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Essai DS AUTOMOBILES N°8 FWD Long Range Etoile : le vrai haut de gamme Français ?

Cela va bientôt faire 2 ans que la grande berline DS 9, fleuron de DS Automobiles, n’est plus fabriquée. Malgré des ventes faibles, DS ne se laisse pas abattre et ne compte pas laisser la place vide. Pour cela, la marque a lancé une offre très différente. Sur le fond (électrique uniquement), la forme (pas vraiment berline, pas vraiment SUV) mais aussi avec un nouveau nom, digne d’un parfum (très) haut de gamme. Voici la DS Automobile N°8, le nouveau haut de gamme Français ! 

DS : Design Sculptural ?

La comparaison avec la DS 9 oppose clairement deux philosophies. La DS 9 jouait sur des formes de berline classique, bien proportionnée et élégante. La N°8 est sur une silhouette moderne très en vogue, entre berline et SUV que la marque définit d’ailleurs comme Fastback et comme nouvelle évolution des SUV coupé. Pour faire simple, elle est 10cm plus courte que la DS 9 (mais mesure quand même 4,82m de long !) et elle est 12cm plus haute avec 1,58m, donnant une toute autre perception. Au risque de froisser les puristes, cela rappelle un peu la démarche de la DS originelle à l’époque ! 

Mais revenons à notre N°8. C’est la descendante directe du concept DS Aero Sport Lounge de 2020 et elle en reprend beaucoup d’éléments. Elle mérite qu’on s’y attarde en prenant le temps de l‘apprécier et de la détailler. 

De profil, la voiture est très élancée et masque plutôt bien son gabarit avec des porte-à-faux équilibrés. Le pavillon semble flotter, d’autant plus avec le montant C en forme de triangle qui est mis en avant et qui semble ressortir du reste. A l’opposé, le pare-brise est un peu plus vertical, probablement pour préserver l’habitabilité.

Notre teinte Cristal Pearl, emblématique de DS Automobiles depuis les débuts, est élégante et colle bien à la N°8. Elle met aussi en lumière le ratio carrosserie/vitrage avec beaucoup de carrosserie et assez peu de vitrage, laissant planner des doutes pour les claustrophobes à bord. Les poignées ne viennent pas gâcher le style, elles sont motorisées à l’avant et sortent au déverrouillage et à l’arrière elles sont cachées dans le montant. On ne peut pas en dire autant de l’énorme trappe de recharge qui doit avoir le record de toute la production, elle est plus grande qu’une feuille A4 ! Les jantes 20 pouces « Lyrae »de série sur Etoile ne paraissent pas si énormes et il existe de superbes jantes forgées « Cassiopeia » de 21 pouces à 1100€ pour mieux remplir les passages de roues.

L’avant est marqué par l’immanquable calandre « DS Luminascreen » qui s’illumine avec une multitude de traits verticaux autour d’un logo DS éclairé. Cette calandre est spécifique à cette version haut de gamme Etoile. Elle est entourée par de grandes signatures lumineuses en forme de V appelées DS Lightblade qu’on avait aperçu sur le concept DS E-TENSE PERFORMANCE de 2022. Ces DRL sont directement reliés aux phares ultra-fins. Ils sont chacun composés de 3 modules délimités par 8 LED qui reprennent le motif « clous de Paris » cher à DS qui font également penser à des diamants. 

A l’arrière aussi les feux sont très fins et ils reprennent le gimmick de la marque : les écailles. Ils sont complétés par une nouveauté chez DS, une signature lumineuse verticale directement reprise du concept Aero Sport Lounge. Cette signature évolue en fonction de l’angle de vue, passant d’un simple trait en plein arrière à une lame striée vue de ¾. Comme sur N°4, N°8 renonce au logo DS à l’arrière pour n’avoir que les écritures « DS AUTOMOBILES N°8 » en aluminium brossé, peu visibles sur le Cristal Pearl.

En plus des poignées de portes, d’autres efforts ont été faits pour optimiser l’aérodynamisme. Les essuie-glaces sont intégrés sous le capot et des volets d’air mobiles sont intégrés au bouclier avant. En se fermant, ils permettent un gain aérodynamique de 95% par rapport à une entrée d’air classique et donnent donc plus d’autonomie (+18 km WLTP / 22 km sur autoroute). N°8 annonce un CX de 0,24, une bonne valeur tous segments confondus.

Le nuancier n’est rempli que de teintes métallisées avec aucun nacré à l’horizon malgré le coté premium. Si le Cristal Pearl n’est pas votre tasse de thé, vous pourrez vous rabattre sur le Blanc Albatre, le Bleu Topaze (similaire au bleu de la Lancia Ypsilon), le Noir Perla Nera ou encore le Gris Paladium tous facturés 1300€ à part le blanc qui est de série. Dommage de ne pas retrouver le Whisper (le violet foncé métallisé des DS 3, 4 et 5, 9), pourtant superbe et qui aurait certainement bien collé à N°8.

Les amateurs d’exclusivité auront en extra-série le Bleu Liberté, identique à celui de la N°8 présidentielle ! Appliqué à la main, il n’est disponible que sur le haut de gamme Etoile. Et cette exclusivité à un prix : 7700€ ! Autre exclusivité mais nettement plus abordable, un capot noir est en option à 300€ et donne une autre perception de N°8.

Essai DS N°8 : Palace étoilé

La découverte de l’intérieur confirme que nous sommes à bord d’une DS, avec un grand soin porté aux détails et aux matériaux utilisés. La planche de bord n’est pas dominée que par des écrans mais propose une ambiance particulière, proche de l’univers de l’architecture ou de la décoration. Certes, quelques plastiques durs persistent mais uniquement sur les parties basses de l’habitacle et les zones rarement en contact. Chose de plus en rare, on a même des pare-soleil en tissu !

Évidemment, un grand écran panoramique de 16 pouces est présent, mais il est entouré d’un plastique noir brillant strié, d’une barrette d’aluminium légèrement dorée, d’Alcantara et de TEP. La console centrale est une grande arche flottante qui délaisse le noir brillant (merci DS !) pour un plastique mat avec des décorations illuminée du plus bel effet. Les boutons du volume et des modes de conduite adoptent un effet Cristal un peu à la manière d’un BMW iX. Elle renferme un grand rangement sous l’accoudoir ainsi qu’un petit rangement discret sous la main.

L’autre incontournable d’une DS c’est son cuir bracelet de montre. Cependant sur notre voiture d’essai, pas de profusion de cuir ! Mais ce n’est pas grave, à la place nous avons une belle sellerie en Alcantara « Bleu Eternel ». Faite avec 68% de matière recyclée elle est confortable et permet un excellent maintien dans les sièges avec l’effet « scratch » de la matière. Le cuir reste évidemment possible en option, avec le choix d’une sellerie noire (2.050€) ou Brun Alezan (2.350€). Nouveauté chez DS, les sièges avant sont des sièges intégraux (donc avec appuie-tête fixes) et ils embarquent une autre nouveauté plutôt réservée aux cabriolets : le DS NECK WARMER. Ce sont des chauffe-nuque intégrés aux dossiers, plaisants à utiliser et bien mis en valeur par un logo DS rétro-éclairé avec un aspect cristal. C’est en série sur la version Etoile et notre véhicule ayant le Pack Confort Absolu à 2.500€, les sièges étaient en plus chauffants et ventilés (y compris à l’arrière), massants avec 8 programmes et avec de nombreux réglages, y compris le coussin d’assise et l’écartement des coussins latéraux du dossier. C’est rare ! Ce pack ajoute également d’élégants passepoils légèrement dorés.

Le bleu de notre sellerie se retrouve sur la planche de bord et les contreportes via du TEP (donc du simili-cuir en plastique) et de l’Alcantara ainsi que sur le volant. Et ce volant, parlons-en !

Tout nouveau et lui aussi inspiré des concept-cars, il est en forme de X et c’est déroutant la première fois. Des zones de préhension sont intégrées sous les branches et on cherche un peu sa position idéale pour conduire. Il faut quelques kilomètres avant d’alterner entre les branches et ces zones dédiées sans y réfléchir. C’est avant tout un objet de design beau à regarder avec des inserts légèrement dorés comme sur la planche de bord, des surpiqures même au centre ou encore des commandes tactiles noires brillantes qui, au passage, sont illisibles avec des lunettes de soleil. Et en plus le volant est chauffant grâce à notre fameux Pack Confort Absolu. Cependant, même à ce prix il faudra se contenter d’un gainage en TEP. Pour avoir un vrai volant cuir il faudra opter pour la sellerie cuir optionnelle. Au moins ça permet un intérieur Vegan dans notre cas.

Contrairement à nos apriori l’habitacle est très lumineux, bien aidé par l’immense toit panoramique en verre (option à 800€). Une sérigraphie qui rappelle celle de la console centrale est gravée dans le verre et probablement pour des questions de poids et de coût, il s’affranchit de store ou de fonction d’obscurcissement comme sur un Renault Scenic E-Tech. D’après DS, le traitement des différentes couches de verre permet une différence de seulement 1% dans la transmission solaire totale et de 2 % dans la transmission de la lumière. 

Puisqu’on parle de lumière, DS a particulièrement soigné les éclairages d’ambiance. On ne peut pas rater les « Inner Lightblade », deux signatures lumineuses verticales qui viennent en écho aux feux de jour extérieurs. Elles animent les extrémités de la planche de bord et délimitent des zones très intéressantes de l’intérieur. En effet, ce sont les poignées de portes (je vous rassure, tout le monde les cherche la première fois !) mais c’est également des haut-parleurs intégrés à une plaque d’aluminium gravé. C’est franchement superbe. Pour le reste, il y a quelques éclairages indirects sur les bords de la planche ainsi que côté passager et dans les caves à pieds. Les passagers arrière ont aussi droit à quelques éclairages. Le nombre de couleurs possible est assez limité mais le résultat est superbe et on évite le coté boite de nuit de Mercedes. Et contrairement à beaucoup de modèles, on profite de l’éclairage d’ambiance aussi de jour. La hifi Focal apporte d’ailleurs plus d’éclairages que la version standard, pour mieux mettre en valeur le haut parleur en aluminium.

J’ai parlé plus haut de l’écran panoramique de 16 pouces. Plusieurs thèmes graphiques sont au choix avec des effets et des couleurs très sympa. Il est d’une très bonne définition et la page d’accueil est personnalisable selon les informations qu’on souhaite afficher. Cela reste le même contenu que celui qu’on connait déjà depuis des années chez Stellantis (depuis la DS 4). Ce n’est pas le plus rapide, le mieux organisé ni le plus stable avec le CarPlay sans fil mais il fait le job au quotidien. Mais si on compare, on est clairement loin d’un écran de Renault ou de Tesla. L’écran est complété d’un compteur numérique de 10,25 pouces, trop chargé en informations. Et en plus selon la position de conduite, la caméra qui surveille le conducteur sera gênante et attirera l’œil vu qu’elle est mise en avant sur la colonne de direction et non pas cachée dans le montant de parebrise comme sur une Renault Clio. Et si ça ne suffisait pas, DS monte également sur cette version un affichage tête haute pour la vitesse ou la navigation.

La recharge des téléphones ne sera pas problématique avec, à l’avant, 2 prises USB-C et une recharge par induction qui est assez lente mais dont le tapis est en Alcantara. A l’arrière aussi il y a 2 USB-C ainsi qu’une prise 12v. Au délà des prises, les passagers arrière apprécieront le bon espace aux jambes et une largeur suffisante même à 3 sur la banquette. Et pour une fois la place centrale n’est pas un supplice. En revanche le passager central ne profitera pas du chauffage ou de la ventilation de la banquette mais il aura quand même accès à la commande de la climatisation tri-zone. Notons enfin que la garde au toit n’est pas immense mais suffisante et moins pire qu’espérée par la chute de toit.

Et même à 5 il y aura de la place pour les bagages avec 580L de capacité avec un hayon très large et qui s’ouvre haut pour faciliter le chargement. En plus ce n’est pas une zone remplie de plastiques durs avec des cotés tapissés de moquette. Mais pour le rangement des câbles, ce sera forcément sous le plancher du coffre, DS Automobiles n’ayant pas implanté de coffre à l’avant, pourtant bien pratique. La modularité est plutôt classique avec une banquette rabattable mais intelligente avec un fractionnement 40/20/40.

Les mélomanes seront ravis d’apprendre que le partenariat avec Focal est toujours d’actualité. Compris dans le Pack Confort Absolu à 2.500€, le pack hifi Focal Electra 3D dispose de 14 haut-parleurs et 690W avec un spatialisation 3D du son. Des haut-parleurs sont même ajoutés à côté des poignées de maintien au niveau du toit et on ne se lasse toujours pas de regarder les superbes grilles en Aluminium gravées sur les portières. Le rendu sonore est assez sensible à la qualité de la source, mais il donne d’excellentes basses et restitue une bonne fidélité. 

La DS N°8 s’inscrit dans une démarche écologique avec des matériaux valorisés en fin de vie dans les textiles (à 60%), la moquette (75%) et les tapis de sol (96%). Le retrait du chrome au bénéfice de la peinture, de l’aluminium et de l’inox brossé s’inscrit également dans cette démarche.

DS : Dynamique et Sportive ?

Une fois le tour du propriétaire fini, on referme les portes (en cherchant la poignée) avec un bruit très feutré et on s’installe. Les sièges sont confortables, les genoux ont droit à des matériaux moussés le long de la console et on constate que la position de conduite est plus haute que prévue, confirmant le coté SUV. Comme pour la garde au toit, on constate que la visibilité arrière est moins pire qu’attendue malgré un montant C énorme et en plus pour la première fois nous avons droit à un rétroviseur par caméra. La résolution et la luminosité sont excellentes en toutes circonstances et l’implantation de la caméra dans l’aileron évite que les éclaboussures gênent la vue (surtout qu’il n’y a pas d’essuie-glace arrière). En cas de saleté dessus il y a même une buse de nettoyage. Les réfractaires pourront toujours désactiver le système pour profiter d’une vue à l’ancienne avec le miroir. Toujours est-il qu’avec 3 passagers à l’arrière c’est très appréciable.

Notre motorisation d’essai est l’intermédiaire sur les 3 du catalogue. Comme la « petite », c’est une traction mais plus puissante avec 245 chevaux au lieu de 230. Alors pourquoi une version juste avec 15 ch de plus ? Parce que la différence est ailleurs, avec une énorme batterie de 97,2 kWh utiles au lieu de 73,7. De quoi annoncer une autonomie WLTP confortable de 710 km, on y reviendra.

Loin de nous l’idée de la torturer comme certains qui partent du principe que comme c’est une Française elle sera larguée face aux sacro-saints Allemands et qu’il faudra la descendre coûte que coûte. Mais notre essai tombait bien. Nous avions beaucoup de trajets à faire, principalement sur autoroute et nous recevions des amis, obligeant à faire des trajets à 5. Et plus la météo n’était pas des plus optimales avec de la pluie et des températures autour des 10°… Un essai « vraie vie » en somme.

En plus deux de nos hôtes sont déjà des électro-convaincus, l’un avec une BMW i4 et l’autre avec une Tesla Model 3… Et quelques freins vis-à-vis de cette DS à casser dans leur tête.

Dès le départ, on apprécie la douceur de la direction et du moteur pour évoluer en ville. On cherche encore nos marques avec le volant mais on apprécie la régénération réglable via les palettes et, nouveau chez DS, on peut opter pour un 1-Pedal qui s’active sur la console centrale. Un peu dur à apprivoiser au départ avec de fortes décélérations pas toujours souhaitées il se fait oublier ensuite avec de la maitrise. Et il reste activé même en manoeuvres ou au redémarrage. Nettement plus facile à maitriser, les caméras 360° ont une excellente définition même en pleine nuit. De quoi faire facilement oublier celles des premiers DS 7 ! Histoire de titiller nos amis, parlons du rayon de braquage. Avec 11,3m, c’est 70 cm plus court qu’une Tesla Model 3 (qui mesure 10 cm de moins) et c’est carrément 1,20m de moins qu’une BMW i4 de longueur quasi similaire.

Comme sur les DS 4, DS 7 et DS 9, N°8 reçoit en série un système d’amortissement variable relié à une caméra située en haut du pare-brise. Épaulée par des capteurs d’attitude et 3 accéléromètres, elle analyse la surface de la chaussée en quelques millisecondes et transmet ses informations à un ordinateur qui agit sur chacune des roues. Ce pilotage actionne une électrovanne motorisée qui contrôle le passage de l’huile de la chambre inférieure vers la chambre supérieure de l’amortisseur (ou inversement selon si celui-ci doit se comprimer ou se détendre). Cela permet, en théorie, d’adapter la suspension en temps réel aux irrégularités de la chaussée pour un confort optimal. Dans la réalité et malgré les grandes jantes 20 pouces, le confort est très bon sur les trous et les ralentisseurs et il est excellent sur les grandes ondulations ou les routes bosselées. 

Sur ce type de routes, elle arrive à faire oublier son poids pachydermique (2,2 tonnes à vide !) et son gabarit en enchainant les virages avec une rigueur et un agrément très… Peugeot. Plus l’essai avance et plus on se dit que c’est à ça qu’aurait dû ressembler le comportement du nouveau Peugeot 3008. Mais bref. Les 245 chevaux (280 sur quelques secondes en overboost) et 343 Nm de couple ne sont jamais à la peine, la direction est précise et directe et la N°8 reste sur sa trajectoire, ne l’élargissant vraiment qu’à des vitesses peu raisonnables ! Et ça, même sans avoir à sélectionner le mode Sport qui raffermit les suspensions et donne une cartographie de pédale plus dynamique. Il n’y a d’ailleurs que 4 modes de conduite : Eco, Normal, Sport et Confort pour encore plus de moelleux. Nous serons nettement moins élogieux sur le freinage, spongieux et sans aucun ressenti. Idem concernant les grosses accélérations avec les roues braquées qui feront sentir des effets de couple dans la direction. Ce qui laisse imaginer que la version AWD doit être redoutable et allégera un peu les roues avant.

Essai DS N°8 : électrique et autoroute peuvent faire bon ménage ?

Mais grande berline qui se respecte, même électrique, l’autoroute devrait être terrain de jeu favori. Et c’est le cas. La voiture semble respirer avec un calme absolu sur les ondulations de la route. Un raccord de chaussée ? Quel raccord ? On ne le sent pas et on ne l’entend pas tellement les passages de roues sont insonorisés. Et la remarque vaut aussi pour les bruits d’air. L’intégralité des vitres sont feuilletées avec du double vitrage, y compris le toit. Selon le vent on peut entendre de légers bruits d’air qui viennent de celui-ci mais c’est rare et cela fait très longtemps que je n’avais pas eu une telle quiétude à bord d’une voiture (pas certain que la Mercedes Classe S Maybach fasse mieux sur ce point !). Et forcément avec un moteur électrique, on n’a aucune remontée mécanique qui pourrait perturber ce silence. Même les essuie-glace sont inaudibles en mouvement, c’est dire le soin global porté par DS. Même à 140 km/h et avec 5 personnes à bord le moteur électrique relance sans s’essouffler jusqu’à la vitesse maximale de 190 km/h.

Dans ces conditions, il ne reste plus qu’à apprécier l’équipement pléthorique, écouter sa playlist préférée, se faire masser et chauffer la nuque et se laisser conduire par les différentes aides à la conduite. Sur les DS 7 et DS 9 les régulateurs actifs avec maintien dans la voie étaient efficaces donc on les active sans arrière pensée mais on déchante assez vite : le système réclame que vous remettiez les mains sur le volant même lorsque vous avez déjà les deux dessus ! On a tout essayé : en mettant une légère pression dans la direction comme avant, en le caressant, en empoignant la jante… Rien n’y fait alors qu’il est censé être avec des capteurs intégrés, donc 3 doigts effleurés dessus devraient suffire, comme sur un Renault Rafale. Finalement on roulait donc sans le maintien et juste avec le régulateur qui est très bien éduqué puisqu’il ne double pas les ventouses de la voie centrale par la droite contrairement à beaucoup de concurrents. La DS N°8 propose également un dépassement semi-automatique qui dépasse dès l’impulsion sur le clignotant. Mais les conditions pour la mise en route et la nécessité d’avoir les mains sur le volant (donc pas toujours détectées) font qu’on laisse la fonction désactivée. Un dépassement par soi-même sera bien plus rapide et efficace. C’est dommage parce que la conduite semi-autonome « bras croisés » se démocratise sur l’Autoroute, notamment chez BMW, Mercedes et chez Ford.

A l’inverse la conduite de nuit rassurera tout le monde. En plus de l’ambiance soignée nous avons des phares Pixel LED matriciels (de série sur Etoile). La portée de la lumière est de 400m et passe même à 520m au-dessus de 80 km/h en ligne droite. La désactivation des LED est rapide (bien plus que sur le DS 7) et l’éclairage est puissant en toutes circonstances. Et avec le pack Tech Absolue à 1200€ il y a la Night Vision, une caméra infrarouge située dans le bouclier comme sur feue la Peugeot 508. La voiture peut ainsi repérer les piétons et les animaux jusqu’à 300 mètres vers l’avant. Le système affiche un message sur le combiné numérique et les obstacles en mouvement sont signalés d’abord en jaune puis en rouge afin d’alerter le conducteur. Cerise sur le gâteau, le pack ajoute aussi les rétroviseurs extérieurs électrochromes. En revanche ne cherchez pas d’accès Smartphone comme chez les autres Premium, il n’y en a pas.

A la fin de notre essai, la consommation moyenne était de 17,5 kWh aux 100 km, pas si éloigné de l’homologation à 15,9 kWh, surtout avec nos trajets autoroutiers.

L’invitation au voyage électrique ?

DS Automobile semble avoir rattrapé une partie du retard accumulé par Stellantis sur l’électrique. Notre N°8 annonce en effet une autonomie homologuée WLTP confortable (à l’image du reste) de 710 km ! Et cela peut même monter jusqu’à 750 km selon la version et les jantes choisies. C’est une belle performance et pour le coup elle semble atteignable en cas d’usage en ville et sur nationale. Et si vous ne faites que de la ville (pas certain avec une si grosse voiture…) l’autonomie homologuée est de 900 km ! Sur l’Autoroute ce sera forcement moins, surtout avec notre usage chargé et avec des températures fraiches. Malgré tout nous avons enchaîné à plusieurs reprises 450 km non-stop à 140 km/h avant de recharger à 85% en se fiant au planificateur qui est plutôt pessimiste. Et comme je reste un joueur prudent je ne suis jamais descendu sous les 20%, ce qui aurait pourtant permis de passer les 500 km d’autoroute.

Coté recharge, DS est encore entre deux eaux. Bien loin des chiffres annoncés par BMW, Mercedes, BYD, XPeng et bien d’autres. En effet la DS N°8 n’est qu’en architecture 400v et annonce 160 kW au maximum, tout juste au-dessus d’un Renault Scenic E-Tech avec 130… En revanche c’est assez impressionnant de voir le plateau que fait la charge ! Quasi à chaque recharge la N°8 se calait entre 120 et 130 kW sur toute la plage de 20% à 80%. Je n’avais jamais vu une telle courbe avant ! Donc oui, elle ne charge pas bien fort mais par contre elle tient la charge, qu’elle soit pré-conditionnée ou non, et elle pourra faire un 20% –> 80% en 30 minutes. Au delà des 80% la courbe retombe pour rester aux alentours des 70 kW.

Bon, forcement pour annoncer de telles autonomies la batterie NMC est énorme avec 97,2 kWh utiles ! On a rien sans rien… Et elle est Made In France, à Douvrin via la co-entreprise ACC créée avec SAFT et Mercedes. A titre d’information, DS Automobiles précise que le prix de la batterie est de 35.600€ ! Non, il n’y a pas un 0 de trop. Le moteur aussi est fabriqué en France, à Trémery. En bonne marque Française Premium et pour suivre la logique des batteries et moteur, c’est donc tout normal que cette DS N°8 soit fabriquée… En Italie, à Melfi.

Pour optimiser la partie électrique, la N°8 est équipée de série d’une pompe à chaleur et elle se met enfin à la page en proposant un reconditionnement de batterie (manuel ou automatique avec le GPS) et on peut piloter la charge via l’application MyDS. Contrairement à la Nissan Micra on peut choisir une heure de départ pour la charge, pratique pour gérer les heures creuses.

DS N°8 : d’autres étoiles brillent aussi…

La gamme de la DS N°8 est plutôt simple avec deux motorisations (traction ou 4 roues motrices), deux batteries (73,7 ou 97,2 kWh) et deux finitions (Pallas ou Etoile).

En entrée de gamme ce sera la finition Pallas déjà bien équipée avec le moteur de 230 chevaux en traction qui débute à 59.750€.

Et pour notre essai nous avions donc la traction mais en grosse batterie et en haut de gamme Etoile. Si cette version débute à 71.450€ avec un équipement très complet (calandre lumineuse, phares matriciels, aides à la conduite niveau 2, hayon motorisé, jantes 20 pouces, pédalier alu, rétroviseur numérique…) , notre exemplaire ajoutait le Cristal Pearl à 1300€ et le pack Tech Absolue (Night Vision et rétros extérieurs électrochrome) à 1200€. Elle avait également le pack Confort Absolu à 2500€ avec la très bonne hifi Focal, la climatisation 3 zones, l’alarme, le filtre habitacle hautes performances ainsi que les sièges électriques, massants, chauffants y compris pour la nuque et ventilés. Le chargeur embarqué 22 kW avec charge bi-directionnelle réclame encore 900€ de plus et le grand toit panoramique n’est pas loin avec 800€. Soit la modique somme de 78.150€.

Le delta pour basculer sur les 4 roues motrices avec 350 chevaux n’est pas déconnant avec 3700€.

Dans le camp Français on pense immédiatement à l’Alpine A390. Mais il est plus compact (-20cm en longueur) et il est nettement plus puissant avec 400 ch… En entrée de gamme ! L’autonomie maximale est de 557 km et il joue la carte sportive à l’opposé du confort de la DS. Il débute à 67.100€ mais n’aura jamais certains équipements disponibles chez DS Automobiles. La puissance de recharge est proche avec 150 kW.

Coté Premium Allemands, l’Audi Q6 Sportback e-tron est très proche en dimensions. La version 251 chevaux semble déjà abandonnée, donc l’entrée de gamme est maintenant avec 306 chevaux et en propulsion. Et une fois n’est pas coutume, la version de base Design à 73.300€ est déjà bien équipée avec la climatisation 3 zones, les jantes 19 pouces, la pompe à chaleur, le hayon motorisé, la clé numérique, la hifi 10 haut-parleurs, les sièges chauffants à l’avant et les éclairages d’ambiance. Mais pour avoir accès aux Matrix-LED il faut forcément choisir une S-Line à 76.900€ et les options restent nombreuses. Et cette version impose le châssis sport, laissant définitivement à la N°8 le confort. Dans tous les cas l’autonomie WLTP reste en deçà de la DS avec 671 km au mieux mais la puissance de recharge est meilleure avec 260 kW.

Aussi proche en dimensions et au moins aussi exotique que la DS, le Lexus RZ peut être une alternative. Un poil moins puissant avec 224 chevaux, il débute à 61.000€. Mais la batterie de 77 kWh n’autorise que 478 km WLTP et il n’y pas de Long Range, classant donc la Lexus comme concurrente de la version de « base » de la N°8. La puissance de charge est proche de la DS avec 150 kW et l’équipement de la version Selected Luxe, la seule disponible en 2 roues motrices, est correct. Les aides à la conduite sont là (et elles le font savoir vu les BIP incessants), les sièges avant électriques et chauffants, les jantes 18 pouces, le hayon motorisé, les éclairages d’ambiance, l’audio à 10 haut-parleurs ou encore les caméras 360°. Comme souvent chez les constructeurs Japonais, les options sont peu nombreuses puisqu’il n’y a que le pack Innovation Plus qui regroupe l’affichage tête haute, le rétroviseur numérique, la clé digitale, les commandes au volant tactile personnalisables, le combiné multifonctions et le toit panoramique avec cristaux liquides pour l’assombrir. On reparle très bientôt de cette Lexus sur le site !

Très proche en longueur mais un peu plus haut, le tout nouveau Mercedes GLC EQ est pas mal placé avec un prix de base de 64.900€. Pour ce prix, la version 250 Avantgarde line dispose de 354 chevaux en propulsion. La batterie de 85 kWh promet 646 km WLTP d’autonomie avec une belle puissance de charge à 320 kW. Le jeu des options pourra faire exploser la facture mais de série le GLC embarque les jantes 19 pouces, le toit panoramique, un frunk, les éclairages d’ambiance, les sièges avant électriques et chauffants, les doubles écran central/passager de 14 pouces ainsi qu’une simple caméra de recul.

Même topo que le GLC pour le concurrent Bavarois. En effet le tout nouveau BMW iX3 démarre à 64.950€ avec la version « 40 » de 320 chevaux et aussi en propulsion. 628 km d’autonomie sont annoncés via une batterie de 82,6 kWh et la puissance de charge est de 300 kW. Comme pour la Mercedes, de nombreuses options sont au catalogue mais en série on a déjà des jantes 20 pouces, l’écran Panoramic Vision qui est bluffant, la conduite semi-autonome, les sièges avant chauffants, la recharge par induction, l’alarme ou encore la pompe à chaleur. Comme pour la Lexus, on s’en reparle également très vite ! Et pour le coté SUV coupé de la N°8, on imagine qu’un iX4 est en préparation…

Prestigieux, le Porsche Macan électrique est plus puissant avec 360 chevaux minimum en propulsion et affiche un prix bien plus élevé : à partir de 83.100€. A ce prix, jantes 20 pouces, sièges avant électriques, hayon motorisé, caméra de recul, éclairages d’ambiance, son 10 HP/150W et pompe à chaleur. Les options sont très nombreuses (y compris le régulateur actif et le maintien dans la voie ainsi que les suspensions pilotées) et la personnalisation est quasi infinie. La batterie de 95 kWh permet 641 km WLTP et la puissance de charge est de 270 kW.

Coté Chine, le XPENG G6 pourrait être comparable en dimensions mais même en Long Range il n’annonce que 525 km WLTP. Le niveau de raffinement n’est pas comparable, le comportement routier non plus. Mais a 46.990€ on est un peu moins regardant…

Autre alternative très charismatique : la Polestar 4. La longueur est quasi identique mais un peu plus basse, elle propose un peu plus de chevaux que la DS (272 chevaux) et comme la plupart des concurrentes c’est une propulsion. 620 km d’autonomie sont annoncés via une batterie de 100 kWh qui accepte une recharge de 200 kW. Elle débute à 61.800€ avec un très bon équipement et seulement 2 packs sont possibles : Business et Prime. Le premier coûte 2.200€ et apporte la conduite semi-autonome, le volant chauffant, la colonne de direction à réglages électriques, les sièges avant réglables sur 12 positions et les vitres sur-teintées. Le deuxième coûte 5200€ et apporte la même chose mais avec en plus la hifi Harman Kardon, l’affichage tête haute, les éclairages d’ambiance, le hayon motorisé, les phares pixel LED, les écrans à l’arrière, la banquette inclinable et chauffante ou encore la climatisation 3 zones.

DS AUTOMOBILES N°8 FWD Long Range Etoile : alors, c’est un vrai haut de gamme ?

On ne savait pas vraiment à quoi s’attendre avec cette DS N°8. Entre les mauvaises langues qui disaient que, par principe, elle serait larguée et la concurrence qui est féroce on pensait que le match était plié d’avance. Mais c’est sous-estimer la capacité de DS Automobiles à proposer un modèle décalé mais attirant. 

Sa silhouette à la croisée des genres ne cède pas complètement au SUV (le N°7 est là pour ça), l’intérieur est plus proche du magazine de déco que d’un intérieur classique (et c’est tant mieux, on ne s’en lasse pas), son comportement routier est étonnamment dynamique et son confort est de haut vol : suspension, sièges, insonorisation… La voiture semble sereine en toutes circonstances et le calme règne à bord. N’oublions pas de citer l’équipement complet malgré quelques oublis « Premium » et l’habitabilité qui est correcte, même pour 5.

Jamais la signification de DS n’aura été aussi justifiée. En effet, au delà de l’hommage à la DS originelle ce sont aussi les initiales de Distinctive Series. Pour être distinctive, elle l’est. Et en plus elle est présidentielle… Et ça, c’est la grande classe.

Puisqu’on parle de voiture présidentielle, cette N°8 m’en rappelle une autre. Désolé pour les puristes, mais sous plusieurs aspect elle me rappelle… la Citroën C6. Style décalé, conduite plus dynamique et plus précise qu’attendue, confort de haut niveau : les similitudes sont là.

Il n’y a que technologiquement qu’on attendra la marque au tournant à l’avenir, car cette N°8 est déjà distancée sur quelques points. La puissance de charge à 160 kW est dans les valeurs basses du segment, l’écran fait le job mais sans plus, la connectivité est basique et les aides à la conduite pourraient être un poil plus avancées… Surtout à ce prix qui tutoie les références.

Mais ce confort et cette atmosphère font qu’on lui pardonne beaucoup !

Reste à savoir de quoi l’avenir sera fait pour DS Automobiles. Les annonces officielles récentes sont aussi précises que rassurantes… Dommage car cette N°8 est la DS la plus aboutie depuis le lancement de la marque en 2014.

Les +Les –
Confort et silence à bordQuelques équipement manquants
Comportement étonnamment dynamiquePuissance de recharge
Autonomie confortableTarif élevé malgré tout

Texte et photos : Romain
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