir est au même prix), complété par un pavillon en tissu beige, lui aussi très doux. La console centrale est en vrai bois (du Yabane Herringbone) en chevron et c’est superbe. Les inserts en cuir synthétique sur la planche et l’accoudoir font effet et de discrets lisérés cuivre rehaussent l’ensemble.
Malgré la diversité de couleurs et de matériaux avec du doré mat, du laiton brillant, de l’alu brossé, du bois, du cuir beige et 3 plastique noir différents (veiné, grainé, mat) c’est de très bon gout. Mention spéciale pour les plastiques travaillés « façon cuir », grainés et pelliculés qui prouvent que même du plastique peut être raffiné ! De nombreux constructeurs devraient en prendre exemple.



Tout est très bien fini et bien assemblé et on se sent vite à l’aise à bord. Le siège conducteur embarque 8 réglages électriques pour une position optimale et il y a le siège et le volant chauffant qui peuvent se lancer automatiquement selon la température. Il est également ventilé mais pas massant, il ne faudrait pas non plus que le conducteur ait une perte d’attention ! Choses de plus en plus rares pour être relevées : l’appui-tête est d’un confort et d’un moelleux appréciable et les ceintures sont réglables en hauteur. Le garde du corps côté passager est un peu moins loti avec seulement 4 réglages du siège, sans possibilité de changer la hauteur. Mais il a aussi la ventilation et le chauffage.
Incontournable, un grand écran de 14 pouces trône au centre. Très lisible et réactif, il gère tout y compris la climatisation. Mais pour plus de facilité, cette dernière est commandée par des molettes intégrée directement sur l’écran. Joli et pratique. Quelques commandes physiques subsistent pour le dégivrage et l’activation des caméras (là aussi certains feraient bien de s’en inspirer !), mais il faudra naviguer dans les pages pour désactiver les aides à la conduite (heureusement pas trop loin). Les raccourcis à gauche sont pratiques, tout comme la page qui met en avant les dernières fonctions utilisées.
Connaissant le souci du détail cher à Lexus on s’étonne de certaines polices d’écriture pas cohérentes du reste et d’autres qui sont peu lisibles (un problème que l’on retrouvait également sur le RZ). Le contenu de l’écran est vraiment complet, avec la possibilité de personnaliser beaucoup de choses, pour la conduite, les systèmes de sécurité ou les éclairages.
L’écran est complété par un grand compteur numérique de 12,3 pouces. Lui aussi est lisible et pas trop surchargé. Il est personnalisable pour afficher les informations souhaitées. Allez savoir pourquoi, contrairement à la version 7 places qui l’a de série, le LM 4 places n’a pas d’affichage tête-haute. Absent également, un chargeur à induction pour le téléphone, pourtant de série sur un LBX à 36.700€… A croire que le réseau de bord n’était pas loin d’être saturé par les équipements à l’arrière !



Essai Lexus LM 350h : Luxe Maitrisé
La Hi-fi Mark & Levinson Reference a beau annoncer 23 haut-parleurs et une spatialisation 3D, le résultat est bon à l’avant mais pas spectaculaire non plus. Quelques éclairages d’ambiance sont disséminés çà et là mais c’est dommage de ne pas avoir les superbes projections du Lexus RZ.
Un mot devait être en tête du cahier des charges : ergonomie. Souvent sacrifiée au profit du style, ici c’est le véhicule qui s’adapte au conducteur pour lui faciliter la tâche avec une redondance des fonctions. Quelques exemples : si les phares matriciels sont activés il y aura une LED sur le comodo et un affichage dans le combiné. L’ouverture des portes arrière ? Via des boutons à gauche du volant ou des boutons au plafonnier. Et s’ils ne sont pas forcément beaux, ils sont ultra-lisibles, même de nuit.



On sent également que la quiétude à bord n’était pas négociable. Les portes n’ont pas besoin d’être claquées mais posées, le soft-close s’occupant de les plaquer et c’est impressionnant de voir les vitres monter et descendre avec absolument aucun bruit. Elles doivent pourtant peser lourd vu leur taille et vu l’épaisseur du double vitrage. La remarque vaut également pour les portes coulissantes et le hayon motorisé.
Les rangements sont nombreux, avec un vide-poche au centre sous le bois (où le chargeur induction aurait pu prendre place…), deux porte-gobelets, une petite boite à gants, un énorme accoudoir central qui s’ouvre aussi bien côté conducteur que passager et des bacs de porte.
Et comment ne pas finir sur l’habitacle en parlant du pommeau. Depuis qu’on m’a fait remarquer qu’il ressemble à la tête de Batman je ne vois plus que ça ! Merci Gautier… Mais en plus d’être bien dessiné il tombe bien en main et il est nettement plus pratique que des boutons ou une molette.



Lexus LM 350h 4 places : Luxe Maximal
Vient enfin le moment tant attendu avec ce LM : l’ouverture des larges portes arrière. Et pas d’excuse pour ne pas y arriver tant il y a de possibilités de le faire ! En tirant la poignée, en appuyant sur les boutons montés sur ladite poignée, via la télécommande, ou encore avec les nombreux boutons à l’intérieur.
Et là, on change de monde. Avec l’empattement de 3 mètres on découvre un espace immense, pas loin de la superficie d’un studio Parisien. Forcément avec cette silhouette on a beaucoup de garde au toit et plus d’1,50m d’espace aux jambes.
C’est très lumineux, bien aidé par l’ambiance beige et les grandes vitres latérales complétées par deux minuscules toits vitrés. Preuve que le LM est conçu pour l’arrière ? Le tissu du pavillon de l’avant est remplacé par de l’Ultrasuède (de l’Alcantara sans la licence) et le cuir semi-aniline devient aniline pour une douceur infinie. Tout est raffiné, très bien fini et les assemblages sont parfaits. Il faut vraiment chercher pour trouver du plastique ! Même le coffre est quasi intégralement recouvert de cuir et on retrouve les superbes boiseries en chevron de l’avant sur toute la console du plafond.
De nuit, les éclairages d’ambiance font le minimum avec discrétion, bien loin de l’atmosphère Night Club des Mercedes Classe S ou BMW i7. 14 couleurs sont disponibles avec la possibilité de régler la luminosité par zone. Un filet lumineux est intégré à la console de pavillon avec une lumière tamisée et les liseuses ont un faisceau puissant et précis.




Comme à l’avant, le souci du détail est poussé : parapluie de chaque côté à portée de main, crochets à vêtement avec amortisseur pour ne pas claquer, roue de secours dans une housse en tissu, grandes poignées en cuir (verticales et horizontales) pour l’accès à bord… Tout est fait pour faciliter l’utilisation jusqu’au moindre détail.
En majesté, deux fauteuils dignes d’un jet privé trônent au centre. Deux, pas un de plus. Cousus main, ils sont très beaux mais surtout très, très confortables. Évidement les réglages sont quasi-infinis et ils sont massant avec plusieurs modes mais ventilés et chauffants avec des modes automatiques. On retrouve d’ailleurs du chauffage aussi sur les repose-jambes et les accoudoirs de chaque côté. On peut même les incliner jusqu’à l’horizontale pour dormir allongé. Ils s’allongent tellement qu’on pourrait se croire chez le dentiste, la scialytique et la douleur en moins…




Et à l’image du reste, les moteurs des sièges sont d’une discrétion sans faille. Il y a tellement de réglages et de fonctions que des boutons n’auraient pas été pratiques. A la place, chaque passager possède son propre smartphone bien intégré à la console centrale qui gèrent aussi les stores, le multimédia, les éclairages et la climatisation. N’essayez pas de partir avec : ils sonnent et se désactivent si vous les éloignez de leur Lexus LM !
Malgré le confort d’un autre monde vous n’arrivez pas à dormir ? Commencez par fermer les stores (ou demandez au chauffeur de le faire depuis l’avant) pour une ambiance tamisée et douce. A l’image du reste, ils s’ouvrent et se ferment sans aucun bruit. Mais ne cherchez pas celui de la lunette arrière : il n’y en a pas ! c’est d’autant plus étrange que même les berlines ES et LS en ont un et qu’en position allongée vous pourrez avoir les rayons du soleil dans les yeux.



Essai Lexus LM 350h : Luxe Mesurable
Et si vous ne voulez toujours pas dormir, autant utiliser l’immense écran OLED de 48 pouces, quasi aussi grand que la calandre ! Avec une définition de 3840×1080 pixels l’image est de bonne qualité et la largeur permet de choisir une image en plein écran ou deux sources différentes. Petite déception à ce niveau, la connectivité se limite uniquement à du Miracast et pas d’AirPlay ou de Chromecast. Idem concernant les applications natives : il n’y en a pas ! On est à des années lumières du Theatre Screen de la BMW série 7 avec résolution 8k, Amazon Fire TV natif et connectivité 5G. En revanche il y a un lecteur CD/DVD/BluRay intégré à la cloison centrale.
Malgré tout, les 3 ports HDMI permettront de connecter un PC, une console ou les deux en même temps et les nombreuses prises USB-C (6 !) assureront la recharge. Il y a même deux prises 220v (une à l’arrière, l’autre dans le coffre) qui assurent des recharges jusqu’à 1500W ! De quoi alimenter un appareil à raclette sans arrière-pensée. Après tout, pourquoi pas ? Pour les téléphones, deux chargeurs à induction prennent place dans les parois latérales.



Coté son, même constat que pour le reste : on change de monde par rapport à l’avant ! Malgré l’impossibilité de faire des réglages à l’arrière, la hi-fi Mark et Levinson devient excellente avec un son clair et peu de distorsion. Les passagers pourront utiliser des casques avec des prises Jack mais à priori pas de Bluetooth directement depuis l’écran, il faudra se connecter en direct sur l’appareil utilisé pour du sans fil.
Mais ne boudons pas notre plaisir, c’est un bonheur de pouvoir regarder ses films préférés ou de jouer à la console seul ou à deux en voiture ! Et si vous devez absolument faire une réunion avec les actionnaires pour savoir quelles marques doivent survivre dans votre groupe beaucoup trop grand, la cloison embarque une lucarne en double vitrage feuilleté acoustique et vous isolera totalement du conducteur. Et si vous voulez embrasser votre passager(e) sans que le conducteur le sache, vous pourrez même rendre la vitre opaque avec un simple bouton. Des capteurs thermiques se cachent dans la cloison. Ces capteurs à infrarouge mesurent la température des passagers et de l’habitacle pour obtenir une vision plus précise du niveau de chauffage ou de refroidissement nécessaire, et à quel endroit.




Confortable mais aussi pratique, on ne s’attendait pas à autant de rangements dans cet espace. Accoudoir central qui s’ouvre des deux côtés, tablettes en magnésium et en cuir anti-dérapant pour poser un ordinateur, deux boites à gants en bas de la cloison, frigo de 14L au centre de la cloison ou encore poubelle au sol entre les sièges. Et pour les bagages le coffre est d’un volume correct, même si les positions couchette le réduisent grandement. Pour l’ouvrir, pas de bouton au centre qui obligerait à faire un pas en arrière vu la taille du hayon mais des boutons de chaque côté au niveau des custodes, à hauteur de main.
La sécurité des passagers est assurée avec les portes qui se désactivent en cas de circulation depuis l’arrière. Les vitres ne descendent pas entièrement comme pour empêcher la foule de toucher les passagers.
L’arrière est vraiment un cocon qui fige le temps et isole complétement du monde extérieur. On s’approche plus du jet privé sobre et raffiné que de la limousine !





Lexus LM 350h 4 places : Luxe Moelleux
Notre conscience professionnelle nous pousse évidement à conduire cet engin, et avouons que les quelques amis qui auraient pu me conduire ont tous couru vers les places arrière…
Avant de commencer, quelques précisions techniques s’imposent. La principale (et Lexus insiste fortement dessus) c’est que la plateforme TNGA n’est pas issue de monde utilitaire mais elle est dérivée de celle des NX, ES, RX ou encore le tout nouveau TZ. C’est avant tout pour garantir des prestations haut-de-gamme, notamment sur l’acoustique, le confort, la rigidité et les aides à la conduite. C’est également plus facile pour reprendre la motorisation hybride.
Il s’agit ici de la version auto-rechargeable 350h, qui associe un moteur thermique de 2,5 litres de cylindrée et 190 chevaux avec deux moteurs électriques de 182 et 54 chevaux. Tous les moteurs ne travaillant pas de manière simultanée, cela donne une puissance maxi de 250 chevaux. Et pour une motricité optimale, le Lexus LM est en transmission intégrale « E-FOUR », le moteur arrière pouvant entrainer seul les roues arrière. La puissance peut varier de 100% à avant / 0% à l’arrière jusqu’à 20% à l’avant et 80% à l’arrière.
Malgré le poids en ordre de marche pachydermique de 2420 kg (cela dit, c’est à peine plus qu’une DS N°8…) les performances ne sont pas ridicules avec un 0 à 100 km/h en 8,7 secondes et une vitesse maximale de 190 km/h. Mais avec cette masse il faudra être vigilant au chargement, la masse admissible étant limitée à 2870 kg. Soit 450 kg pour conducteurs, passagers et bagages…
Vu le gabarit on apprécie plus que jamais les caméras 360° avec vision 3D de l’environnement qui s’activent automatiquement à basse vitesse. Le rétroviseur numérique permet une bonne vision de l’arrière, surtout quand la cloison est fermée. Mais quand celle-ci est ouverte et que les stores le sont aussi on s’étonne de la bonne visibilité de ¾ arrière grâce aux custodes. Cependant le montant B très avancé gêne la vision sur certains carrefours. Avec 13m, le rayon de braquage est bon (c’est à peine plus qu’une BMW i4) et le capot court permet de s’approcher des obstacles



Mais à part le gabarit et les 1,94m de haut qui ne passeront pas dans tous les parkings (ou alors qu’une seule fois…) le Lexus LM se conduit facilement et tout en douceur. La direction est légère, la suspension très confortable et la position haute permet de dominer la route.
Différents modes de conduite sont disponibles. Les habituels Eco, Normal, Custom et même l’incongru Sport, éventuellement pour vous enfuir si vous êtes poursuivis par des manifestants mécontents de votre annonce de fermeture d’usine. Puis il y a un dernier mode, inédit, et certainement le plus intéressant : Rear Comfort.
Comme son nom l’indique, il optimise le confort à l’arrière via une multitude d’actions. Par exemple, il ajuste les performances de la suspension ainsi que la répartition du couple pour supprimer les vibrations. Le système de freinage Automatic Smart Stop, le Pitch Control (contrôle de l’inclinaison) et la Suspension Variable Adaptative (AVS) via des valves sont également déployés pour maintenir un comportement souple et stable. Le soulèvement de l’avant à l’accélération est réduit de 10 % et le plongeon au freinage de 45 %. Les cartographies des pédales d’accélérateur et de freins sont également modifiées avec une course plus longue pour éviter les à-coups. Et c’est impressionnant d’efficacité !
De toute façon, le Lexus LM se savoure à allure modérée et avec une conduite souple. Premièrement pour ne pas brusquer les passagers arrière mais aussi parce qu’il n’aime tout simplement pas ça. Sans être dangereux, le poids vous rappellera à son bon souvenir en élargissant gentiment une trajectoire un peu trop optimiste.



Essai Lexus LM 350h : Luxe Mobile
Et en bonne hybride du groupe Toyota qui se respecte, la boite est de type CVT. Malgré des améliorations et une grosse couche d’insonorisant, les grosses accélérations rendront le moteur très audible avec l’impression désagréable de mouliner dans le vide. Soulager l’accélérateur réglera le problème, d’autant que le LM ne manque pas de puissance pour s’insérer efficacement dans le trafic. Et l’honneur est sauf : cette remarque vaut pour l’avant mais pas pour l’arrière, où il n’y tout simplement aucun bruit. Air, roulement ou moteur sont absents, même à 130 km/h. A l’avant l’isolation étouffe les bruits d’air qui n’apparaissent vraiment qu’aux alentours de 130 km/h. Le double vitrage aide certainement mais cela reste une prouesse vu la verticalité de l’avant et les gros rétroviseurs.
Même si le chauffeur n’est pas au centre de l’attention de ce Lexus LM, il aura malgré tout quelques attentions appréciables. Outre le confort des suspensions, l’arsenal d’aides à la conduite est ultra-complet, jusqu’à la conduite semi-autonome (mais sans aide aux embouteillages) qui s’est révélée d’une stabilité hors pair même sous la pluie et avec du vent latéral, où le profil de monospace n’aide pas. Et contrairement à la DS N°8, la détection tactile des mains sur le volant est sans faille et possible sur toutes les zones du volant. La conduite de nuit est bonne avec des phares matriciels et des rétroviseurs extérieurs électrochromes.
Évidemment comme l’intégralité des Japonaises, les BIP sont nombreux et réguliers, y compris l’alerte d’attention qui vous rappelle à l’ordre quand vous touchez… l’écran central ou les rétroviseurs extérieurs. Mais on s’y fait en baissant le son d’alerte au maximum et c’est très utile d’avoir des pop-up clairs qui alertent en cas de souci.



A la fin de notre essai, la consommation moyenne s’établissait autour des 8L aux 100 km, avec beaucoup d’autoroute. Même si la valeur peut paraitre élevée, il faut garder en tête la stature du LM. Au-delà de la boite, la maitrise de Lexus sur les hybrides n’est plus à faire avec de nombreuses phases électriques (qui peuvent aller jusqu’à 100 km/h). Les transitions thermique / électrique sont transparentes. La régénération prédictive au freinage croise les infos du radar de distance pour ralentir au mieux par rapport au véhicule de devant, sans que le conducteur jongle avec l’accélérateur. Et il y a même un mode Manuel avec palettes au volant qui simule des passages de rapport, même si on aurait préféré pouvoir régler directement la force de régénération au freinage avec celles-ci. Mais plus on le conduit plus on l’apprécie !
Et à l’arrière ? Rien. Pas une vibration, pas une secousse de la route, pas un bruit. La sensation de cocon à l’arrêt se poursuit tout le long du voyage. Pour y parvenir, Lexus à doublé l’intégralité du vitrage, à mis 5 couches d’insonorisant dans le toit et utilise des pneumatiques inédits. Développés avec Yamaha, ils embarquent un nouveau résonateur ouvert qui absorbent le bruit, une première mondiale. Les haut-parleurs ont également une fonction de contrôle actif du bruit, comme un casque, en émettant des ondes sonores en phase inverse par l’intermédiaire d’un haut-parleur, réduisant ainsi les sons de basse fréquence lorsque la voiture roule. Nouvelle confirmation, s’il en fallait une, que le Lexus LM est conçu autour des passagers arrière et qu’ils sont au centre de l’attention !



Essai Lexus LM350h : Luxe Monacal ?
Si le Lexus LM 350h AWD 7 places commence à 131.000€, il faut compter 155.000€ pour la version 4 places. Aucune option ne peut être ajoutée, tout est de série. Mais la France impactera lourdement la facture. Lourdement est le mot, puisqu’entre le malus au poids et le malus des 167g de CO2/km, il faudra ajouter 35.000€ de taxes. Imaginez s’il n’était pas hybride…
Si ce prix le place directement en face des Mercedes Classe S et BMW Série 7, l’esprit n’est pas comparable. Les berlines seront aussi agréables à conduire qu’à se laisser conduire mais le coté cocon à l’arrière n’y sera pas.




En Europe, la star incontournable sur les monospaces haut-de-gamme c’est Mercedes. Le Classe V n’existe pas en hybride, uniquement en essence et en Diesel. Le 250d a 190 chevaux, comme sur le Lexus. Pour précisément 5.221,20€ il deviendra 4MATIC. Et même en haut de gamme Exclusive (à 103.519,20€, hors options nécessaires) il aura une configuration 6 places et non 4. Pour avoir un espace équivalent à celui du LM il faudra se tourner vers les préparateurs type Brabus. Coté malus c’est encore pire que le LM. Avec plus de 200g de CO2 par kilomètre ça sera 80.000€ de taxe !






Pour éviter les malus et se donner bonne conscience avec sa motorisation 100% électrique, le tout nouveau Mercedes VLE s’annonce très prometteur. Mais comme le Classe V, il n’a que des versions 6 places… En attendant le future Mercedes-Maybach VLS à 4 places !






Et si le plus gros concurrent venait aussi d’Asie ? Le Denza D9, du groupe BYD promet des prestations luxueuses. Mais il sera en face de la version 7 places. Pas de cloison pour séparer mais tout de même des sièges inclinables avec toutes les fonctions possibles : massage, chauffant, réfrigération et une sono Devialet. C’est un hybride rechargeable (PHEV) de 353 chevaux et il coûte 83.500€. Comme c’est un PHEV le malus sera bien inférieur à celui du LM.






Le Lexus LM en version 4 places est donc bel et bien seul au monde !
Essai Lexus LM 350h : Luxe Monospace ?
Notre curiosité d’avant-essai à laissé place à une admiration vis-à-vis de ce Lexus LM. La marque a poussé les curseurs de la limousine encore plus loin en optimisant chaque recoin de la silhouette monospace. Il n’en met pas plein la vue à coup d’artifices mais fait tout de manière précise et mesurée, avec une maitrise quasi parfaite. Certes, la conduite reste sans saveur, mais ses clients l’achèteront avant tout pour ses places arrière qui offrent un cocon qui arrête le temps et isole du monde. Certains proposent des limousines à conduire mais pas ici : on est dédié à l’arrière.
Et ne cherchez pas. Un monospace de luxe avec seulement 2 places à l’arrière et une cloison de séparation pour une confidentialité et un calme sans pareil, ça n’existe nulle part ailleurs. Et une Classe S, c’est tellement commun !
| Les + | Les – |
| Le cocon / les sièges arrière | Connectivité et technologies embarquées limitées |
| Douceur de conduite et confort | Tarif et malus décourageants |
| Matériaux utilisés | Pas de store de lunette arrière |
Texte et photos : Romain
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